Pointe-Noire face à la crise de salubrité
Les habitants de Pointe-Noire ont vu, ces dernières semaines, les tas d’ordures envahir trottoirs et carrefours, conséquence de l’arrêt brutal des sociétés Averda et de l’absence prolongée d’Albayrak. La capitale économique frôlait une crise de salubrité sans précédent.
Alertée par les doléances transmises aux autorités locales, la Direction générale des Finances et de l’Équipement de la Police et de la Gendarmerie, conduite par le colonel-major Michel Innocent Peya, a décidé de mobiliser son Unité d’assainissement pour une opération éclair.
Déploiement express de la DGFE
Véhicules de collecte, chargeurs frontaux et équipes en combinaison ont investi la ville avant l’aube. En moins de trois heures, plusieurs points noirs des arrondissements Tié-Tié et Mvou-Mvou étaient déjà dégagés, sous le regard soulagé des riverains.
Le marché de la Liberté, longtemps méconnaissable sous les ordures, a bénéficié d’un traitement prioritaire. Une fois les déchets chargés, les techniciens ont nettoyé les caniveaux afin de rétablir l’écoulement des eaux pluviales et d’éviter les flaques insalubres.
Un marché emblématique revit
Touchés par la rapidité de l’action, commerçants et riverains ont spontanément offert des bouteilles d’eau aux agents, symbole d’une coopération retrouvée entre la force publique et la population, conformément à l’appel du président Denis Sassou Nguesso à renforcer ce lien.
Pour l’opération, la DGFE a déployé une chaîne logistique digne d’un chantier militaire : engins lourds, ateliers mobiles, stock de carburant et personnel médical d’appui, illustrant la polyvalence d’un service souvent perçu comme purement administratif.
Propreté rime avec santé publique
Selon un officier mécanicien rencontré sur place, « le même dispositif peut être répété dans n’importe quel arrondissement en moins de vingt-quatre heures ». Une capacité de réaction jugée cruciale par les autorités municipales pour éviter un retour des dépotoirs sauvages.
Au-delà de la propreté visuelle, l’enjeu sanitaire reste majeur. Le service d’hygiène de Pointe-Noire rappelle que les eaux stagnantes combinées aux détritus favorisent choléra, typhoïde et paludisme, risques accentués en pleine saison des pluies.
En retirant les foyers d’immondices, la DGFE réduit les gîtes larvaires de moustiques et les vecteurs de maladies hydriques. La mesure est aussi préventive pour les réseaux d’évacuation, souvent obstrués par les plastiques et responsables d’inondations éclair.
Sauver les réseaux électriques
À Ngoyo, l’unité est intervenue près des pylônes de la ligne haute tension Pointe-Noire-Brazzaville, où des habitants brûlaient les dépôts faute de ramassage. Chaque incendie menaçait de provoquer une coupure générale et d’endommager des infrastructures stratégiques.
Le retrait sécurisé des déchets a donc un impact direct sur la continuité électrique, la production industrielle et la vie quotidienne des ménages. Cette dimension souvent ignorée témoigne de l’approche intégrée doucement mise en place par la DGFE.
Un engagement porté au sommet de l’État
Lors d’une brève visite de terrain, la maire de Tié-Tié a remercié le chef de l’État, le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou et le colonel-major Peya pour ce « souffle nouveau » donné au service public local.
La démarche s’inscrit dans la politique de modernisation des services portée par le président Denis Sassou Nguesso, pour qui la proximité entre forces de sécurité et citoyens reste un pilier de stabilité et de développement durable.
Une unité environnementale polyvalente
Créée par décret le 21 février 2025, l’Unité d’assainissement et de protection de l’environnement de la DGFE a d’abord nettoyé les casernes avant d’élargir son champ d’action aux zones urbaines, à la demande expresse des quartiers.
« Nous ne remplaçons pas les sociétés de nettoyage, nous venons en renfort », précise le chef d’unité. Les discussions se poursuivent avec les opérateurs privés pour garantir, à terme, une reprise régulière du ramassage et une meilleure valorisation des déchets.
Vers une économie circulaire locale
Le service municipal de l’environnement étudie déjà, avec la DGFE, la mise en place de points de tri pilote afin de transformer une partie des déchets plastiques en pavés ou en combustibles alternatifs, créant ainsi de nouvelles filières d’emplois verts.
Mobilisation citoyenne et perspectives
Sur les réseaux sociaux, photos et vidéos de rues nettoyées accumulent les partages. De nombreux internautes saluent une « preuve d’efficacité » et appellent à maintenir la vigilance citoyenne, rappelant que la lutte contre les dépotoirs commence par le respect des horaires de collecte.
Les équipes de la DGFE, quant à elles, poursuivent leur tournée dans l’arrondissement Lumumba avant de planifier un retour à Brazzaville où d’autres points critiques ont été signalés. La mobilisation reste entière jusqu’à la mise en place d’un dispositif pérenne.
À travers cette opération, la police congolaise montre qu’assurer la sécurité, c’est aussi protéger l’environnement et la santé. Une équation vertueuse qui gagne la confiance des habitants, consolide la réputation de la ville et prépare Pointe-Noire à accueillir sereinement les prochaines saisons des pluies.
