La rédaction de l’Agence congolaise d’information (ACI) se prépare à une semaine de travail peu ordinaire. Du 26 au 30 octobre, à Brazzaville, ses journalistes suivront une formation consacrée à la vérification de l’information en ligne, organisée par Cfi, l’Agence française de développement des médias.
Cinq jours pour apprendre à vérifier l’information en ligne
L’annonce figure dans une dépêche de l’ACI datée du 12 octobre. L’objectif affiché est simple : renforcer les compétences des agenciers face à la désinformation et aux fake news qui circulent sur Internet.
Concrètement, la session doit leur fournir des outils et des connaissances pour repérer les informations issues de sources douteuses, puis savoir comment les traiter. Le programme ne s’arrête donc pas au constat : il porte aussi sur la conduite à tenir face à un contenu suspect.
Les journalistes seront également sensibilisés aux différentes formes que peut prendre une fausse information, ainsi qu’aux motivations qui poussent certains acteurs à en produire. Comprendre pourquoi une rumeur est fabriquée fait partie intégrante du travail de vérification.
Réseaux sociaux, images et faux profils au cœur du programme
Le volet technique occupe une place centrale. Cfi entend expliquer aux agenciers le fonctionnement des réseaux sociaux et les initier à l’authentification des images.
Les participants auront à analyser et à vérifier plusieurs types de contenus en ligne : des images, des publications tirées des réseaux sociaux, des déclarations publiques, mais aussi des profils, des pages et des sites Internet.
Trois thématiques sont mises en avant : « Les motivations à l’origine de la désinformation », « L’analyse de faux profils et de faux médias » et « Les techniques de recherche en sources ouvertes (Osint) ».
L’Osint, la boîte à outils du journaliste vérificateur
Derrière l’acronyme Osint se cache la recherche en sources ouvertes, autrement dit l’exploitation d’informations accessibles au public. Sa présence au programme confirme l’orientation résolument pratique de la session.
L’analyse de faux profils et de faux médias complète ce dispositif. Elle concerne des comptes ou des titres qui se donnent l’apparence de la crédibilité, une difficulté à laquelle toute rédaction travaillant à partir du web peut se heurter.
Études de cas et mises en situation
La méthode retenue privilégie la pratique. Le programme prévoit des études de cas, des exercices individuels et collectifs, ainsi que des mises en situation adaptées aux réalités professionnelles d’une agence de presse.
Ce dernier point n’est pas anodin. Le métier d’agencier a ses propres contraintes, et la formation est annoncée comme ajustée à ce cadre plutôt que comme un module générique, identique pour tous les types de médias.
Une étape du projet InfoLisango, cofinancé par l’UE
Cette session ne surgit pas isolément. Elle intervient après une formation destinée aux journalistes des médias audiovisuels. Elle s’inscrit dans la mise en œuvre du projet « InfoLisango », cofinancé par l’Union européenne.
La dépêche de l’ACI ne précise ni le nombre de participants attendus ni le lieu exact de la formation dans la capitale. Ces éléments restent à confirmer.
Ce que la formation peut changer pour l’information au Congo
Pour les lecteurs, l’enjeu est concret. Mieux armer les rédacteurs d’une agence d’information contre les contenus trompeurs, c’est en principe réduire le risque de voir une fausse nouvelle reprise sans contrôle.
Reste à voir comment ces acquis seront mobilisés au quotidien. Le rendez-vous est fixé du 26 au 30 octobre à Brazzaville : cinq jours pour passer de la compréhension de la désinformation aux réflexes de vérification.
