Coupe inter-ligues : Brazzaville fait le doublé
Clap de fin dimanche 29 décembre au Centre technique d’Ignié : en deux jours de joutes intenses, Brazzaville a raflé les couronnes masculine et féminine de la Coupe inter-ligues, s’imposant 3-1 face à Pointe-Noire puis 8-2 en finale filles.
Le doublé semble logique : la ligue de la capitale avait engagé deux équipes par catégorie, soit une de plus que ses rivales, sans pour autant écraser une opposition accrocheuse qui a animé les tribunes jusqu’au coup de sifflet final.
Détection de talents et enjeu national
Organisée par la Fédération congolaise de football, l’épreuve avait pour principal objectif la détection de talents chez les garçons U-15 et les filles U-16, une tranche d’âge stratégique dans la construction des futures sélections nationales.
Sous l’œil attentif de la Direction technique nationale, chaque dribble, chaque tacle, chaque célébration étaient consignés dans des carnets destinés à alimenter une base de données élargie, capable d’orienter les convocations pour les campagnes continentales à venir.
Bassinga inspire la nouvelle génération
Invité d’honneur, l’international Deo Gracia Bassinga, formé lors du premier championnat U17 en 2021, a symboliquement donné le coup d’envoi, rappelant son propre parcours de jeune repéré avant de briller au tournoi UNIFFAC U-20 remporté par le Congo en 2022.
« Restez concentrés, ce genre de tournoi peut changer une vie », a-t-il confié, lui qui évolue aujourd’hui en Géorgie et suscite l’intérêt de clubs européens, invitant ses cadets à saisir chaque minute de jeu pour progresser.
Onze ligues réunies à Ignié
Pour la première fois, les onze ligues départementales affiliées à la Fécofoot avaient fait le déplacement, transformant Ignié en carrefour national où la Likouala, la Cuvette ou la Sangha ont démontré qu’elles n’avaient rien à envier aux bastions historiques du ballon rond.
Jacques Ontsira, président du comité d’organisation, s’est félicité de cette représentativité qu’il juge « vitale pour bâtir une équipe nationale qui reflète toute la République, pas uniquement Brazzaville ou Pointe-Noire ».
Les observateurs ont également remarqué la progression du football féminin : dans chaque département, des jeunes filles désormais licenciées ont affiché technique et combativité, ouvrant des perspectives inédites pour la sélection U-17 féminine envisagée par la fédération.
Au-delà du score, une école de vie
Au-delà des résultats, le plateau a servi d’école de vie : gestion du stress, esprit d’équipe, respect de l’arbitre et hygiène de l’athlète ont été travaillés durant trois jours d’ateliers menés en marge des matchs par des éducateurs certifiés.
Geste apprécié des organisateurs : chaque enfant est reparti avec un ballon et du matériel d’entraînement, de quoi entretenir la flamme une fois de retour dans son district, là où les infrastructures restent parfois limitées.
Le succès logistique de l’événement doit beaucoup au Centre technique d’Ignié, inauguré en 2014 et récemment rénové ; ses dortoirs, sa pelouse hybride et son réseau Wi-Fi ont facilité la couverture médiatique suivie par une jeunesse connectée.
Statistiques, économie locale et politique sportive
Au total, 42 rencontres ont généré 136 buts, soit une moyenne généreuse de 3,2 réalisations par match, illustration de la philosophie offensive prônée dans les académies locales ces dernières saisons.
L’afflux de délégations et de supporters a dopé l’activité commerciale d’Ignié : hôtels complets, marchés animés et transporteurs sollicités, autant d’effets positifs qui confortent l’idée d’un calendrier régulier de compétitions jeunes dans le district.
Le ministère des Sports, partenaire institutionnel, voit dans cette dynamique une illustration du Plan national de développement du sport de masse, lequel encourage la pratique dès le plus jeune âge pour renforcer la cohésion et préparer la relève des Diables rouges.
Vers une édition 2024 encore plus ambitieuse
Fort de l’enthousiasme suscité, la Fécofoot envisage déjà une seconde édition élargie à la catégorie U-13 et un programme de stages régionaux afin de maintenir l’élan et d’accompagner les pépites sur le long terme.
En attendant, les jeunes vainqueurs brazzavillois ont regagné la capitale sous les applaudissements, conscients d’avoir écrit une page prometteuse de leur histoire et, peut-être, des succès futurs du football congolais.
Les entraîneurs départementaux présents ont suivi un module express de formation continue animé par des instructeurs CAF, portant sur la préparation athlétique adaptée à l’adolescence et la prévention des blessures, un volet salué par les parents venus nombreux.
Côté arbitrage, dix jeunes officiels ont été testés en situation réelle, sous la supervision de l’international Marien Madzou, afin de renouveler la relève et d’implanter un climat de confiance autour de l’autorité du sifflet.
Plusieurs clubs de Ligue 1, à l’instar des Diables noirs et de l’AC Léopards, avaient envoyé des recruteurs, signe que la compétition devient un marché privilégié où les profils prometteurs peuvent espérer signer un premier contrat de formation.
Si les budgets restent contraints, la fédération mise sur les partenariats publics-privés pour financer l’édition 2024, envisageant des bourses scolaires et un suivi médical renforcé, deux priorités exprimées par les familles lors des ateliers de feedback organisés à la fin du tournoi.
Autant d’initiatives qui, combinées à la passion des jeunes, augurent d’un avenir radieux pour le football congolais de base.
