Talangaï : une remise de documents à la mairie
L’opération de délivrance de documents d’état civil et d’identité a débuté le 15 janvier à la mairie de Talangaï, sixième arrondissement de Brazzaville. Elle concerne des ménages vivant dans des zones reconnues pour leur vulnérabilité.
Portée par le ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et de l’Action humanitaire, l’initiative est menée avec l’appui de la Banque mondiale. L’objectif annoncé est de faciliter l’accès, pour les habitants concernés, aux programmes d’assistance de l’État.
Actes de naissance, CNI, NIU : les chiffres clés
Au total, 6 338 pièces administratives sont prévues dans cette phase pilote. La répartition communiquée fait état de 2 381 actes de naissance, 1 743 cartes nationales d’identité (CNI) et 2 214 numéros d’identification unique (NIU).
Pour les équipes mobilisées, ces documents sont présentés comme un levier concret d’inclusion administrative. Ils permettent aux bénéficiaires de disposer de références officielles indispensables dans de nombreuses démarches du quotidien.
Quartiers ciblés à Brazzaville : zones précaires et inondations
Les bénéficiaires proviennent de plusieurs quartiers de Talangaï souvent exposés aux inondations et à la précarité. Les zones citées sont Ngamakosso, Kanga-Mbanzi, Simba-Pelle, Texaco La Tsiémé, Lipouta et Devala.
Dans ces quartiers, l’accès aux services et aux démarches administratives reste parfois difficile pour certains ménages. L’opération est présentée comme une réponse pratique, en rapprochant la délivrance de documents des populations concernées.
Accès à l’assistance : l’enjeu de l’enregistrement officiel
Selon Mermans Babounga, spécialiste en communication du Projet de protection sociale et d’inclusion productive des jeunes (Psipj), le ministère en charge des Affaires sociales souhaite la réussite de cette étape pilote. Il insiste sur le lien direct entre identité administrative et accès aux dispositifs publics.
« L’opération que nous menons à Talangaï consiste à distribuer des pièces d’identité aux ménages vivant dans des quartiers précaires. Une fois munis de ces documents, ces ménages pourront s’enregistrer plus facilement dans les projets et programmes d’assistance mis en œuvre par le gouvernement », a expliqué Mermans Babounga.
Logistique prise en charge et obstacles levés
Le responsable rappelle que l’absence de documents d’état civil constitue un frein majeur à l’accès à l’aide sociale. Sans preuve d’identité ou d’enregistrement, les ménages ont davantage de difficultés à être intégrés dans les dispositifs d’accompagnement.
« Le gouvernement ne peut pas assister un ménage qui ne peut pas s’enregistrer. Toute la logistique liée à la production des cartes nationales d’identité, des NIU et des actes de naissance a été entièrement prise en charge par le projet », a-t-il précisé, évoquant les moyens techniques, humains et financiers mobilisés.
Registre social unique : un outil renforcé pour l’aide sociale
Au-delà de la remise des pièces, l’opération doit aussi permettre d’actualiser le Registre social unique (RSU), une base de données nationale recensant les ménages vulnérables. L’outil vise à améliorer l’identification des personnes à assister, notamment en situation d’urgence.
Mermans Babounga souligne que le RSU peut faciliter une intervention plus rapide des services d’assistance auprès des ménages affectés, par exemple en cas de catastrophes naturelles. L’actualisation des informations est présentée comme un gain d’efficacité opérationnelle.
Vers une extension nationale si la phase pilote est concluante
Si les résultats de cette phase pilote sont jugés concluants, le gouvernement envisage d’étendre l’opération à d’autres localités du pays. L’idée est de capitaliser sur l’expérience de Talangaï pour toucher davantage de ménages concernés par les mêmes difficultés d’accès aux documents.
Les autorités et les partenaires entendent ainsi tester, ajuster et consolider le dispositif. À terme, l’enjeu est de rendre l’enregistrement administratif plus accessible et plus régulier, afin de soutenir les mécanismes d’inclusion sociale.
Paroles de bénéficiaire : un NIU pour ouvrir des portes
Pour les bénéficiaires, la remise des documents est vécue comme une étape importante vers une meilleure inclusion sociale et administrative. Dans les échanges sur place, plusieurs ménages mettent en avant des démarches jusque-là difficiles à engager faute de pièces officielles.
Habitante du quartier Kanga-Mbanzi, Prudence Ndzossi se réjouit de recevoir son NIU. « Avec ce document, je pourrai non seulement bénéficier de l’assistance sociale, mais aussi ouvrir un compte bancaire et accéder à d’autres opportunités », confie-t-elle.
À Talangaï, l’opération illustre une approche centrée sur des solutions concrètes, au plus près des quartiers. En réunissant identité administrative, enregistrement et outils numériques comme le RSU, le dispositif vise à simplifier l’accès aux appuis publics pour les ménages ciblés.
