Onze étudiants congolais poursuivront leurs études en Turquie en 2026-2027 grâce au programme « Türkiye Burslari ». Voyage, scolarité, logement, santé, cours de langue : voici ce que finance cette bourse, et comment ses lauréats ont été retenus.
Onze boursiers reçus à Brazzaville
Le 5 octobre, à Brazzaville, l’ambassade de Turquie au Congo a réuni les bénéficiaires de la bourse « Türkiye Burslari » pour une réunion d’orientation. Les étudiants y ont reçu leurs documents de voyage et d’inscription, en vue de leur départ pour des universités turques.
Ils sont onze, sélectionnés au titre de l’année académique 2026-2027. La rencontre s’est tenue en présence de la ministre de l’Enseignement supérieur, Delphine Edith Emmanuel, et de l’ambassadeur de Turquie en République du Congo, Hilmi Ege Türemen, qui a présenté le dispositif.
Pour ces jeunes et leurs familles, la cérémonie clôt un processus engagé en début d’année. Pour les lycéens et étudiants qui envisagent un cursus à l’étranger, elle permet surtout de mieux cerner ce que recouvre concrètement ce programme.
Bourse Türkiye Burslari : ce qui est pris en charge
Selon l’ambassadeur, la bourse finance l’essentiel d’un séjour d’études. Elle couvre d’abord le billet d’avion aller-retour, ainsi que l’accompagnement des étudiants dans leurs démarches d’inscription auprès des établissements d’enseignement supérieur.
Une fois sur place, les frais de scolarité et l’hébergement sont pris en charge. Le programme comprend aussi des allocations mensuelles, une assurance maladie et les frais liés à l’apprentissage de la langue turque.
Les lauréats ont ainsi été retenus pour bénéficier « des études complètes », souligne l’Agence d’information d’Afrique centrale (Adiac).
Les comptes rendus de la cérémonie ne précisent pas, en revanche, le montant des allocations mensuelles, ni les universités ou les filières auxquelles les onze étudiants sont destinés.
Comment les lauréats ont été sélectionnés
La sélection de cette promotion découle d’une campagne lancée en janvier dernier, rapporte l’Adiac. L’ambassadeur a félicité les étudiants qui ont rempli les conditions d’admission fixées pour l’année 2026-2027.
La ministre a, pour sa part, insisté sur l’exigence de l’exercice. « Vous avez été sélectionnés à l’issue d’un processus rigoureux », a-t-elle rappelé aux lauréats, selon l’Agence congolaise d’information (ACI).
Le détail des critères et des étapes de la sélection n’a toutefois pas été exposé lors de la rencontre. Les futurs candidats ont donc intérêt à suivre les annonces de l’ambassade de Turquie, organisatrice de la cérémonie.
Un détail ressort de la liste : quelques élèves de l’école internationale turco-congolaise Maarif figurent parmi les bénéficiaires, ce dont l’ambassadeur s’est réjoui. Leur nombre exact n’a pas été communiqué.
Onze boursiers cette année, vingt-six l’an dernier
L’effectif de cette promotion tranche avec celui de l’année précédente. L’Adiac rappelle que vingt-six étudiants congolais avaient été sélectionnés l’an dernier. La promotion 2026-2027 est donc nettement plus réduite.
Le média précise que le nombre de boursiers varie chaque année en fonction des demandeurs. Aucune explication plus détaillée de l’écart constaté cette année n’a été avancée lors de la cérémonie.
Ce repli contraste avec les propos de l’ambassadeur. Il s’est dit « très heureux » qu’un nombre croissant de jeunes Congolais choisissent chaque année la Turquie pour leurs études universitaires.
Les deux constats ne portent pas forcément sur la même réalité : l’attrait des jeunes pour la Turquie et le nombre de bourses finalement attribuées restent deux mesures distinctes.
Le programme, lui, s’inscrit dans la durée. Selon le diplomate, le gouvernement turc octroie chaque année des bourses aux jeunes Congolais désireux d’étudier en Turquie depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.
Coopération universitaire : un lien proposé avec le Yök
Au-delà des bourses, l’ambassadeur a souhaité que le Conseil de l’enseignement supérieur de son pays, le Yök, établisse un lien avec le ministère congolais de l’Enseignement supérieur.
Il a invité la ministre à effectuer une visite officielle en Turquie pour discuter des modalités de la coopération avec son homologue. Aucune date n’a été évoquée pour ce déplacement.
Delphine Edith Emmanuel a, de son côté, qualifié de « dynamique et orientée » la coopération entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement supérieur.
Les conseils donnés aux étudiants avant le départ
« Chers étudiants, je vous encourage à donner le meilleur de vous-mêmes et à vous intégrer dans la communauté turque », a lancé Hilmi Ege Türemen. Il s’est dit confiant que leurs compétences, une fois les études terminées, seront « d’une grande utilité » pour le Congo.
La ministre a tenu un discours voisin, en reliant ce départ à l’avenir du pays. « Saisissez cette opportunité pour pouvoir vous former. Nous vous envoyons à l’étranger pour étudier et participer au développement économique du pays », a-t-elle déclaré.
Le témoignage le plus concret est venu de Trésor Mamsit Mampouya-Sita, ancien boursier du programme, aujourd’hui membre du personnel de l’ambassade de Turquie au Congo. Il a exhorté les nouveaux venus au travail, au respect des règles du pays d’accueil et à l’apprentissage du turc.
Son parcours illustre l’un des débouchés possibles de ce dispositif. Pour les onze lauréats, la suite se jouera désormais dans les universités turques, avec un objectif affiché des deux côtés : mettre ensuite leurs compétences au service du Congo.
