Un congrès attendu à Brazzaville
Brazzaville a vibré trois jours durant, du 20 au 22 novembre 2025, au rythme du 2e congrès ordinaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale. Plus de 1 200 mandataires venus des douze départements ont convergé vers la capitale pour ce rendez-vous jugé décisif.
Depuis la précédente édition en 2007, la formation fondée par le professeur Pascal Lissouba n’avait pas réuni un tel aréopage. Le contexte national, marqué par l’échéance législative de 2027, conférait à ces assises une portée stratégique pour la social-démocratie congolaise, avide de renouveau.
Des textes modernisés pour plus d’efficacité
Sous la grande tente dressée au siège du parti, les congressistes se sont penchés sur l’actualisation des statuts et du règlement intérieur. Les commissions ont travaillé de façon soutenue, intégrant les propositions issues des congrès départementaux tenus début octobre et plébiscités comme exercices de démocratie interne.
L’une des innovations majeures réside dans la clarification des rôles des organes centraux et la réduction des doublons administratifs. Les articles relatifs à la discipline partisane ont également été enrichis afin de prévenir les querelles de leadership souvent préjudiciables à la lisibilité du message politique.
Pascal Tsaty Mabiala : une élection sous acclamations
Point d’orgue du congrès, l’élection de Pascal Tsaty Mabiala à la présidence du Conseil national s’est déroulée à bulletin secret, saluée par de longues ovations. L’ancien chef de file parlementaire, visiblement ému, a promis de « maintenir le navire sur la bonne trajectoire » en s’appuyant sur son expérience.
Sa victoire, obtenue à une très large majorité, a été accueillie comme un signal de stabilité. « Moments intenses de bonheur et de fierté », a-t-il confié à la presse, rappelant la tradition du parti de privilégier le débat transparent pour choisir ses dirigeants.
Le rôle stratégique du nouveau secrétaire général
Conformément aux nouveaux textes, la fonction de secrétaire général remplace désormais celle de Premier secrétaire. Jérémy Lissouba, fils du fondateur, a été proposé par le président et confirmé par les délégués. Sa mission principale sera de coordonner l’action quotidienne et d’accélérer la digitalisation des structures.
À 44 ans, l’intéressé entend moderniser le dispositif militant grâce à des plateformes numériques d’adhésion et de formation. « Le parti doit parler le langage des jeunes et investir les réseaux sociaux sans complexe », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’ancrer l’UPADS dans les pratiques politiques de l’heure.
Perspectives en vue des prochaines élections
Les congressistes ont insisté sur la nécessité de préparer dès maintenant les scrutins à venir, notamment les locales de 2026 et les législatives de 2027. Une feuille de route a été adoptée, prévoyant la formation des animateurs de base et le recensement des potentiels candidats.
Le parti veut également affiner son programme économique, centré sur l’emploi des jeunes, la promotion des PME et la valorisation de l’agriculture familiale. Des ateliers thématiques se tiendront dans chaque département pour finaliser les propositions avant la conférence idéologique prévue au premier semestre 2026.
Un message d’unité et de discipline
Dans son discours de clôture, Pascal Tsaty Mabiala a martelé que « l’UPADS restera soudée autour de ses valeurs ». Il a appelé chaque militant à respecter les décisions issues des instances, condition jugée indispensable pour convaincre l’électorat et consolider la crédibilité du parti.
Les observateurs notent que cette discipline affirmée s’inscrit dans la volonté de limiter les querelles internes observées par le passé. Les prochains mois seront donc déterminants pour tester la solidité de la nouvelle équipe dirigeante face aux défis de terrain et aux exigences d’un électorat en mutation.
