Un message solennel au palais des congrès
Brazzaville a célébré, le 28 novembre, les 67 ans de la République avec un message solennel du président Denis Sassou Nguesso devant le Parlement réuni en congrès, au palais des congrès empli de symboles et de souvenirs.
Devant députés et sénateurs, le chef de l’État a dressé le bilan 2025 des politiques publiques, saluant la croissance, l’avancement des infrastructures et la poursuite des programmes sociaux, tout en invitant la nation à méditer l’itinéraire parfois heurté conduisant à la stabilité.
La République, proclamée le 28 novembre 1958, a franchi des caps décisifs malgré crises et tensions qui ont jalonné son parcours, a rappelé Denis Sassou Nguesso, insistant sur la résilience collective comme principe fondateur pour les générations montantes.
De la proclamation à la construction nationale
À peine un an après la naissance institutionnelle, Brazzaville vivait déjà des affrontements nés d’un contentieux électoral, preuve que le jeune État devait rapidement apprendre à arbitrer ses divergences par la voie républicaine.
Les Trois glorieuses de 1960, la création du Mouvement national de la révolution en 1964 puis l’avènement du Conseil national de la révolution en 1968 ont successivement redessiné le paysage politique, souvent dans l’urgence et sous la pression de la rue.
Le putsch avorté du 22 février 1972, la reprise de la radiodiffusion nationale en 1970 puis les tragédies de mars 1977 ont, selon le président, constitué des pics de tension rappelant la fragilité de la paix lorsqu’elle n’est pas consolidée par un consensus national.
Les années d’instabilité revues par le Chef de l’État
La parenthèse démocratique ouverte au début des années 1990 ne fut pas exempte d’écueils ; la conférence nationale, pourtant conçue comme forum de réconciliation, a frôlé l’affrontement, tandis que les crises de 1993 puis 1997-1999 ont ravivé des traumatismes encore perceptibles.
« Les pages les plus tragiques de notre histoire récente sont écrites avec l’encre rouge du sang », a reconnu le chef de l’État, précisant qu’aucun développement durable n’est possible sur un socle d’animosité entretenue.
Face aux parlementaires, il a invité chaque Congolaise et chaque Congolais à « se dépasser », évoquant la culture, les convictions et les comportements comme leviers d’une éthique commune, socle indispensable de la cohésion nationale.
Paix et réconciliation: un fil conducteur présidentiel
Depuis son retour aux responsabilités, Denis Sassou Nguesso dit avoir fait de la « paix des cœurs et la tranquillité des esprits » l’ADN de son action, arguant que le peuple congolais dispose d’atouts culturels qui le prédisposent au dialogue.
Il a dressé le lien direct entre sécurité retrouvée et résultats économiques, citant la reprise de la production pétrolière, la relance du corridor Pointe-Noire–Brazzaville et l’arrivée de nouveaux investisseurs dans les télécommunications, autant de signaux perçus comme fruits d’un climat apaisé.
Le président a également rappelé l’importance des nuits de dialogue organisées périodiquement avec forces vives, partis et confessions religieuses, occasions selon lui de « purger les incompréhensions avant qu’elles ne s’enveniment » et de consolider le modèle d’inclusion politique congolais.
Des programmes de développement ancrés dans la stabilité
Les différents projets de société cités, de « La Nouvelle Espérance » à « Ensemble poursuivons la marche », reposent sur un triptyque reconstruction-transformation-modernisation, a-t-il martelé, soulignant que chaque chantier est pensé pour stimuler l’emploi tout en renforçant l’unité nationale.
Sur le volet social, il a mis en avant l’extension de la couverture maladie universelle, la dotation accrue des écoles en matériel numérique et le financement de micro-projets agricoles destinés à l’autonomisation des femmes rurales, actions qualifiées d’« investissement dans la paix ».
La stratégie budgétaire 2025, validée par les deux chambres, privilégie la consolidation de la dette et la maîtrise des dépenses courantes, tout en protégeant les allocations consacrées aux secteurs jugés prioritaires que sont santé, éducation et infrastructures de transport.
Les défis actuels et l’appel à la jeunesse
Conscient des attentes d’une population dont plus de la moitié a moins de trente ans, Denis Sassou Nguesso a exhorté la jeunesse à s’approprier les valeurs républicaines pour devenir actrice de la transformation numérique, de la transition énergétique et de l’économie créative.
Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à maintenir un climat macro-économique sain pour attirer investisseurs et diaspora, tout en promettant de renforcer la formation technique afin que les emplois générés demeurent majoritairement locaux.
Clôturant son allocution, le Président a appelé chacun à célébrer l’anniversaire non comme un rituel passéiste mais comme un signal d’espérance, répétant que « l’unité et l’avenir ne se bâtissent jamais sur les déchirements », et invitant tous les Congolais à préserver la paix conquise.
Diplomatie régionale et vigilance citoyenne
Sur le plan diplomatique, le chef de l’État a souligné les efforts du Congo au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale pour promouvoir la médiation régionale, citant les récents pourparlers facilitant la libre circulation des marchandises et la coordination sécuritaire transfrontalière.
Il a enfin rappelé que la résilience célébrée lors de ce 67e anniversaire n’est pas un acquis intangible, encourageant les collectivités locales, les médias et la société civile à participer à la vigilance citoyenne qui garantit la paix, condition première de tout projet de développement.
