Bilan annuel des FAC
Réunis depuis le 17 décembre à Brazzaville, les commandants organiques des Forces armées congolaises, les responsables des zones militaires de défense et les directeurs d’état-major passent au crible douze mois d’opérations, de formation et de logistique, sous la houlette du général de division Guy Blanchard Okoï.
Cette conférence d’évaluation annuelle doit dresser le bilan complet de l’année 2025 et baliser les priorités de 2026, conformément au plan de travail adopté en février, qui liait désormais chaque unité à des objectifs mesurables et à un calendrier précis, rappelait le chef d’état-major.
Pendant deux jours, les échanges se veulent francs : le haut commandement souhaite confronter succès et contre-performances, identifier les goulots d’étranglement administratifs annoncés le 18 septembre par le ministère de la Défense et protéger la dynamique de modernisation lancée ces dernières années.
Un dialogue de commandement renforcé
L’un des volets centraux est le dialogue direct entre le général Okoï et ses grands subordonnés. Deux tours de table sont programmés : le premier avec les chefs organiques, le suivant avec les commandants de zones, afin d’harmoniser lecture stratégique et réalités de terrain.
Selon plusieurs officiers présents, cette méthode incite chacun à assumer ses résultats, sans masquer les difficultés de coordination parfois observées lors d’exercices interarmées ou lors du déploiement d’unités dans les départements frontaliers.
« Une armée qui ne s’évalue pas se condamne à l’immobilisme », a insisté le chef d’état-major, citant la nécessité d’une culture d’auto-évaluation régulière avant d’appliquer toute mesure corrective aux échelons subordonnés.
Objectifs stratégiques pour 2026
Le prochain exercice sera articulé autour de trois axes prioritaires : consolidation du maillage territorial, amélioration du soutien logistique et montée en puissance des capacités de renseignement. Ces piliers doivent permettre aux FAC de répondre plus rapidement aux menaces asymétriques et aux catastrophes naturelles.
Des séances de travail thématiques doivent détailler la programmation budgétaire, la réhabilitation d’infrastructures et l’intégration de nouveaux équipements récemment réceptionnés, dont des moyens de communication tactique et des véhicules de transport polyvalents.
La feuille de route finale devra également prendre en compte les recommandations formulées par le ministère de la Défense concernant la simplification des procédures administratives, jugée indispensable pour réduire les délais d’acheminement du matériel du port de Pointe-Noire vers les régiments de l’intérieur.
Cap sur l’amélioration de la performance
Les discussions portent aussi sur la formation continue. L’état-major veut généraliser le retour d’expérience, instaurer des séances trimestrielles d’entraînement interarmes et encourager la scolarisation d’officiers à l’École supérieure de guerre, afin de renforcer la cohérence doctrinale au plus haut niveau.
Sur le volet moral, des programmes de soutien psychologique aux militaires déployés ainsi qu’à leurs familles sont en élaboration. L’objectif est de limiter l’usure opérationnelle et d’améliorer la réinsertion après mission, point jugé crucial dans les retours de terrain.
Pour certains observateurs, la démarche répond aux attentes de la jeunesse congolaise, majoritaire dans les rangs, qui souhaite voir son engagement reconnu à travers des perspectives de carrière et une meilleure prise en charge sociale.
Un engagement au service de la paix
Le général Okoï a insisté sur la dimension collective : « Nous devons réussir ensemble pour consolider la paix ». En filigrane, les FAC entendent demeurer un acteur clef de la stabilité nationale et de la coopération régionale en matière de sécurité.
Brazzaville prépare d’ailleurs plusieurs exercices conjoints avec des partenaires d’Afrique centrale en 2026. Ces manœuvres doivent valider les nouveaux procédés opérationnels et renforcer l’interopérabilité avec les forces voisines, un atout dans la lutte partagée contre les trafics transfrontaliers.
À l’issue des deux jours de travaux, un rapport synthétique sera remis au ministre de la Défense, puis présenté au chef suprême des armées, le président Denis Sassou Nguesso, afin d’entériner la feuille de route et les moyens budgétaires associés.
Les participants affichent un optimisme prudent : la mise en œuvre dépendra du respect des dotations, mais le consensus semble acquis sur la nécessité d’adapter le dispositif militaire aux défis contemporains, tout en poursuivant la consolidation de la paix prônée par les autorités.
Avec cette conférence, les FAC réaffirment leur engagement à rester un outil moderne, disponible et transparent. Les enseignements tirés en décembre devraient nourrir la prochaine planification, au service d’une armée toujours plus réactive et proche des populations qu’elle protège.
Un volet numérique prend forme : le déploiement progressif d’un système de gestion informatisée des effectifs et des stocks, connecté au réseau gouvernemental très haut débit, devrait fournir aux décideurs des données en temps réel, gage d’une allocation plus efficace des ressources.
Le général Okoï souhaite également amplifier la communication externe afin de valoriser les actions civilo-militaires, notamment le soutien aux populations lors des inondations récurrentes le long du fleuve, convaincu que la proximité avec les communautés renforce la confiance envers l’institution.
Un premier bilan de cette stratégie numérique et de communication sera présenté lors de la prochaine conférence de planification, attendue au premier trimestre 2026.
