Sixième Congrès PCT : un rendez-vous stratégique
Brazzaville a résonné, du 27 au 30 décembre, au rythme du sixième Congrès ordinaire du Parti congolais du travail. Plus de trois mille délégués, venus de toutes les fédérations, se sont retrouvés pour évaluer l’action militante et fixer la feuille de route des cinq prochaines années.
La présence de Guy Anatole Elenga, membre du comité central et président de la Fédération PCT-Europe, a particulièrement retenu l’attention. À la tête d’une délégation continentale, le responsable établi en France a prononcé, le 29 décembre, un discours remarqué devant l’assemblée comble.
La diaspora s’invite au cœur de l’agenda national
Dès l’ouverture, l’orateur a martelé que la diaspora n’est pas « hors sol ». Selon lui, elle participe activement à la vie économique, sociale et politique du Congo et doit, à ce titre, jouir pleinement de ses droits, au même titre que tout citoyen résidant au pays.
Il a souligné que la Fédération PCT-Europe constitue la voix organisée de cette communauté, véritable passerelle entre Brazzaville et les capitales européennes. Son engagement constant, a-t-il insisté, contribue au rayonnement international du parti et préserve un lien affectif jugé indéfectible avec la Nation.
L’auditoire a salué la rhétorique précise et vibrante du délégué, décrite par plusieurs congressistes comme « une plaidoirie digne d’une grande cour ». Chaque formule, soigneusement ciselée, a porté l’idée d’un militantisme d’ouverture, en phase avec les attentes des Congolais installés à l’étranger.
Structuration progressive de la Fédération PCT-Europe
Sur le terrain, la Fédération reste en phase de structuration. Pour l’heure, son implantation se concentre essentiellement en France, pays qui héberge la densité militante la plus forte. « Nous avons choisi de consolider ce socle avant d’essaimer », a précisé Guy Anatole Elenga.
À l’issue d’un séminaire tenu en octobre 2023 à Paris, les responsables ont découpé le territoire français en cinq zones : Île-de-France, Nord-Ouest, Nord-Est, Sud-Ouest et Sud-Est. Pour l’instant, seuls les comités Nord-Ouest et Île-de-France sont pleinement opérationnels et légitimés.
Le dirigeant a reconnu que ce rythme progressif peut paraître modeste, mais il assure qu’il garantit la cohésion et la discipline interne. Les prochaines étapes viseront l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne, en privilégiant des antennes capables de déployer rapidement mobilisation citoyenne et relais de communication.
Parallèlement, une cellule numérique renforce la visibilité du PCT-Europe sur les réseaux sociaux. Cette équipe bénévole produit des contenus adaptés aux usages mobiles des jeunes militants, diffuse les comptes rendus d’activités et relaie les orientations du comité central, favorisant ainsi une communication instantanée et interactive avec la base.
Vote depuis l’Europe : une exigence républicaine
Au chapitre démocratique, Guy Anatole Elenga a placé le droit de vote de la diaspora au cœur des priorités. Il a qualifié cette mesure d’« exigence républicaine » permettant à chaque Congolais vivant hors du territoire national de participer, sans déplacement onéreux, aux grands choix électoraux.
Dans l’hémicycle congolais, la question est régulièrement évoquée. Le délégué européen a rappelé que plusieurs pays africains autorisent déjà le vote depuis l’étranger et estime que le Congo possède, avec ses consulats, l’infrastructure nécessaire pour expérimenter ce dispositif de façon progressive et transparente.
Il a souligné l’alignement total de la Fédération PCT-Europe sur les résolutions adoptées durant le congrès. L’organisation s’engage à poursuivre le plaidoyer auprès des institutions compétentes afin de transformer cette volonté politique en réalité, en misant sur la concertation plutôt que sur la confrontation.
Deux propositions pour consolider les liens
Pour enrichir la dynamique, deux propositions phares ont été soumises aux congressistes. La première concerne la création d’une Journée de la diaspora organisée dans les ambassades, avec conférences thématiques, rencontres citoyennes et animations culturelles destinées à renforcer la fierté d’appartenance et la visibilité des talents expatriés.
La seconde proposition vise à adapter le fonctionnement de la Fédération aux réalités européennes pour éviter un calque strict du modèle national. Cela passerait par une gouvernance plus souple, fondée sur des coordinations régionales, facilitant l’adhésion des nouveaux militants aux horaires professionnels parfois étendus.
Cap sur une démocratie inclusive
Ces suggestions ont été accueillies avec intérêt par la salle, plusieurs intervenants considérant qu’elles pourraient servir de laboratoire pour d’autres organisations civiles. Les commissions thématiques du congrès se sont engagées à étudier rapidement leur faisabilité et à proposer, au besoin, les ajustements réglementaires appropriés.
Fidèle à la devise « Unis, disciplinés, fidèles », Guy Anatole Elenga a clôturé son allocution en appelant à une démocratie inclusive, souveraine et participative. Ses mots ont rencontré un écho favorable, rappelant la place centrale des Congolais de l’étranger dans le projet de développement national.
À la sortie de la plénière, plusieurs congressistes ont loué la vision d’une fédération européenne assoiffée de résultats concrets. Les prochains mois diront comment ces engagements, nourris à Brazzaville, se traduiront sur le terrain, mais le regain d’enthousiasme est déjà palpable parmi les militants.
Nombre d’analystes voient dans ce congrès le signe d’une diplomatie partisane renouvelée, portée par une diaspora proactive.
Dans l’intervalle, la délégation européenne prévoit de revenir à Brazzaville au premier semestre pour présenter un premier rapport d’étape. Cette visite devrait détailler l’état d’avancement des comités régionaux, les statistiques d’adhésion et les résultats obtenus sur le front de la communication numérique et interne.
