Brazzaville recevra les 13 et 14 novembre le premier sommet Force 36 et le premier Gala de la RSE d’Afrique centrale. Derrière cette initiative citoyenne, un message adressé aux entreprises : se préparer à la Zlécaf en misant sur la qualité et la responsabilité.
Brazzaville, hôte du sommet Force 36 et du Gala RSE
Les 13 et 14 novembre, la capitale congolaise accueillera la première édition du sommet Force 36. Elle se tiendra en parallèle du premier Gala de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) d’Afrique centrale.
L’annonce officielle a été faite le 13 octobre, au cours d’une conférence de presse organisée à Brazzaville. L’événement est né à l’initiative de la société civile, mais il est organisé en partenariat avec le secteur privé et les pouvoirs publics.
Le portage est assuré par la Fédération des Organisations pour la résilience et le changement émergent, la coordination revenant à l’association Communautés et peuples solidaires. Plus de cinquante organisations de la société civile se sont rassemblées autour d’une ambition : renforcer les synergies entre acteurs pour favoriser des actions durables.
Une feuille de route décennale à l’horizon 2036
Les promoteurs affichent un objectif clair. Il s’agit de sortir des micro-actions isolées et des initiatives dispersées pour bâtir une démarche collective, cohérente et structurée, capable de produire des résultats concrets à l’échelle macro-régionale.
Cette stratégie doit prendre la forme d’une feuille de route décennale, couvrant la période qui mène à 2036. Elle vise à donner une orientation commune aux engagements des organisations participantes et à inscrire leurs actions dans le long terme.
Quatre chantiers structurent le programme. Le premier concerne la souveraineté alimentaire et la transformation locale, avec le renforcement des chaînes de valeur agricoles. Le deuxième porte sur la transition énergétique, à travers le déploiement du biogaz et d’énergies propres.
Le troisième axe mise sur le développement de l’économie bleue, par la valorisation du Bassin du fleuve Congo. Le dernier cible le capital humain, avec la formation de la jeunesse et l’entrepreneuriat vert.
Zlécaf : les entreprises congolaises face au défi de la compétitivité
Le volet économique occupe une place à part. La rencontre entend préparer les acteurs économiques de la région aux défis de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf), un marché ouvert auquel les entreprises locales devront s’adapter.
Regis Mike Mvila, fondateur et gérant du cabinet Conseil éthique et performances, a posé le diagnostic. Pour lui, l’intégration régionale impose une montée en exigence sur la qualité des produits et services régionaux, condition pour préserver la compétitivité des entreprises locales.
Le consultant insiste d’abord sur ce qui rapproche les pays de la sous-région. « En Afrique centrale, nous avons les mêmes cultures. Nous avons des problématiques communes dans tous les domaines », a-t-il expliqué, disant vouloir « commencer à trouver des solutions aux problèmes que nous rencontrons ».
Son avertissement est sans détour : « Si on ne s’adapte pas, nous serons engloutis avec l’arrivée de la Zlécaf. » D’où, selon lui, l’utilité du sommet, censé permettre aux entreprises de « réunir les conditions nécessaires » pour affronter ce changement.
« Si nous voulons être compétitifs, nous devrons travailler pour l’excellence de nos produits et services », a-t-il ajouté, en précisant que la RSE figurera parmi les aspects abordés lors du sommet.
Unicongo plaide pour une performance responsable
Le patronat a aussi pris la parole devant la presse. Représentée par son chargé de projet, Murphy Pandzou, l’organisation patronale Unicongo a souligné la nécessité pour le secteur privé de concilier performance économique et engagements sociétaux.
Ce message rejoint l’esprit du Gala de la RSE. Celui-ci doit mettre en avant la contribution du secteur privé aux enjeux de développement et de responsabilité sociétale en Afrique centrale.
Le gala s’inscrit également dans une volonté de renforcer les passerelles entre les entreprises, les organisations de la société civile et les pouvoirs publics, afin d’élargir la mobilisation autour des priorités de développement de la sous-région.
Un espace de dialogue entre entreprises, bailleurs et institutions
Concrètement, le sommet se veut une plateforme d’échange directe. Entreprises, société civile, bailleurs de fonds et institutions publiques y seront réunis, avec l’objectif affiché de créer un cadre d’action collective et d’impact macro-régional.
Pour les entreprises congolaises, le rendez-vous de novembre offre donc un lieu pour débattre de deux exigences mises en avant par les intervenants : la qualité qu’impose l’intégration régionale et la conciliation entre performance et engagements sociétaux défendue par Unicongo.
Les inscriptions et demandes de renseignements se font par courriel auprès de la fédération organisatrice.
