Mise en service officielle à Djiri
Sous les applaudissements, la Congolaise des Eaux a enclenché le 16 décembre les pompes de la nouvelle station d’eau potable de Nkombo, dans le 9ᵉ arrondissement Djiri. La cérémonie a réuni le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Émile Ouosso, et plusieurs membres du gouvernement.
Entouré des cadres de la LCDE et du ministre de la Justice, Aimé Ange Wilfrid Bininga, le patron du secteur hydraulique a coupé le ruban tricolore, acte symbolique marquant la disponibilité d’une infrastructure censée tourner vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour desservir les quartiers voisins.
Objectif: sécuriser l’alimentation en eau
Émile Ouosso a rappelé que l’accès universel à l’eau potable figure parmi les priorités définies par le président Denis Sassou Nguesso pour améliorer la qualité de vie et soutenir le développement urbain, invitant les habitants à protéger l’équipement et à payer régulièrement leurs factures.
Selon le directeur général de la LCDE, Parfait Chrisostome Makita, la SEP de Nkombo va réduire significativement les coupures récurrentes dénoncées ces derniers mois à Djiri. « Nous franchissons une étape clé du programme de renforcement du réseau, lancé en concertation avec les mairies », a-t-il déclaré.
Caractéristiques techniques de la SEP
Au cœur du projet, un forage de 146 mètres de profondeur, réalisé en 17 pouces, alimente une pompe immergée débitant 25 m³ par heure. L’eau remonte ensuite vers deux réservoirs tampons de 20 m³ chacun, où elle est filtrée puis orientée vers le circuit de traitement chimique.
Des bacs de préparation de 1 000 litres, équipés d’électro-agitateurs et de pompes doseuses, assurent la correction du pH et la désinfection. L’ensemble est commandé par un automate logé dans une armoire protégée par un régulateur de tension de 70 KVA, secondé d’un groupe électrogène de secours.
Côté distribution, cinq vannes stratégiquement positionnées permettent d’isoler la zone pour faciliter les travaux de maintenance sans pénaliser l’ensemble de Djiri. Une conduite dédiée remplit également les camions-citernes destinés aux interventions ponctuelles dans les poches urbaines encore non raccordées.
Les premiers essais, menés durant deux semaines, se sont révélés concluants, avec une turbidité inférieure à 1 NTU et une teneur en chlore résiduel conforme aux normes de l’Organisation mondiale de la santé, précise le laboratoire interne de la LCDE.
Impact direct sur les populations
Pour plus de 5 000 ménages, l’arrivée d’un service régulier représente un changement concret. À la borne-fontaine du marché de Nkombo, Nadège, vendeuse de légumes, confie qu’elle passait « trois heures au puits chaque matin ». Désormais, elle compte ouvrir plus tôt son étal.
Les associations de quartier apprécient aussi la réduction attendue des maladies hydriques. Le docteur Irène Mafoua, médecin chef du centre de santé intégré de Ngamakosso, anticipe « une baisse progressive des cas de diarrhée, notamment chez les enfants de moins de cinq ans ».
Une stratégie nationale en marche
La SEP de Nkombo s’inscrit dans un plan d’expansion prévoyant l’ouverture imminente des stations de Mfilou, Talangaï et Mpissa, toujours à Brazzaville. Au premier trimestre, Dolisie recevra la sienne, avant l’activation de Tié-Tié, Km4 et Ngoyo à Pointe-Noire.
Cette stratégie, appuyée par un financement croisé entre l’État, la Banque de développement des États de l’Afrique centrale et la propre trésorerie de la LCDE, ambitionne de porter le taux de couverture nationale à 85 % d’ici 2025, contre 70 % aujourd’hui.
Sur le plan économique, la société estime que la station générera environ 15 emplois directs et une vingtaine d’emplois indirects chez les sous-traitants locaux. Les artisans plombiers préparent déjà des kits de branchement pour répondre à l’afflux de demandes d’abonnements familiaux.
Les autorités municipales songent à intégrer la fourniture continue d’eau dans le calcul des futurs permis de construire afin d’encourager l’urbanisation maîtrisée. Une table ronde réunissant la préfecture, la mairie et la LCDE est programmée en janvier pour harmoniser les procédures.
Innovation et maintenance proactive
Pour garantir la longévité du système, la LCDE annonce des tournées mensuelles de sensibilisation sur les branchements clandestins et le gaspillage. Un numéro vert sera opérationnel dès février afin de signaler toute fuite ou acte de vandalisme sur les ouvrages.
À Djiri, les robinets refoulent déjà une eau claire que les habitants espéraient depuis des années. « L’or bleu arrive, à nous d’en faire bon usage », résume un notable du quartier, convaincu que le débit de la station de Nkombo coulera durablement.
La station est par ailleurs dotée de capteurs connectés transmettant en temps réel les données de pression et de débit au centre de supervision de la LCDE. Un logiciel développé par de jeunes ingénieurs congolais déclenche aussitôt des alertes en cas d’anomalie.
Ce dispositif, testé d’abord sur la station pilote d’Ignié, a permis de réduire le temps moyen d’intervention de 48 heures à moins de 12 heures. Il sera progressivement installé sur l’ensemble du parc pour renforcer la fiabilité des services et la satisfaction des abonnés.
À plus long terme, la Congolaise des Eaux explore la possibilité d’intégrer des énergies renouvelables pour abaisser les coûts d’exploitation. Des discussions sont en cours avec l’Agence congolaise de l’électrification rurale pour adjoindre un champ solaire de 100 kW à la future station de Ngoyo.
