CAN 2025: deux demi-finales très attendues
Sénégal-Égypte et Maroc-Nigeria: les affiches des demi-finales de la 35e Coupe d’Afrique des nations (CAN) sont connues. Les deux rencontres sont prévues pour le 14 janvier et doivent désigner les finalistes appelés à succéder à la Côte d’Ivoire, sortie dès les quarts de finale.
Le dernier carré réunit des sélections qui se connaissent bien, avec des repères, des souvenirs et des statistiques déjà lourdes. Dans ce contexte, l’enjeu dépasse la simple qualification: il s’agit aussi de confirmer une dynamique, ou de réécrire une histoire récente devenue référence sur le continent.
Sénégal-Égypte: retrouvailles, revanche ou confirmation
Sénégal-Égypte rappelle immédiatement la finale de la CAN 2021, disputée en 2022 au Cameroun. Cette rencontre, fermée dans le jeu, s’était conclue par un 0-0, avant une séance de tirs au but remportée 4-2 par les Lions de la Teranga, pour un premier sacre historique.
Dans la continuité de cet épisode, l’Égypte avait ensuite empêché le Sénégal de disputer la phase finale de la Coupe du monde 2022, en gagnant les deux manches sur le même score de 1-0. D’où une lecture possible de cette demi-finale: l’idée d’une revanche, ou d’une confirmation selon le camp.
Les confrontations entre les deux nations à la CAN renvoient à un équilibre souvent fragile. Leur premier duel en phase finale remonte à 1986, avec un succès sénégalais 1-0. En 2000, les Pharaons s’étaient imposés sur ce même score, avant un nouveau 1-0 sénégalais en 2002.
En 2006, l’Égypte avait pris le dessus 2-1. À l’échelle de toutes les compétitions, les chiffres placent les Pharaons légèrement devant, avec huit victoires contre quatre pour le Sénégal. Un avantage statistique qui n’efface pas la charge émotionnelle des rendez-vous récents.
Sur la période récente, l’Égypte a atteint la finale lors des CAN 2017 et 2021. Après une élimination en quart de finale à Abidjan en 2023, l’équipe vise un retour au sommet continental, fidèle à ses habitudes d’efficacité dans les matches à fort enjeu.
De son côté, le Sénégal, sacré pour la première fois à la 33e édition, veut continuer à s’installer durablement dans la zone des grands rendez-vous. L’objectif affiché est de se donner les moyens de jouer une troisième finale en quatre éditions, après 2019 et 2022.
Maroc-Nigeria: duel entre meilleure défense et attaque
L’autre billet pour la finale se jouera sur un Maroc-Nigeria annoncé comme un choc de styles. Le Maroc se présente avec la meilleure défense du tournoi, avec un but encaissé, contre deux pour le Nigeria. En face, les Super Eagles affichent la meilleure attaque avec 14 buts, contre 9 aux Lions de l’Atlas.
Ce duel a déjà une histoire en demi-finale: en 1980, le Nigeria s’était imposé 1-0. Les deux sélections se sont également croisées à d’autres moments de la CAN, avec des résultats qui montrent des dynamiques changeantes selon les générations et les contextes de compétition.
En 2000, lors de la phase de groupes où figurait aussi le Congo, le Nigeria avait dominé le Maroc 2-0. Mais en 2004, année de la dernière finale marocaine, les Lions de l’Atlas l’avaient emporté 2-1. L’ensemble des confrontations, toutes compétitions confondues, penche légèrement en faveur du Maroc.
Les statistiques globales attribuent cinq victoires au Maroc contre trois au Nigeria. Mais ce type de match se joue souvent sur des détails et des temps forts. L’affiche est aussi un duel d’armes offensives, avec des buteurs et passeurs qui peuvent faire basculer une demi-finale sur une seule action.
Le Maroc s’appuie notamment sur Brahim Diaz, meilleur buteur annoncé avec cinq buts en cinq matches, et sur Ayoub El Kaabi, crédité de trois réalisations. Le Nigeria répond avec Victor Oshimen, auteur de quatre buts et deux passes décisives, et Ademola Lookman, avec trois buts et quatre passes décisives.
Au-delà des individualités, le Nigeria arrive avec l’expérience des matches couperets et la confiance d’une équipe qui connaît la route des demi-finales. Les Super Eagles ont disputé la finale de la dernière édition, un repère récent qui pèse dans la gestion des moments clés et de la pression.
Le Maroc, lui, n’a plus retrouvé la finale depuis plus de vingt ans, sa dernière remontant à 2004. Cette donnée nourrit l’idée d’un défi mental autant que tactique: mettre fin à une longue attente en s’appuyant sur une solidité défensive déjà confirmée dans le tournoi.
Clés du 14 janvier: le réalisme plus que l’engagement
Dans les deux demi-finales, un constat s’impose: l’engagement, à ce niveau, ne suffit pas. Les affiches opposent des équipes aguerries, habituées aux grands rendez-vous et capables de fermer le jeu ou d’accélérer selon les moments. La gestion des temps faibles sera déterminante.
La qualification devrait se jouer sur le réalisme: convertir une occasion, être efficace sur phase arrêtée, et limiter les erreurs. Dans un dernier carré où la marge est mince, l’équipe la plus précise dans la surface, et la plus lucide dans les moments chauds, a de fortes chances de passer.
