BEAC et FCFA : un démenti officiel sur la dévaluation
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a publié un communiqué, dont notre rédaction a obtenu une copie, pour démentir formellement toute perspective de dévaluation du franc CFA dans la sous-région. L’institution dit vouloir répondre à des rumeurs persistantes.
Dans un contexte économique mondial jugé incertain, la BEAC explique que son message vise autant les populations que les opérateurs économiques et les partenaires financiers. L’objectif affiché est de rappeler la continuité du cadre monétaire au sein de la CEMAC.
Stabilité monétaire en CEMAC : les fondamentaux mis en avant
Selon la BEAC, les fondamentaux macroéconomiques de la zone restent globalement maîtrisés. L’institut d’émission met en avant les réformes menées ces dernières années et les programmes de redressement économique conduits par les États membres.
La BEAC souligne que ces efforts, réalisés avec l’appui de partenaires internationaux, ont contribué à renforcer la stabilité monétaire et financière. Elle présente cette dynamique comme un socle essentiel pour la confiance des ménages et des entreprises.
Réserves de change : un point de vigilance, une parité maintenue
L’institution reconnaît que les réserves de change évoluent avec les fluctuations des marchés internationaux. Pour autant, elle indique qu’elles restent à des niveaux jugés compatibles avec le régime de parité fixe du FCFA arrimé à l’euro.
Dans sa communication, la BEAC cherche ainsi à éviter les interprétations hâtives. Elle insiste sur la nécessité de distinguer les tensions conjoncturelles, possibles sur les réserves, d’un changement de politique monétaire, qu’elle dit exclu à ce stade.
Discipline budgétaire : un levier central pour préserver le FCFA
La BEAC rappelle que la discipline budgétaire et la coordination des politiques économiques au sein de la CEMAC constituent des piliers pour préserver la valeur de la monnaie commune. Elle relie la stabilité monétaire à des choix de gestion publique cohérents.
Dans le même esprit, la banque centrale appelle les États à poursuivre l’assainissement des finances publiques. Elle évoque aussi la diversification des économies et la promotion de la production locale pour réduire la dépendance aux importations et aux matières premières.
Pouvoir d’achat : pourquoi le mot “dévaluation” inquiète
La BEAC replace sa prise de parole dans un climat d’inquiétudes sociales. Elle note que l’évocation d’une éventuelle dévaluation réactive des souvenirs douloureux, souvent associés à une baisse du pouvoir d’achat et à la hausse du coût de la vie.
Cette sensibilité explique, selon plusieurs observateurs du secteur financier interrogés, la circulation rapide de rumeurs. La banque centrale, consciente de cet effet, met l’accent sur un message de stabilité et sur la recherche d’apaisement.
Désinformation et communication : la BEAC veut un cadre clair
L’institut d’émission insiste sur la nécessité de combattre la désinformation autour des questions monétaires. Il souligne l’importance d’une communication transparente et régulière, afin de limiter les spéculations et les interprétations erronées.
Pour la BEAC, la clarté de l’information est un enjeu de stabilité à part entière. Elle estime qu’une rumeur mal maîtrisée peut perturber le comportement des ménages, les décisions d’investissement, et la perception du risque par les partenaires financiers.
Sommet extraordinaire de la CEMAC à Brazzaville : le dossier des réserves
Dans le même temps, ce jeudi 22 janvier 2026, les chefs d’État de la CEMAC se réunissent en sommet extraordinaire à Brazzaville. La rencontre doit statuer sur l’érosion des réserves de change au niveau de la BEAC, évoquée comme un sujet majeur.
Selon les éléments cités dans le contexte de ce sommet, cette érosion est estimée à plus de 1 300 milliards de FCFA sur seulement six mois. Elle est présentée comme aggravée par de lourdes échéances de dette extérieure au premier trimestre 2026.
Plusieurs acteurs économiques suivent cette séquence avec attention, notamment à Brazzaville et Pointe-Noire, où les entreprises importatrices, les transporteurs et les commerçants restent sensibles à toute information touchant au taux de change et aux coûts.
Stabilité des prix et système financier : les engagements rappelés
Dans son communiqué, la BEAC affirme rester pleinement engagée dans le maintien de la stabilité des prix, la préservation des réserves de change et la supervision d’un système financier “sain et résilient”. Elle situe ces priorités au cœur de son mandat.
En réaffirmant qu’aucune dévaluation du FCFA n’est à l’ordre du jour en Afrique centrale, la banque centrale veut envoyer un signal de confiance. Le message vise à sécuriser l’investissement et à maintenir la crédibilité du cadre monétaire de la CEMAC.
