Une cérémonie fédérale aux couleurs du parti
Le siège fédéral du Parti congolais du travail, à Mpila, s’est paré de drapeaux rouge et or le 10 décembre. Cadres, militants et sympathisants de Brazzaville, Kintélé, l’Ile Mbamou et Pointe-Noire ont convergé pour saluer la mémoire de Davez Eloko Ebouka.
Conduit par le secrétaire général Pierre Moussa, le cortège a observé une minute de silence avant l’exécution de l’hymne du parti. Le cercueil, couvert de l’emblème rouge, a été placé au centre de la cour, entouré de gerbes et de portraits du disparu.
Dans l’assistance, la présence des neuf fédérations d’arrondissement rappelait la portée nationale de l’hommage, soulignée par les drapeaux tricolores flottant derrière le pupitre où se relayaient les orateurs.
Parcours d’un serviteur de l’État
Né le 26 septembre 1959 à Biessi, dans la Sangha, Davez Eloko Ebouka avait choisi l’enseignement avant d’embrasser la fonction d’intendant, après son passage remarqué à l’École nationale moyenne d’administration.
Ses collègues de la première heure se souviennent d’un administrateur méthodique, toujours prompt à partager ses fiches de gestion avec les jeunes recrues, convaincu que la rigueur s’apprend avant de se proclamer.
Cette discipline fera de lui un collaborateur apprécié au cabinet d’Anatole Collinet Makosso, alors ministre de l’Enseignement primaire et secondaire, puis à la primature, où il se vit confier la délicate mission de relayer les attentes des élus locaux.
Engagement sans faille au sein du PCT
Politiquement, son histoire s’entremêle à celle de l’Union de la jeunesse socialiste congolaise qu’il rejoint en 1985, avant de gravir méthodiquement les échelons internes jusqu’à prendre la tête du comité de Loandjili.
Entre 1992 et 1996, période de turbulence pour le parti, il fait partie des militants restés en première ligne, assurant la logistique des réunions clandestines et la diffusion des messages aux bases rurales.
Son stoïcisme lui vaut le respect de la haute hiérarchie qui, dès le retour du PCT aux affaires, lui confie l’animation de la circonscription stratégique de Pointe-Noire, foyer économique du pays.
Témoignages émus des camarades
Ambroise Bayakissa, secrétaire à la communication de la fédération, a salué un responsable « loyal, calme et pointilleux » dont les recommandations, même dictées depuis un lit d’hôpital, continuaient d’orienter les séances hebdomadaires du comité.
Jean Théophile Ilobakima, chargé de la mobilisation, a rappelé leurs années de clandestinité : « Parler peu, faire beaucoup, telle était sa devise. » Pour lui, Loandjili perd un pilier et Pointe-Noire un artisan de la cohésion interne.
Les membres du comité central présents ont unanimement souligné sa capacité à associer la base aux décisions, pratique aujourd’hui recommandée dans les manuels de formation du parti pour renforcer la démocratie interne.
Le regard attentif du Premier ministre
Anatole Collinet Makosso, premier ministre, a lui-même pris la parole, visiblement affecté. Il a rappelé combien la vigilance de son conseiller technique l’aidait à suivre les préoccupations des collectivités locales, condition essentielle du développement national.
« L’État vient de perdre un serviteur loyal et rigoureux », a reconnu le chef du gouvernement, promettant que les chantiers évoqués par le défunt dans ses notes seront poursuivis avec la même exigence de résultats.
Après le dépôt de la gerbe officielle, le Premier ministre a longuement serré les mains de la famille, affirmant que le souvenir de Davez Eloko guidera le dialogue permanent entre l’exécutif et les élus de Loandjili.
Héritage politique et leçon de loyauté
Sur fond de chants révolutionnaires, la dépouille a quitté le siège sous les applaudissements, direction Pointe-Noire où d’autres hommages populaires sont prévus avant l’inhumation dans le cercle familial.
Pour les jeunes militants présents, la trajectoire du disparu illustre l’idée qu’un engagement patient et discipliné peut ouvrir la voie à des responsabilités nationales, même dans les périodes les plus difficiles.
Le secrétariat général du PCT a annoncé la création prochaine d’un prix interne Davez Eloko Ebouka qui récompensera chaque année un cadre ayant fait preuve d’exemplarité, perpétuant ainsi la mémoire de l’homme et son sens du devoir.
Perspectives pour la fédération de Pointe-Noire
Le premier secrétaire fédéral de Pointe-Noire a profité de la cérémonie pour annoncer un programme de renforcement des cellules de quartier, inspiré des méthodes de terrain éprouvées par le défunt, visant notamment à mieux intégrer les associations de jeunes et de femmes.
Un message d’unité nationale
Dans son allocution finale, Pierre Moussa a insisté sur l’importance de transformer la douleur en énergie constructive, invitant chaque militant à renforcer les ponts entre Brazzaville et les départements, conformément à la vision de solidarité prônée par le chef de l’État.
Le secrétariat a, en outre, remercié les délégations de la diaspora pour leur présence et leurs messages, soulignant que l’engagement d’Ebouka transcende les frontières et peut servir de modèle aux Congolais installés à l’étranger.
Derniers hommages et suite des cérémonies
Selon le programme officiel, une veillée ouverte au public se tiendra au gymnase de Loandjili, suivie d’une messe en la cathédrale Saint-Pierre-Claver. Les autorités locales annoncent un moment de recueillement civique pour permettre aux habitants d’exprimer leur gratitude.
