Brazzaville se met à l’heure du 6e congrès du PCT
À Brazzaville, le vaste site verdoyant des Jardins de Ben’tsi prend des allures de ruche. Le Parti congolais du travail y tient, du 27 au 30 décembre 2025, son sixième congrès ordinaire, rendez-vous capital pour sa base militante.
Depuis la conférence de presse du porte-parole Parfait Romuald Iloki, le 24 décembre, l’effervescence monte. Banderoles rouges, logistique serrée et équipes d’accueil donnent le ton d’un événement pensé pour fédérer cadres, militants et sympathisants venus de tout le pays.
Le thème choisi souligne l’esprit de rassemblement : « Dans l’unité, la cohésion et la discipline, en avant pour la consolidation de la paix, de l’unité nationale et de la démocratie ». Un mot d’ordre qui insiste sur la stabilité.
Trois mille délégués attendus aux Jardins de Ben’tsi
Selon le comité d’organisation, 3 000 congressistes franchiront les portails de Mpila. Ils rassemblent 1 340 délégués fédéraux, 1 158 membres de droit issus des instances nationales, et 502 invités.
Ce panel correspond à 0,3 % des quelque un million d’adhérents revendiqués par le PCT. « Nous sommes prêts », a assuré Parfait Romuald Iloki, confiant dans une participation record. La plupart des délégations se trouvaient déjà dans la capitale dès le 25 décembre.
Trois objectifs majeurs au menu
Au-delà d’une célébration, le congrès vise trois priorités statutaires. Primo, respecter le rythme quinquennal d’évaluation. Secundo, désigner le candidat du parti à la présidentielle de mars 2026. Tertio, renouveler et dynamiser les organes dirigeants pour les cinq prochaines années.
« Nous tiendrons les délais sans déroger à la transparence », a insisté le porte-parole. Le vote interne sur la candidature présidentielle devrait être l’un des temps forts. Les détails de procédure restent confidentiels, mais plusieurs commissions planchent déjà sur un calendrier millimétré.
Un parti fort de son ancrage national
Le PCT arrive à ce rendez-vous auréolé de ses succès électoraux récents : 112 députés sur 151 en 2022, 59 sénateurs sur 72 en 2023 et 652 conseillers locaux sur 1 154. Des chiffres que la direction présente comme un plébiscite.
L’adhésion à l’Internationale socialiste, intervenue cette année, renforce le poids diplomatique de la formation créée en 1969. Pour le politologue Dieudonné Massamba, « cette inscription dans une famille politique mondiale crédibilise davantage le discours de paix et de développement du parti ».
L’enjeu de la présidentielle de 2026
À trois mois du scrutin présidentiel, la désignation du candidat du PCT concentre les attentions. Beaucoup s’attendent à une confirmation de la ligne de continuité. Cependant, les congressistes devront formaliser ce choix dans l’urne, un rite interne très encadré.
Les observateurs notent que l’annonce, prévue lors de la séance plénière du 29 décembre, donnera le tempo de la future campagne. Entretenir suspense et discipline est devenu un art maîtrisé par les stratèges du parti.
Calendrier et logistique sous contrôle
Le programme prévoit l’ouverture solennelle samedi matin, suivie d’ateliers thématiques sur l’économie, la jeunesse et la transition numérique. Chaque atelier produira des recommandations soumises au vote final. Les Jardins de Ben’tsi ont été compartimentés pour accueillir simultanément ces travaux sans interférence.
Côté hébergement, plus de 1 500 lits ont été réservés dans les hôtels de Brazzaville. Les autres délégués logent dans des familles militantes. Un dispositif sanitaire, piloté par le ministère de la Santé, assure tests rapides et suivi médical préventif.
Regards tournés vers le renouvellement des instances
Le suspense entoure la composition des nouveaux organes : Comité central, Bureau politique, Commission de contrôle et d’évaluation. Les listes ne seront divulguées qu’à la clôture du 30 décembre. L’objectif annoncé est de combiner expérience et émergence de jeunes cadres.
Plusieurs fédérations plaident pour une représentation accrue des femmes et des Congolais de la diaspora. « Le parti veut refléter la sociologie actuelle du pays », souffle une militante de Pointe-Noire arrivée en bus de nuit avec sa délégation.
Présence internationale et coopérations renforcées
Une trentaine de délégations étrangères sont attendues, venues d’Afrique centrale, d’Europe et d’Asie. Le dimanche soir, un dîner officiel scellera ces rencontres. Les discussions devraient porter sur le partage d’expériences en matière de gouvernance et de planification économique.
Pour le chercheur Lucien Tchicaya, « l’accueil d’alliés internationaux illustre l’ouverture prônée par le PCT et consolide l’image d’un acteur politique en phase avec les défis globaux ». Les diplomates, eux, voient également l’occasion de renforcer les liens bilatéraux.
Ambitions pour la paix et le développement
Tout au long des interventions préparées, la direction insistera sur la consolidation de la paix et de l’unité nationale. Les motions finales devraient réaffirmer l’engagement du parti en faveur des réformes économiques et de l’accélération du Plan national de développement.
Les jeunes congolais, notamment, attendent des réponses concrètes sur l’emploi, l’entrepreneuriat et le pouvoir d’achat. Les représentants de la société civile invités aux ateliers veilleront à ce que leurs préoccupations soient intégrées dans les résolutions pour l’horizon 2026-2031.
Ce qu’attendent militants et observateurs
À Mpila, l’atmosphère se veut studieuse mais sous forte attente. Les militants espèrent des orientations claires, tandis que les observateurs scruteront la capacité du parti à renouveler ses cadres sans fracturer son unité. Le 6e congrès s’annonce décisif pour l’avenir politique immédiat.
