AS Otoho renverse Belouizdad et ravive l’espoir
Portée par un stade Alphonse-Massamba-Débat quasi plein, l’Association sportive Otoho a infligé un cinglant 4-1 au Chabab Riadhi Belouizdad lors de la deuxième journée du groupe C de la Coupe de la Confédération TotalEnergies 2025-2026, vendredi soir à Brazzaville.
Le club d’Oyo, privé de championnat national depuis plusieurs mois, a pourtant trouvé les ressources techniques et mentales pour étouffer le champion d’Algérie, signant sa plus large victoire continentale depuis sa première apparition sur la scène africaine en 2018.
Ce succès relance complètement les Diables noirs du Nord, battus 1-0 à Polokwane par Stellenbosch lors de la journée inaugurale, et leur permet de rester au contact des Tanzaniens de Singida Black Stars, leaders provisoires du groupe après deux sorties.
Un match spectaculaire devant le public brazzavillois
Dès la 11e minute, le latéral Jacques Ndéckét Bowamba reprenait d’un plat du pied un centre venu de la droite et ouvrait la marque sous les vivats, déclenchant une vague d’optimisme sur les travées fraîchement rénovées du mythique stade municipal.
Belouizdad tentait alors de recoller, mais la vitesse de transition des Congolais faisait mouche à la 25e minute, lorsque le Malien Bandiougou Diallo profitait d’un ballon mal dégagé pour doubler la mise et assommer un peu plus le bloc algérien.
À peine trois minutes plus tard, l’attaquant Gossim Elenga, formé à Mossaka, s’échappait côté gauche, crochetant le gardien avant de pousser le cuir dans le but vide, offrant à Otoho un avantage confortable qui allait galvaniser encore davantage les supporters.
Les buteurs congolais en pleine confiance
Le quatrième but, inscrit à la 64e minute par le défenseur Rosney Obembi sur un corner travaillé à l’entraînement, a scellé le sort de la rencontre en confirmant la supériorité aérienne des locaux face à une défense algérienne surprise par la variété des combinaisons.
Malgré le score, Obembi célébrait avec retenue, rappelant que rien n’est acquis et qu’il faudra confirmer à l’extérieur, enchaînant avec un message de gratitude à la Fédération congolaise qui a permis à l’équipe de disputer ses matchs à Brazzaville dans d’excellentes conditions logistiques.
Ainsi parlent les entraîneurs
En conférence de presse, le technicien ivoirien Sékou Seck s’est montré satisfait mais lucide, saluant une prestation « de solidarité nationale » tout en regrettant l’absence de compétition domestique qui prive ses joueurs de rythme, appelant de nouveau à la reprise du championnat d’élite.
Son homologue algérien, visiblement contrarié, reconnaissait sans détour la supériorité d’Otoho et évoquait un manque criant d’intensité : « J’aurais changé toute mon équipe si le règlement l’avait permis », confiait-il, promettant cependant une réaction lors de la troisième journée.
Classement et scénarios de qualification
Grâce à ce large succès, les Congolais comptent désormais trois points et une différence de buts positive de +2, juste derrière Singida Black Stars, victorieux de Stellenbosch 2-0 à Zanzibar, tandis que Belouizdad ferme la marche avec zéro point et un goal-average défavorable.
La prochaine étape mènera Otoho à Dodoma, où les Singida Black Stars reçoivent temporairement, le 25 janvier 2026, pour un duel qui pourrait déjà dessiner les contours de la qualification, avant un dangereux déplacement en Afrique du Sud début février.
Dans ce format, seuls les deux premiers rejoindront les quarts de finale, et chaque but marqué peut s’avérer décisif. La performance offensive de Brazzaville apporte donc un capital confiance non négligeable, même si le staff refuse, prudemment, de parler d’avantage psychologique.
Un succès qui dépasse la pelouse
Au-delà du résultat, la soirée a offert une rare communion entre supporters, autorités locales et sponsors privés, tous réunis autour du même maillot vert et jaune. Plusieurs ministres, dont celui des Sports Hugues Ngouélondélé, ont tenu à féliciter le groupe dans les vestiaires.
Pour les jeunes footballeurs brazzavillois massés derrière les grillages, cette démonstration constitue une source d’inspiration. « Je rêve de porter un jour ces couleurs », glissait Fabrice, 14 ans, élève au lycée Chaminade, à la sortie du stade, un sourire déjà tourné vers l’avenir.
Les retombées économiques ne sont pas en reste : hôteliers, taximen et vendeurs ambulants saluent un regain d’activité autour des rencontres africaines. Selon la mairie, chaque match international génère plusieurs centaines d’emplois temporaires et dynamise le commerce de proximité.
En capitalisant sur cette dynamique positive, les dirigeants d’AS Otoho espèrent attirer de nouveaux partenaires et renforcer leur centre de formation à Owando. Le club compte ainsi jouer un rôle moteur dans le développement du football congolais, au service de l’unité nationale.
Sur le plan technique, le staff médical se réjouit également du retour progressif de plusieurs cadres blessés, dont le milieu Wilfrid Mavoungou. Son apport pourrait offrir de nouvelles options tactiques, notamment dans la conservation de balle lors des déplacements à haute altitude.
La Confédération africaine a d’ailleurs salué l’organisation sans faille de la rencontre, citant Brazzaville comme exemple de coopération entre services de sécurité, commission médicale et autorités municipales, un gage de crédibilité pour de futurs événements sportifs continentaux au Congo.
