Un concept né du Mbongui des jeunes
Deux ans après sa création, le Forum Horizon Initiative et Créativité (FHIC) confirme son retour en 2026 pour une nouvelle campagne de mobilisation des jeunes entrepreneurs congolais.
Avant de prendre le nom FHIC, la plateforme avait vu le jour en 2024 sous l’appellation Mbongui des jeunes, expression empruntée au lieu traditionnel d’échanges où l’on se parle sans détour pour identifier les défis communs.
Trois premières éditions avaient permis d’instaurer des discussions directes entre experts, décideurs locaux et jeunes porteurs d’idées, avec un maître mot : passer de la parole à l’action économique.
Une tournée nationale déjà bien ancrée
De la Likouala à la Lekoumou en passant par la Cuvette, le Niari et Pointe-Noire, le forum a multiplié les escales terrain entre 2024 et 2025.
Partout, les ateliers pratiques ont mis en avant les ressources locales – bois, cacao, pêche, services numériques – pour démontrer que chaque territoire dispose d’un potentiel capable de générer de la valeur et des emplois.
Objectif 2026 : cap sur tous les départements
La prochaine édition conservera le principe d’une caravane itinérante qui séjourne quelques jours dans chaque chef-lieu afin d’organiser conférences, sessions de mentoring et concours de pitch.
Selon le comité d’organisation, le calendrier précis sera publié au premier trimestre 2026, mais l’ambition est claire : couvrir les zones nord, centre et sud pour toucher au moins 10 000 jeunes, y compris ceux éloignés des grands centres urbains.
Entreprenariat juvénile, priorité présidentielle
La démarche s’inscrit dans la Stratégie nationale de promotion de l’entreprenariat des jeunes, soutenue par le chef de l’État, qui mise sur la création de micro-entreprises pour diversifier l’économie et réduire le chômage.
« Le président a rappelé que chaque jeune Congolais peut devenir acteur du développement s’il bénéficie d’un environnement propice », rappelle Aline France Etokabeka, citant les récentes annonces gouvernementales sur les incubateurs départementaux.
Aline France Etokabeka, une voix engagée
Animatrice radio et entrepreneure sociale, la présidente du FHIC met son capital médiatique au service de l’initiative.
Elle affirme vouloir « sortir des studios pour aller au contact des réalités » et accompagner les pouvoirs publics dans la sensibilisation aux métiers d’avenir, de l’agro-transformation au e-commerce.
Son équipe, composée de formateurs, comptables et juristes bénévoles, fournit un suivi post-événement afin d’aider les lauréats à formaliser leurs statuts, négocier un crédit ou accéder aux dispositifs nationaux de garantie.
Impact sur le terrain et témoignages
À Impfondo, Christ-Junior, 24 ans, a lancé une petite unité de briques en terre stabilisée après avoir remporté le prix innovation 2025 du FHIC.
« Le forum m’a montré que je n’avais pas besoin d’attendre un emploi salarié », confie-t-il, soulignant l’importance du réseau d’anciens participants qui partagent clients et conseils.
Le comité recense déjà 150 micro-entreprises créées ou relancées, principalement dans l’agro-alimentaire, la couture, les services numériques et la transformation du bois.
Perspectives de partenariat public-privé
Pour 2026, le FHIC veut consolider des accords avec les banques locales afin de proposer des lignes de crédit préférentielles aux meilleurs projets identifiés durant la tournée.
Des discussions sont également ouvertes avec la Banque mondiale et l’Agence de développement des PME pour étoffer les formations en gestion, finance et marketing digital.
Le ministère des Petites et Moyennes Entreprises envisage de mutualiser sa plateforme e-subvention avec la base de données des lauréats afin d’accélérer les décaissements.
Calendrier et attentes des jeunes
En attendant le top départ, les anciens participants organisent eux-mêmes des clubs locaux pour préparer leurs communautés à accueillir la caravane et identifier en amont les besoins spécifiques.
Tout indique que 2026 pourrait constituer un tournant pour l’entreprenariat juvénile si la dynamique enclenchée trouve un écho dans l’accompagnement financier et administratif durable.
Les organisateurs veulent aussi renforcer la composante écologique, encourageant les projets qui valorisent les déchets ou favorisent les énergies renouvelables, un créneau porteur pour une jeunesse soucieuse du climat.
