Inspection ministérielle sur les artères de Brazzaville
Le 6 décembre, profitant du traditionnel premier samedi du mois consacré au grand ménage citoyen, le ministre de l’Assainissement urbain, du Développement local et de l’Entretien routier, Juste Désiré Mondélé, a parcouru plusieurs axes stratégiques de la capitale congolaise.
Du rond-point de Poto-Poto à celui d’Ebina, en passant par l’avenue Edith-Lucie-Bongo et les secteurs de la SCLOG et Mpila, la délégation a observé l’état des trottoirs, la propreté des devantures et l’occupation de l’espace public par les vendeurs.
La priorité aux trottoirs libérés
Premier bilan, le sentiment est « plutôt satisfaisant » confie le ministre, heureux de voir des trottoirs dégagés et praticables. Il rappelle que ces passages piétons doivent rester libres afin que chacun circule, fasse ses courses ou prenne le transport sans danger.
Selon lui, l’enjeu est désormais de pérenniser cet effort au-delà des opérations ponctuelles. Les commerçants sont encouragés à entretenir quotidiennement leurs abords, tandis que les riverains sont invités à adopter des réflexes durables d’entretien de proximité.
Une économie informelle sous surveillance
Le ministre reconnaît la vitalité de l’économie informelle, essentielle pour de nombreuses familles, mais il estime qu’elle ne saurait justifier le non-respect des règles d’hygiène et d’urbanisme. « L’économie informelle ne doit pas empêcher le respect des normes », martèle-t-il.
Des équipes mixtes, combinant policiers, agents municipaux et cadres du département, veillent désormais à la bonne application des consignes. Elles dialoguent avec les vendeurs pour expliquer la réglementation et, si nécessaire, dressent procès-verbaux face aux récidivistes.
Mobilisation tous azimuts des acteurs urbains
Juste Désiré Mondélé salue l’appui de la force publique, mais aussi celui des médias, de la mairie de Brazzaville, des administrateurs-maires et des habitants. Pour lui, la propreté urbaine n’est pas l’apanage des autorités ; elle requiert une synergie permanente de toutes les parties.
Il encourage les associations de quartier et les comités de marché à relayer les messages de salubrité, à organiser des séances de sensibilisation et à signaler les points noirs. Plus l’information circule, plus les comportements changent, insiste-t-il.
Vers des sanctions plus incisives
Malgré les campagnes récurrentes, certains vendeurs reviennent systématiquement sur les trottoirs ou déversent leurs déchets dans les caniveaux. Face à ces résistances, le gouvernement prépare un dispositif légal plus contraignant afin de renforcer l’effet dissuasif des contrôles.
Le futur texte, déjà dans le circuit d’approbation au secrétariat général du gouvernement, prévoit des amendes graduées, la saisie de marchandises et, en cas de récidive, la fermeture temporaire d’étals. L’objectif est de protéger la santé publique et l’image de la capitale.
Marchés réaménagés pour l’hygiène publique
Au marché Bernard Kolelas, dans l’arrondissement Bacongo, un nouveau site vient d’être aménagé pour accueillir les commerçants auparavant installés sur la chaussée. Le ministre y a renouvelé son appel à « l’appropriation collective » de l’équipement afin d’améliorer les conditions de vente.
Il rappelle que le respect des normes d’hygiène n’est pas une contrainte supplémentaire mais un atout économique : des étals propres attirent plus de clientèle et réduisent les risques sanitaires. Les associations gestionnaires sont invitées à assurer la pleine transparence de leurs recettes.
Un projet de loi attendu
Le projet de loi sur l’assainissement urbain devrait être examiné prochainement par le Parlement. S’il est adopté, il constituera la première base juridique dédiée à la propreté des villes, en cohérence avec les orientations du Plan national de développement.
Plusieurs députés ont déjà salué l’initiative, rappelant que la salubrité est un droit pour les citoyens et un devoir pour les collectivités. Le texte s’inspire d’expériences réussies dans certaines communes et fixe un cadre clair pour l’implication du secteur privé.
Citoyens, média et mairie en première ligne
Pour consolider l’élan, le ministère lance une campagne audiovisuelle et numérique, ciblant prioritairement les 16–45 ans qui consultent l’information via smartphone. Vidéos courtes, infographies et messages radio rappellent les gestes simples : balayer, trier, ne pas obstruer les caniveaux.
Au niveau municipal, des brigades vertes recrutées parmi les jeunes volontaires veillent à la propreté des places publiques et recueillent les doléances des habitants. « C’est en valorisant le civisme que nous ferrons reculer les incivilités », souligne un responsable communal.
Brazza la verte, un objectif collectif
Le président de la République a récemment rappelé son ambition de voir renaître « Brazza la verte » et « Ponton la belle », deux surnoms évoquant jadis la quiétude et la verdure des grandes villes congolaises. Le ministère entend traduire cette vision sur le terrain.
En associant règles claires, infrastructures adéquates et sensibilisation permanente, les autorités misent sur une dynamique vertueuse : plus la ville est propre, plus elle attire les investissements et améliore la qualité de vie des habitants. Un cercle gagnant que chacun peut nourrir.
Le ministère prévoit d’évaluer, chaque trimestre, les résultats arrondissement par arrondissement grâce à des indicateurs simples : linéaire de trottoirs libérés, tonnage de déchets collectés et taux de satisfaction des riverains. Ces données guideront l’affectation des moyens et la révision des stratégies.
