Prix du gaz butane au Congo : l’État recadre
Les prix du gaz domestique restent inchangés, selon les autorités. Après une hausse jugée « unilatérale » attribuée à la société FAAKI Congo au début du mois, les distributeurs de gaz butane ont été convoqués le 13 janvier à Brazzaville.
Cette rencontre visait à rappeler le respect strict de la réglementation en vigueur. Dans un contexte de forte sensibilité du pouvoir d’achat, l’administration entend éviter les variations non encadrées et maintenir la lisibilité des tarifs pour les ménages.
Réunion à Brazzaville : distributeurs mobilisés
La réunion a été présidée par le directeur général de l’aval pétrolier, Richard Ngola. Autour de la table, les sociétés de distribution et de commercialisation ont été associées à une démarche présentée comme un retour à l’ordre sur le marché.
Selon les échanges rapportés, l’objectif affiché est double : protéger le consommateur et stabiliser les conditions de vente. Les autorités cherchent aussi à harmoniser les pratiques afin que chaque opérateur applique les mêmes règles, sans initiative isolée.
Hausse jugée unilatérale : inquiétudes des consommateurs
La hausse récente du prix du gaz butane a provoqué de l’inquiétude dans la population. Plusieurs consommateurs ont dénoncé un manque de communication préalable et se sont interrogés sur les motifs d’une augmentation sur un produit essentiel à la cuisine domestique.
Dans les discussions, cette inquiétude est décrite comme un signal à prendre au sérieux. Les autorités insistent sur la nécessité d’une information claire et d’une application uniforme des textes, afin de prévenir les tensions sur un marché très suivi au quotidien.
Réglementation et contrats : FAAKI Congo pointée du doigt
Richard Ngola a estimé que la note de service attribuée à FAAKI Congo s’apparente à une « violation flagrante » des textes réglementaires en vigueur. Les autorités ont, dans le même temps, relevé des non-conformités liées au contrat entre FAAKI Congo et la société Wing Wah.
Cette situation a conduit le ministre des Hydrocarbures à mettre en place une équipe d’experts. Sa mission consiste à travailler à l’harmonisation des contrats entre les entreprises du secteur, afin de réduire les zones d’interprétation et de renforcer la conformité.
Recommandations : annulation de la hausse et concertation
À l’issue de la réunion, plusieurs recommandations ont été formulées. FAAKI Congo est notamment sommée de publier rapidement une note annulant celle portant augmentation des prix, afin de revenir au cadre fixé par la réglementation.
Une concertation interministérielle devra ensuite se prononcer sur la réouverture des points de vente de la société, fermés à titre conservatoire. Les autorités prévoient également une notification officielle constatant la violation de la réglementation.
Des discussions doivent être engagées avec l’ensemble des distributeurs pour mettre en place un nouveau mécanisme d’approvisionnement, notamment avec Wing Wah. Les échanges visent à réduire les frictions dans la chaîne logistique et à sécuriser les volumes mis sur le marché.
Approvisionnement en gaz butane : sources nationales et importations
Les autorités entendent aussi renforcer les principales sources d’approvisionnement du marché national. Le pays s’alimente actuellement auprès du terminal Nkossa II exploité par Trident Energy Congo, du site de Banda Kayo opéré par Wing Wah, de la Congolaise de raffinage, ainsi que par des importations.
Cette diversité de sources est présentée comme un levier de continuité. Les services techniques veulent limiter les ruptures et améliorer la régularité des disponibilités, afin que les prix encadrés soient réellement observés dans les points de vente.
Prix encadrés : 200 FCFA/kg et 512 FCFA au détail
Richard Ngola a rappelé que les prix du gaz butane sont strictement fixés par arrêté ministériel. Le prix est établi à 200 FCFA le kilogramme au niveau de la distribution, et à 512 FCFA pour le consommateur final.
Pour les autorités, ce rappel doit servir de repère à tous les opérateurs. L’enjeu est d’éviter les écarts entre le tarif officiel et les prix pratiqués, notamment dans les périodes de tension d’approvisionnement ou de forte demande.
Contrôles et discipline : synergie Hydrocarbures-Finances-Commerce
Le directeur général de l’aval pétrolier a indiqué que les services des ministères des Hydrocarbures, des Finances et du Commerce travailleront en synergie. Cette coordination doit aider à rétablir la discipline sur le marché, en s’appuyant sur des contrôles plus cohérents.
Richard Ngola a aussi évoqué la possibilité de sanctions contre des revendeurs qualifiés de « véreux », avec l’appui de la force publique. « L’objectif est de rétablir rapidement l’ordre, de protéger le pouvoir d’achat des ménages et de garantir un approvisionnement régulier et réglementé du gaz butane sur l’ensemble du territoire national », a-t-il conclu.
