Un lot d’engins flambant neuf
Sous un soleil encore timide, la préfecture de Pointe-Noire a reçu un impressionnant convoi : camions, finisseurs, compacteurs et pelles dédiés à l’entretien des routes. Les clés ont été remises par le ministre de l’Assainissement urbain, du Développement local et de l’Entretien routier, Juste Désiré Mondélé.
Au nom du Premier ministre Anatole Collinet Makosso, le membre du gouvernement a qualifié cette dotation d’outil stratégique. « Elle soutient la dynamique de modernisation déjà engagée et améliore durablement le cadre de vie », a-t-il précisé devant des élus locaux, techniciens des travaux publics et représentants des quartiers.
Un message de gestion responsable
Le ministre a insisté : les engins ne devront en aucun cas dormir dans les parkings, être loués à des opérateurs privés ou servir de décoration lors des cérémonies. « Ils doivent rouler, goudronner, combler les nids-de-poule et curer les caniveaux, rien d’autre », a-t-il martelé.
Pour garantir cette discipline, une cellule de suivi mixte – mairie, préfecture et services étatiques – sera mise sur pied. Elle établira un planning d’intervention, vérifiera les carnets d’entretien et publiera des comptes rendus mensuels afin que la population puisse mesurer l’avancement des chantiers.
Pointe-Noire au cœur de la stratégie logistique
Ville portuaire, Pointe-Noire irrigue la sous-région d’entrées maritimes. Le ministre a rappelé que le port en eau profonde constitue l’une des portes d’accès majeures de la côte ouest-africaine. Les routes d’approche doivent donc être fiables pour soutenir les échanges commerciaux croissants.
Les corridors vers l’Angola, le Gabon et le Cameroun demeurent prioritaires. Des chaussées régulières et bien drainées raccourcissent les temps de transit, réduisent les coûts logistiques et rassurent les investisseurs. Les engins remis doivent contribuer à cette compétitivité régionale, a-t-il souligné.
M. Mondélé a évoqué le discours du président Denis Sassou N’Guesso devant le Parlement, fin novembre. Le chef de l’État avait exhorté chaque institution à faire renaître « Pointe-Noire-la-Belle ». Le matériel d’assainissement, selon le ministre, matérialise cette ambition collective.
Une coopération nippo-congolaise qui porte
La livraison découle d’un accord de coopération technique conclu en 2022 entre le ministre de la Coopération internationale Denis Christel Sassou Nguesso et l’ambassadeur du Japon au Congo. Tokyo, dans le cadre de la Ticad, soutient les programmes africains d’infrastructures résilientes.
Les engins proviennent de constructeurs japonais réputés pour la longévité de leurs équipements en climat tropical. Des formateurs nippons accompagneront, durant six mois, les mécaniciens congolais afin d’assurer une maintenance préventive et éviter les longues immobilisations constatées par le passé.
Cette collaboration illustre la volonté de Brazzaville de diversifier ses partenaires, tout en privilégiant des technologies éprouvées. Le transfert de compétences figure parmi les clauses essentielles du protocole, de manière à pérenniser l’investissement public.
Citoyens, entreprises et mairie mobilisés
Le préfet Pierre Cébert Iboko-Onanga a salué la dotation et promis d’en faire « un levier d’inclusion ». Les associations de quartier seront consultées pour signaler les urgences : ruelles inondées, caniveaux bouchés ou carrefours dangereux pour les motocyclistes.
Du côté des entreprises, la Chambre de commerce locale anticipe déjà une baisse des frais de maintenance de flotte grâce à des chaussées plus lisses. Plusieurs transporteurs affirment qu’ils pourront planifier davantage de rotations hebdomadaires une fois les principaux axes réhabilités.
La mairie, pour sa part, lance une campagne de sensibilisation baptisée « Protège ta route ! ». Affiches, spots radio et réseaux sociaux rappelleront les bons gestes : ne pas jeter de déchets dans les caniveaux, signaler les fuites d’eau et respecter les déviations temporaires lors des travaux.
Perspectives pour l’assainissement urbain
Les experts en aménagement estiment qu’un entretien régulier coûte quatre à six fois moins cher qu’une réfection complète. L’arrivée des nouveaux engins devrait donc générer des économies à moyen terme pour le budget municipal, tout en prolongeant la durée de vie de l’enrobé.
À plus long terme, l’exécutif réfléchit à étendre cette approche à Brazzaville, Dolisie et Owando. Si la phase pilote de Pointe-Noire se révèle concluante, un mécanisme national de mutualisation des engins pourrait voir le jour, avec un système de géolocalisation pour optimiser les tournées.
