Réunie en session extraordinaire le 11 septembre 2026 à Brazzaville, l’UPADS a dressé un diagnostic sévère de la situation budgétaire et sociale du Congo. Le parti de Pascal Tsaty-Mabiala juge le budget révisé « inexécutable » et avance une série de mesures d’urgence.
Une session extraordinaire à Diata pour retrouver la parole
C’est au siège du parti, à Diata, dans le premier arrondissement de Brazzaville, que le bureau politique de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale s’est retrouvé le 11 septembre 2026. Une session extraordinaire, consacrée d’abord aux préparatifs des prochaines échéances électorales.
La rencontre était dirigée par Pascal Tsaty-Mabiala, président du Conseil national du parti. Au-delà de l’ordre du jour, elle a offert à la formation une tribune pour faire entendre une voix devenue inaudible depuis quelque temps.
Le président du Conseil national y a vu l’occasion de scruter l’horizon. Il a rappelé que l’UPADS n’avait pas présenté de candidat à l’élection présidentielle du 21 mars 2016, une orientation qu’il résume par la formule « ni soutien, ni indifférence ».
Un budget 2026 que l’UPADS juge inexécutable
Le cœur de son intervention a porté sur les finances publiques. Depuis huit mois, affirme Pascal Tsaty-Mabiala, l’État peine à exécuter le budget de l’exercice 2026 révisé. Le mot employé est sans nuance : ce budget serait, selon lui, « inexécutable ».
Quatre contraintes sont mises en avant par le parti. D’abord un endettement qualifié d’excessif, avec une dette publique estimée à environ 9 564,3 milliards de francs CFA à fin juin 2026. Ensuite l’érosion des recettes fiscales et douanières.
S’y ajoutent, toujours selon l’UPADS, une qualité insuffisante de la dépense publique et une absence de discipline budgétaire. Le parti avance également que le service de la dette absorberait près de 85 % des recettes publiques.
Le parti met en regard cette charge de la dette et les besoins sociaux du pays. C’est sur ce contraste qu’il fonde l’essentiel de son argumentaire budgétaire.
Pauvreté, chômage et pénuries : le tableau social du parti
Le diagnostic déborde les colonnes de chiffres. Pour l’UPADS, le pays a besoin d’une croissance plus forte et surtout plus inclusive, seule capable selon elle de faire reculer un taux de pauvreté qu’elle estime à 46,8 % de la population.
Le parti cite également le classement du Congo à la 138e place sur 193 pays à l’indice de développement humain 2025. Il juge le chômage préoccupant, avec un taux de 41 % chez les jeunes.
Ce taux de chômage des jeunes est mis en avant par la formation comme le point de jonction entre la crise des comptes publics et la tension sociale. Elle en fait l’un des arguments centraux de son intervention.
À ces indicateurs s’ajoute le quotidien. L’UPADS évoque des risques de grève liés au non-paiement des salaires et des pensions, ainsi que des pénuries d’eau, d’électricité et de carburant. Autant de points qui, dans son argumentaire, relient les chiffres aux ménages.
Les mesures d’austérité réclamées par l’opposition
Le parti ne s’en tient pas au constat. Il réclame un plan d’austérité d’urgence et le rétablissement de la discipline budgétaire, présentés comme les deux piliers d’un redressement des comptes publics.
Concrètement, l’UPADS demande une réduction des budgets de fonctionnement des institutions publiques et l’interdiction des paiements en numéraire, une mesure qu’elle inscrit dans le même effort de rigueur.
La formation souhaite en outre que soit établie la liste de tous les créanciers du Congo, puis qu’un plan réaliste de désendettement soit soumis au Parlement. Une manière de replacer le dossier de la dette dans l’enceinte parlementaire.
Makotimpoko et la sécurité des frontières fluviales
La session a aussi abordé la sécurité aux frontières. L’UPADS cite les incidents de Makotimpoko et appelle le Gouvernement à renforcer la sécurité des frontières fluviales entre les deux Congo.
Le sujet sort du champ strictement budgétaire, mais le parti le place dans le même registre d’alerte adressé aux autorités.
Législatives et locales : l’UPADS réclame des garanties
Les élections législatives et locales sont prévues l’année prochaine. Le parti demande l’application des recommandations issues d’une rencontre tenue du 16 au 18 février 2026, dont il fait la condition d’un scrutin crédible.
Ces recommandations portent sur la révision du découpage administratif, l’application stricte de la loi électorale et la transparence du processus. L’UPADS insiste aussi sur des listes électorales établies à temps.
S’y ajoutent l’introduction de la biométrie électorale et le plafonnement du financement des campagnes, deux demandes que le parti place au rang de garanties minimales.
Pascal Tsaty-Mabiala n’a pas caché son scepticisme : « Le Gouvernement n’est jamais pressé lorsqu’il s’agit de bien organiser les élections et met souvent les acteurs devant le fait accompli, en évoquant fréquemment le manque de temps pour appliquer les recommandations issues des différentes concertations. »
Des chiffres avancés par un parti, pas des données officielles
Ces constats et ces chiffres sont ceux de l’UPADS. Ils engagent la formation, qui les présente comme le fondement de sa démarche, et n’ont pas été présentés comme des données validées par les autorités congolaises.
Reste que la session du 11 septembre marque un retour du parti dans le débat public, à l’approche d’échéances électorales qu’il annonce vouloir aborder avec des règles du jeu clarifiées.
