À Pointe-Noire, l’Institut français du Congo (IFC) veut se rapprocher de ses publics plutôt que de les attendre. Son nouveau directeur délégué, Christophe Di Pompéo, l’a affirmé le 1er octobre devant la presse locale, réunie autour d’un déjeuner pour découvrir les priorités de l’établissement.
Le constat de départ est très concret. Se rendre jusqu’à l’institut reste un obstacle pour une partie du public. Plutôt que de compter sur la seule programmation sur place, la direction mise donc sur les quartiers, où l’IFC dispose déjà d’un réseau de points lecture qu’elle entend consolider.
Le transport, premier frein à la fréquentation de l’IFC
Christophe Di Pompéo n’a pas contourné la difficulté. « Les transports sont un obstacle à la venue ici à l’IFC, l’objectif c’est que nous partions vers eux », a-t-il déclaré face aux journalistes (ADIAC).
La phrase résume un changement de logique. L’institut ne se contente plus d’ouvrir ses portes et d’attendre les visiteurs. Il assume d’aller chercher les enfants, les parents et les étudiants là où ils vivent, en partant du principe que les déplacements tiennent une partie du public à l’écart.
Le directeur délégué l’a formulé à sa manière : l’institut « a besoin d’une ouverture sur le monde et sur les populations pour que les enfants et les parents viennent à l’IFC travailler avec nous et profiter des spectacles ». Le site principal reste la destination, les quartiers servant de premier relais.
Points lecture : onze quartiers de Pointe-Noire déjà couverts
Le dispositif ne part pas de zéro. « Nous avons déjà des points lectures dans onze quartiers de Pointe-Noire mais nous voulons les renforcer », a précisé Christophe Di Pompéo. Ces relais de proximité constituent la base sur laquelle la nouvelle direction compte bâtir son action.
La liste des quartiers concernés n’est pas détaillée dans le compte rendu de la rencontre, pas plus que la nature exacte du renforcement envisagé. Pour les familles intéressées, le plus simple reste de se rapprocher de l’institut pour connaître le point lecture le plus proche.
Ce maillage répond directement au problème des déplacements. Un enfant qui peut accéder à la lecture près de chez lui n’a pas besoin de traverser la ville. C’est cette logique que l’IFC veut désormais étendre à d’autres pans de sa programmation.
Jam sessions et cinéma : les activités hors les murs
Au-delà de la lecture, Christophe Di Pompéo envisage de faire sortir d’autres activités de l’IFC vers les quartiers. Il cite les jam sessions, les projections cinématographiques et d’autres formats, sans en dresser à ce stade la liste complète.
Cette démarche de proximité vise les étudiants et les familles, à travers des projets hors les murs élargis. L’idée est de multiplier les rencontres et de tisser des liens plus étroits avec les quartiers, au nom d’une conviction affichée : la culture doit aller à la rencontre de tous.
Aucun calendrier ni lieu précis n’a été communiqué pour ces sorties, selon le compte rendu de la presse locale. Les habitants devront donc suivre les annonces de l’institut pour savoir quelles activités arriveront près de chez eux, et à quel rythme.
Artistes, jeunes et publics : renforcer les passerelles
L’ouverture sur les quartiers s’accompagne d’une volonté de renforcer les passerelles entre les artistes locaux, la jeunesse ponténégrine et les publics. Le directeur délégué veut faire de l’établissement « un lieu largement ouvert sur la ville ».
Dans sa vision, l’IFC doit devenir « un espace de culture, de création, mais aussi de rencontres, de débats de formation et d’échanges, au service des artistes, de la jeunesse et de l’ensemble des acteurs culturels de Pointe-Noire ».
Le nouveau projet d’établissement, qu’il est chargé de piloter, prévoit de moderniser les services et d’élargir l’offre culturelle et pédagogique. Il doit aussi tourner l’institut vers les aspirations de la jeunesse, mais également des acteurs économiques et éducatifs de la ville.
L’IFC entend en outre devenir un laboratoire d’idées, ouvert aux nouvelles pratiques numériques, aux résidences de création et à l’entrepreneuriat culturel. L’objectif affiché est d’offrir aux jeunes les outils et les espaces nécessaires pour exprimer leurs potentialités.
Les médias locaux, relais vers les quartiers
Pour toucher les habitants, la direction compte sur la presse. « Vous êtes la porte d’entrée vers le monde. Les médias pour nous c’est un vecteur très important pour toucher les gens des quartiers », a lancé Christophe Di Pompéo aux journalistes présents.
Le choix d’un déjeuner de presse, organisé un mois après sa prise de fonction officielle le 1er septembre, va dans ce sens. Un cadre de collaboration entre l’IFC et les médias de Pointe-Noire doit être mis en place prochainement, sans date annoncée à ce stade.
Ce que la démarche peut changer pour les habitants
Pour les familles ponténégrines, l’enjeu est simple : accéder à une partie de l’offre de l’institut sans avoir à se déplacer jusqu’à lui. Les points lecture existants en donnent déjà un aperçu, et les activités hors les murs pourraient prolonger cette logique.
Reste à mesurer la portée réelle de cette stratégie. Le renforcement des points lecture, le choix des quartiers et la fréquence des sorties culturelles diront si l’IFC réussit à lever, même partiellement, le frein du transport qui tient aujourd’hui une partie du public à distance.
