Une distinction continentale
La salle de conférence de l’Institut africain de recherche pluridisciplinaire appliquée, au cœur de Dakar, a vibré au rythme des applaudissements lorsqu’Armel Silvère Dongou a été appelé à la tribune. L’organisme sénégalais lui a remis le grade de docteur honoris causa, la plus haute distinction académique de l’institution.
Ce titre symbolise la reconnaissance des travaux menés par l’expert financier congolais dans la promotion du capital humain et des solutions innovantes pour la gestion publique. « Recevoir un doctorat honoris causa est un honneur, mais surtout un appel à poursuivre le chemin », a déclaré le récipiendaire après avoir endossé l’écharpe pourpre.
Devant des universitaires et décideurs de dix pays, le nouveau docteur a rappelé son attachement à l’excellence africaine. « Nous devons multiplier les synergies entre chercheurs et praticiens pour bâtir un écosystème de savoirs capable de répondre, par nous-mêmes, aux défis du continent », a-t-il lancé sous les flashes des photographes.
Parcours d’un financier engagé
Formé à Brazzaville puis en Europe, Armel Silvère Dongou s’est fait remarquer par son expertise en trésorerie publique. Ses ouvrages techniques, dont « Pratique de gestion de la trésorerie : cas du Trésor public », circulent déjà dans plusieurs administrations financières d’Afrique centrale.
En 2025, le Congo l’a élevé au rang de Grand Maître de l’Ordre national du mérite congolais pour sa contribution à la réforme budgétaire. Son roman « À la croisée des chemins », publié cette année, révèle une plume soucieuse de transmettre l’éthique du service public auprès de la jeunesse congolaise.
À 42 ans, Dongou combine la rigueur d’un consultant financier à la créativité d’un chroniqueur littéraire. Cette double casquette a pesé dans le choix du jury sénégalais, qui a salué un intellectuel capable de vulgariser des problématiques complexes auprès d’un large public francophone.
Des passerelles pour la recherche africaine
Le doctorat honoris causa récompense aussi l’engagement de Dongou à tisser des liens entre universités, centres de recherche et entreprises. Depuis 2018, il pilote plusieurs programmes de mentorat connectant étudiants congolais et experts internationaux via des plateformes numériques sécurisées.
Ces synergies visent à renforcer les compétences locales en ingénierie financière et en gestion des risques. « Le capital humain demeure notre première ressource ; il faut l’entretenir avec rigueur et créativité », aime répéter le lauréat, citant régulièrement le Plan national de développement du Congo comme cadre d’opportunités.
En coulisses, Dongou prépare une coalition régionale dédiée à la recherche appliquée en finances publiques. Cette structure, en cours d’enregistrement, devrait proposer des ateliers mobiles dans les capitales de la CEEAC afin de rapprocher chercheurs et responsables des régies financières.
Réception à Dakar et échos au Congo
La cérémonie dakaroise s’est déroulée en présence du directeur de l’Institut, Professeur Mamadou Kane, qui a salué « un esprit d’ouverture et de partage ». Les ambassadeurs du Congo au Sénégal et de plusieurs pays amis étaient aux premières loges pour féliciter leur compatriote.
À Brazzaville, la nouvelle a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Le ministère congolais de l’Enseignement supérieur a adressé un message officiel, soulignant « l’apport exemplaire d’un citoyen au rayonnement académique du Congo ». Des étudiants de l’Université Marien-Ngouabi ont projeté un débat public sur ses ouvrages la semaine prochaine.
Dans la sphère économique, le Groupement professionnel des banques du Congo a salué « un modèle d’expertise endogène ». Selon son président, la distinction « confirme la vitalité de la recherche appliquée congolaise » et pourrait inciter d’autres cadres à publier leurs bonnes pratiques plutôt qu’à les garder confidentielles.
Perspectives et engagement futur
Malgré la consécration, Armel Silvère Dongou affirme garder les pieds sur terre. « Cette distinction ne signifie pas que je dois m’arrêter ; elle rappelle notre responsabilité de tirer les autres vers le haut », a-t-il confié à la presse au sortir de la salle.
Il prévoit de lancer, d’ici au second semestre, un fonds de bourses baptisé « Cap Finance » pour aider de jeunes chercheurs congolais à réaliser leurs mémoires sur la soutenabilité budgétaire. Les lauréats bénéficieront d’un tutorat personnalisé et d’un accès aux conférences internationales partenaires.
Le docteur honoris causa ambitionne enfin de coécrire, avec des universitaires de Dakar et de Casablanca, un manuel de gestion du trésor inspiré des réalités africaines contemporaines. L’ouvrage serait diffusé en libre accès afin de « démocratiser le savoir », conformément à la vision inclusive rappelée pendant la remise du titre.
