Close Menu
    Articles les plus lus

    Mondial U-15 : le drapeau confié aux cadets avant Bakou

    19/10/2026

    Boundji : la vasière de Lahana enfin en chantier

    19/10/2026

    Médecine traditionnelle : ne pas la laisser mourir

    19/10/2026
    En direct depuis Brazzaville :
    • Mondial U-15 : le drapeau confié aux cadets avant Bakou
    • Boundji : la vasière de Lahana enfin en chantier
    • Médecine traditionnelle : ne pas la laisser mourir
    • Santé : CAP actées, arriérés de salaires en suspens
    • UDH-Yuki : Brazzaville exige un congrès avant 2027
    • Assainissement : ce que le C2D laisse aux quartiers
    • Université Marien-Ngouabi : tout se joue le 19 octobre
    • Brazzaville, Pointe-Noire : des réseaux plus fiables ?
    brazza-24.combrazza-24.com
    • Accueil
    • Politique
    • Économie
    • Culture
    • Éducation
    • Environnement
    • Santé
    • Sport
    brazza-24.combrazza-24.com
    Accueil»Politique»À Malakal, tambours contre Kalachnikovs : le soft power d’un État sans urnes
    Politique

    À Malakal, tambours contre Kalachnikovs : le soft power d’un État sans urnes

    Publié par Solange Mavoungou25/06/2025
    Facebook Twitter Pinterest LinkedIn WhatsApp Reddit Tumblr Email
    Partagez
    Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email

    La scène sonore comme laboratoire de nation-building

    Deux mille cinq cents visages éclairés par les projecteurs, des percussions qui couvrent momentanément les rafales lointaines : le concert de Malakal, piloté par la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) et l’UNICEF, a posé un décor inhabituel dans une ville encore meurtrie par les combats de février. La démarche relève explicitement de la diplomatie culturelle. Aux yeux des organisateurs, la musique possède cette plasticité émotionnelle capable de transcender les clivages ethniques − Dinka, Nuer, Shilluk − qui structurent la géographie politique du pays depuis son indépendance en 2011. « Nous coexistons toujours comme avant », confiait, le soir même, un habitant de Malakal, improvisant la rhétorique d’unité que Juba peine à incarner.

    Malakal, nœud symbolique du Haut-Nil fracturé

    Ville carrefour sise sur les rives du Nil Blanc, Malakal concentre les ambitions contradictoires de toutes les factions. En février, l’armée gouvernementale y affrontait encore la milice Agwelek, soupçonnée d’allégeance au vice-président Riek Machar. Les bâtiments criblés d’éclats servent aujourd’hui de décor aux estrades. L’initiative culturelle ne gomme pas la topographie de la peur : camps de personnes déplacées sous protection onusienne, checkpoints informels, marchés dévastés. Cependant, le simple fait de rassembler des civils d’obédiences diverses sans escorte intrusive de Casques bleus constitue, pour plusieurs diplomates régionaux, « un test grandeur nature de résilience communautaire ».

    L’ONU en quête d’une légitimité partagée

    Officiellement, la MINUSS est mandatée pour protéger les civils et appuyer l’accord de paix revigoré en 2018. Pourtant, le scepticisme demeure quant à son efficacité militaire face aux groupes armés mobiles. En déplaçant le curseur du sécuritaire vers le culturel, la mission onusienne cherche à produire des dividendes politiques immatériels : confiance, visibilité, narratif positif. D’aucuns y voient une communication de crise, destinée à prouver que l’ONU ne se cantonne pas à la gestion des camps de déplacés. Le gouverneur par intérim du Haut-Nil, Deng Joh Angok, a salué l’initiative tout en rappelant que « la culture a besoin de sécurité ». Autrement dit, les micros ne sauraient éternellement masquer la faiblesse des mécanismes de désarmement et de réforme du secteur de la défense.

    Élections repoussées : le tempo politique en sursis

    L’élan de fraternité scénique contraste avec la léthargie institutionnelle. Le scrutin présidentiel, initialement promis pour 2024, a été renvoyé à décembre 2026 faute de dispositions légales et logistiques. Les chapitres clés de l’accord de 2018 – rédaction d’une constitution permanente, déploiement d’une armée unifiée, recensement électoral – restent en souffrance. Dans ce contexte, le gouvernement mise sur des événements culturels pour témoigner d’une normalisation de façade. Toutefois, les chancelleries occidentales rappellent que l’art ne se substitue pas à une loi électorale consensuelle. « Le risque, confie un diplomate est-africain, est que la scène devienne un substitut à l’urne ; or seule cette dernière légitimera durablement les institutions. »

    Soft power local contre realpolitik armée

    À court terme, le concert a offert un exutoire sonore et visuel qui atténue la fatigue psychique d’une population à 70 % âgée de moins de trente ans. À moyen terme, son efficacité dépendra de la capacité des autorités à multiplier des espaces culturels inclusifs, loin d’un agenda exclusivement géré par les chancelleries. Le pari reste fragile : l’Histoire récente regorge d’exemples où la musique a accompagné − et non empêché − l’escalade des violences, comme au Liberia ou en Sierra Leone. Au Soudan du Sud, le soft power hérité des tambours ancestraux doit composer avec la rémanence des Kalachnikovs et l’économie de guerre alimentée par le pétrole du Haut-Nil. Les diplomates en poste à Juba y voient un baromètre : si les artistes peuvent circuler sans escorte dans les mois à venir, c’est que la pacification progresse.

    Entre harmonie fragile et horizon incertain

    Le crépitement final des amplis dans la nuit de Malakal n’a pas dissipé les fumées politiques. Il a simplement rappelé que la cohésion nationale se joue aussi sur le registre symbolique. Les électeurs, eux, attendent encore la symphonie constitutionnelle qui leur permettra de choisir leurs dirigeants sans la médiation des kalachnikovs. En attendant, les tambours résonnent, et, sous les tentes des déplacés, l’on se surprend à rêver que le rythme survive aux armes.

    Partagez. Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Telegram Email
    Article PrécédentCasque bleu tué en Centrafrique : la frontière soudanaise, passoire ?
    Article Suivant Afreximbank à Abuja : dix ans pour multiplier par dix les actifs, et après ?

    Articles sur le même thème

    UDH-Yuki : Brazzaville exige un congrès avant 2027

    18/10/2026

    PCT : les membres d’honneur fixent leurs règles du jeu

    15/10/2026

    Brazzaville : ce que le procureur a vu en gendarmerie

    14/10/2026
    Articles Récents

    Mondial U-15 : le drapeau confié aux cadets avant Bakou

    19/10/20261

    Boundji : la vasière de Lahana enfin en chantier

    19/10/20262

    Médecine traditionnelle : ne pas la laisser mourir

    19/10/20261

    Santé : CAP actées, arriérés de salaires en suspens

    19/10/20261

    UDH-Yuki : Brazzaville exige un congrès avant 2027

    18/10/20262

    Assainissement : ce que le C2D laisse aux quartiers

    16/10/20261

    Université Marien-Ngouabi : tout se joue le 19 octobre

    16/10/20263

    Brazzaville, Pointe-Noire : des réseaux plus fiables ?

    16/10/20261

    Brazzaville : pourquoi les denrées se font rares

    16/10/20261

    PCT : les membres d’honneur fixent leurs règles du jeu

    15/10/20261
    Informations
    Informations

    Brazza-24.com vous propose un regard frais et local sur les tendances, modes de vie, initiatives citoyennes et cultures urbaines qui façonnent le quotidien au Congo-Brazzaville. Cette section est conçue pour explorer les sujets qui vous touchent, au cœur de la société congolaise contemporaine.

    Nous sommes ouverts à de nouveaux partenariats et collaborations éditoriales.

    RSS
    Choix de la Rédaction

    Mondial U-15 : le drapeau confié aux cadets avant Bakou

    19/10/2026

    Boundji : la vasière de Lahana enfin en chantier

    19/10/2026

    Médecine traditionnelle : ne pas la laisser mourir

    19/10/2026
    Articles Populaires

    Santé : CAP actées, arriérés de salaires en suspens

    19/10/2026

    UDH-Yuki : Brazzaville exige un congrès avant 2027

    18/10/2026

    Assainissement : ce que le C2D laisse aux quartiers

    16/10/2026
    © 2026 Brazza24 - L'Actu du Congo-Brazzaville 24h/24
    • Accueil
    • Fact-Checking
    • Politique de Confidentialité
    • Contactez Brazza24

    Tapez ci-dessus et appuyez sur Entrée pour rechercher. Appuyez sur Échap pour annuler.