Une passation sous le signe de la continuité
Le ministère de l’Enseignement technique et professionnel du Congo-Brazzaville a un nouveau visage. Le 28 avril à Brazzaville, Gustave Fulgence René Adicolle Goum a officiellement reçu les clés du département lors d’une cérémonie de passation de service avec son prédécesseur.
Ce passage de témoin n’a rien d’une rupture. Ancien directeur général au sein de la même administration, le nouveau ministre connaît la maison de l’intérieur. Une familiarité avec les dossiers qu’il a tenu à mettre en avant dès ses premiers mots devant les cadres réunis pour l’occasion.
«L’action publique est une œuvre de continuité et se construit dans le temps» au service de la nation, a-t-il déclaré, posant d’emblée le cadre de son mandat. Une formule mesurée, loin des promesses tonitruantes, qui en dit long sur sa méthode.
Loyauté, rigueur et disponibilité comme feuille de route
Devant l’assistance, Adicolle Goum a résumé son engagement en trois mots : loyauté, rigueur et disponibilité. Trois principes qu’il dit vouloir mettre au service des résultats attendus par les autorités et, surtout, par la jeunesse congolaise.
Car c’est bien là que se situe le cœur de sa mission. Le ministre veut faire de l’enseignement technique un levier d’insertion socio-professionnelle, mais aussi un outil de compétitivité et d’équité sociale. Une ambition qui dépasse largement les murs des salles de classe.
Comment y parvenir ? Le chantier est vaste. Il passe par l’élargissement de la carte scolaire, condition d’un accès plus large à la formation pour les jeunes des départements comme des grandes villes. L’objectif affiché : ne laisser aucun territoire à l’écart.
Moderniser les contenus et les infrastructures
L’amélioration de la qualité de l’enseignement figure en bonne place dans les priorités. Elle s’accompagne d’une modernisation du curriculum, autrement dit des programmes, pour mieux coller aux besoins réels du marché de l’emploi congolais et aux mutations en cours.
Les infrastructures de formation ne sont pas oubliées. Le nouveau ministre entend les renforcer, conscient qu’un atelier vétuste ou un équipement obsolète pèsent directement sur la valeur d’un diplôme technique. La crédibilité des filières se joue aussi sur ce terrain concret.
La formation continue des formateurs complète le tableau. Difficile, en effet, de moderniser un enseignement sans actualiser le savoir de ceux qui le transmettent. Le ministre mise enfin sur des partenariats avec le secteur privé, gage d’un ancrage dans le monde professionnel.
Un passage de relais bienveillant
Le ministre sortant, Ghislain Thierry Maguessa Ebomé, appelé à d’autres fonctions, n’a pas quitté les lieux sans un mot pour son successeur. Il lui a promis son accompagnement, signe d’une transition que les deux hommes ont voulue apaisée et coopérative.
Au-delà des formules d’usage, le partant a tenu à pointer du doigt plusieurs dossiers qui lui tiennent à cœur. Il a notamment plaidé pour qu’une attention soutenue soit portée aux écoles de formation spécialisées qui maillent le territoire national.
Parmi elles, il a cité l’École congolaise d’optique et l’École professionnelle des ambulanciers du Congo, deux établissements aux débouchés bien identifiés. Des structures dont l’avenir dépend en partie de l’engagement du nouveau locataire du ministère.
D’autres chantiers attendent également des suites. Maguessa Ebomé a évoqué les travaux de l’école paramédicale d’Owando, du centre de formation des métiers du bois à Enyélé et du lycée technique de Pokola. Autant de projets répartis à travers le pays.
Un profil d’ingénieur au parcours dense
Qui est l’homme appelé à porter ces ambitions ? Né le 19 septembre 1970 à Brazzaville, Gustave Fulgence René Adicolle Goum est ingénieur de formation. Un profil technique pour un ministère technique, une cohérence que le pouvoir a manifestement voulu privilégier.
Son parcours académique témoigne d’une trajectoire continue. Il est titulaire d’un master en production végétale obtenu en 2014 à l’Université Marien-Ngouabi, l’établissement de référence du pays. Une formation scientifique qui irrigue sa vision du secteur.
Plus récemment, en 2024, il a décroché un certificat de planificateur de l’enseignement professionnel délivré par l’Unesco et l’Institut international de planification de l’éducation, à Dakar. Une compétence pointue, directement utile à ses nouvelles fonctions.
Sur le plan administratif, il avait notamment occupé le poste de directeur général de l’administration et des ressources humaines du ministère. Une expérience de terrain qui explique sa connaissance des rouages et qui sera scrutée dès les prochaines décisions.
