Stade Massamba-Débat en ébullition
Samedi 29 novembre, le stade Président Alphonse Massamba-Débat a vibré comme aux plus belles heures. Les 15 000 supporters massés dans les tribunes ont déployé drapeaux et vuvuzelas, conscients d’assister à un match déjà décisif pour l’AS Otohô en Coupe de la Confédération et envoient déjà des ondes positives.
L’équipe d’Oyo, soutenue par un quorum impressionnant d’officiels et de fans venus des Plateaux et aussi de Pointe-Noire en vacances, devait laver l’affront de l’ouverture manquée en Afrique du Sud. Son adversaire, le CR Belouizdad, affichait pourtant une expérience continentale reconnue et reste l’un des poids lourds du Maghreb.
Sous un ciel clément, l’arbitre namibien Louis Hakizimana a donné le coup d’envoi à 16 h précises. Dès la première minute, on a compris que l’ambiance serait électrique, les joueurs de l’AS Otohô pressant haut et s’employant à verrouiller chaque tentative algérienne, et les tribunes se soulèvent encore davantage.
Un début tambour battant
Le plan de jeu imaginé par l’entraîneur Barthélemy Ngatsono reposait sur un pressing tout terrain. À la 9ᵉ minute, Belouizdad s’est pourtant procuré la première frayeur, Meziane obligeant le gardien Christoffer Mafoua à une claquette réflexe qui a fait se lever tout le Kop nord sous les cris d’encouragement continus.
L’alerte a servi d’électrochoc. Trois minutes plus tard, le public exulte : sur un corner de Ngoma, l’attaquant franco-congolais Geordy Ndecket devance la sortie du portier algérien et catapulte de la tête le ballon sous la barre. Le tableau d’affichage indique déjà 1-0.
Le cuir à peine replacé, les Rouge et Or continuent leur siège. À la 26ᵉ, Wilfried Nkaya perce l’axe et glisse la passe parfaite à Bandiougou Diallo. Sans contrôle, le milieu malien déclenche un tir sous la transversale : 2-0. Les bras se lèvent, les youyous fusent.
Le show offensif des hommes d’Ominga
Le spectacle ne faiblit pas. À la 29ᵉ, Gosim Elenga, latéral réputé pour sa qualité de frappe, intercepte un ballon mal dégagé, avance de trois pas et arme des 25 mètres. Son missile plongeant surprend la défense et finit dans le petit filet droit : 3-0.
Maixent Raoul Ominga, président du club, savoure en tribune officielle. À la pause, il salue « l’état d’esprit conquérant » de ses protégés, soulignant que « le travail entamé depuis la présaison porte ses fruits ». Dans les vestiaires, Ngatsono réclame pourtant de la vigilance pour éviter tout relâchement.
Le message passe. Retour des vestiaires, l’ailier Obembi multiplie les appels dans le dos d’une défense algéroise débordée. À la 65ᵉ, il est récompensé : Diallo décale, Obembi contrôle et croise à ras de terre. Le stade explose, le score enfle : 4-0.
Un score qui relance le groupe C
La réduction du score intervient cependant à la 84ᵉ minute, Meziane transformant un penalty obtenu sur une faute légère de Mankessi. Le 4-1 final reste une démonstration. Avec trois points précieux et une différence de buts positive, Otohô grimpe provisoirement à la deuxième place du groupe C.
Stellenbosch FC, vainqueur la veille en Tanzanie, conserve la tête mais voit sa marge se réduire. Les experts de la chaîne publique Télé Congo estiment désormais que « la course aux quarts est totalement relancée ». Les supporters, eux, rêvent d’un nouveau printemps continental douze mois après la campagne précédente.
La Confédération africaine de football rappelle que les deux premiers de chaque poule verront les quarts, avec match aller prévu début avril. Grâce à ce succès, Otohô n’a plus son destin uniquement entre les mains mais se donne une marge pour négocier le déplacement périlleux au Benjamin Mkapa Stadium.
Ce que cela change pour le football congolais
En s’imposant largement pendant que le championnat national observe sa traditionnelle trêve, l’AS Otohô offre un coup de projecteur bienvenu au football local. Le sélectionneur des Diables Rouges, Isaac Ngata, présent dans les gradins, confie qu’il suit « avec attention la progression des jeunes comme Ndecket ».
Cette performance tonitruante survient aussi dans un contexte d’efforts constants des autorités sportives pour professionnaliser clubs et infrastructures. La direction du stade annonce déjà la mise à niveau de l’éclairage LED avant février, gage de matches en nocturne mieux télévisés et donc de recettes inédites pour les formations engagées.
Prochaine étape : cap sur la Tanzanie
Les regards se tournent désormais vers Dar es-Salaam, où les Singida Black Stars attendent les Congolais le 25 janvier. Ngatsono sait qu’un résultat positif à l’extérieur pourrait valoir une balle de match pour la qualification. Le staff technique prévoit un stage express à Pointe-Noire avant l’envol.
« Restons humbles », martèle le capitaine Matampi, estimant que « le plus dur commence toujours après une grande victoire ». Pourtant, dans les rues de Brazzaville, les maillots rouges se vendent déjà mieux que les cartes de vœux. La ferveur pourrait bien accompagner l’équipe jusqu’au bout de l’aventure.
