La magie de Noël prolonge son écho à Tié-Tié
Dans la salle animée de la Maison des jeunes de la paroisse Saint-Jean Bosco, le 29 décembre a sonné comme un rappel festif pour les enfants de Pointe-Noire. Le Cercle culturel pour enfants (CCE) y a lancé la deuxième édition du concours « Chantons Noël », baptisée Prix Lionel-Sanz.
Bien après la veillée de la Nativité, l’événement a réuni des voix juvéniles issues de trois structures du Réseau des intervenants sur le phénomène des enfants en rupture (Reiper). Foyer Père Anton, orphelinat Le Cœur de Paola et Samu Social ont répondu présent, ravivant l’esprit de Noël au-delà du calendrier.
« Cette journée vise à prolonger la chaleur des fêtes pour ceux qui ne bénéficient pas toujours d’un cocon familial », résume Joël Nkounkou, fondateur du CCE. Sous les applaudissements des familles d’accueil et des fidèles, la compétition a mêlé art, partage et bienveillance.
Un rendez-vous festif pour les orphelinats de Pointe-Noire
Créé en 2022, « Chantons Noël » est rapidement devenu la vitrine culturelle du CCE. Le concours offre aux enfants vulnérables un espace où leur créativité s’exprime librement, tout en cultivant l’esprit d’équipe et le respect mutuel, piliers chers au réseau associatif local.
La formule est simple : chaque structure présente un chœur pour le volet chant et un représentant au dessin. Les titres classiques de Noël sont revisités, parfois en langue locale, pour mieux coller aux réalités congolaises. Au-delà de la performance, le jury évalue la cohésion, la justesse et l’originalité.
Le déroulé d’une journée haute en couleur
Dès le matin, l’effervescence régnait dans les coulisses. Elnish Moukouanga et Marine Ndoudi Batola, anciens protégés du CCE, ont tenu le micro, guidant les candidats entre balances et crayons aiguisés. Chaque institution disposait de cinq minutes pour émerveiller le public.
Les refrains joyeux ont précédé la phase dessin, durant laquelle les jeunes artistes devaient croquer « Noël solidaire ». Les mines de couleur ont rivalisé d’inventivité, des étoiles scintillantes aux sapins stylisés, sous le regard concentré de leurs camarades.
À l’issue des prestations, le chœur du Cœur de Paola a décroché la première place en chant, suivie du Samu Social. Le Foyer Père Anton a complété le podium, mais s’est illustré avec le solo vibrant de B’San, salué par une standing-ovation. Côté pinceaux, Maurile Wangou a conquis les jurés.
Lionel Sanz, mécène d’un élan solidaire
Le concours porte le nom de Lionel Sanz, alias « Ya Sanza », figure discrète mais influente de la scène culturelle ponténégrine. Depuis près de vingt ans, ce passionné soutient troupes de danse, studios d’enregistrement et associations d’enfants, malgré une santé aujourd’hui fragile.
« Il nous a appris que donner du temps et de la musique peut changer le destin d’un enfant », confie Joël Nkounkou. Le trophée remis aux lauréats, façonné par un artisan local, symbolise cette générosité pérenne qui dépasse les frontières du Congo.
Un tissu associatif pleinement mobilisé
Pour 2023, le cercle d’entraide s’est encore élargi. Yidika France Village Créatif a financé la logistique, tandis que Ouaga Spirit, dirigé par Jules Mouanga, a arrangé les instrumentaux. Mboka Studios a assuré le son, et l’association Toutariv a doté les lauréats de kits scolaires.
Le Bonjour, AJID, Just Mad, le Groupe des Amis de Papa Joël et plusieurs anonymes ont offert goûters, boissons et objets d’artisanat. « Nos petits chanteurs se sentent considérés », témoigne Émilie Kabala, encadrante du Samu Social, émue de voir les enfants festoyer sans distinction.
Vers une ouverture à tous les enfants de la ville
Forte de l’engouement suscité, l’équipe d’organisation planche déjà sur la troisième édition, annoncée pour la fin de l’année en cours. L’idée majeure : élargir le concours aux écoles primaires et aux chorales paroissiales, tout en maintenant le quota réservé aux orphelinats.
Selon Joël Nkounkou, « l’inclusion reste la priorité ; mélanger publics et privés permettra à chacun d’apprendre de l’autre ». Des ateliers de préparation au chant et au dessin devraient être proposés dès juillet pour niveler les chances et renforcer les compétences artistiques.
Des retombées positives au-delà de la scène
Au-delà des trophées, plusieurs participants ont déjà vu leur quotidien transformé. B’San a été invité par une troupe gospel locale pour une tournée paroissiale, tandis que Maurile Wangou expose désormais ses esquisses dans le hall de sa maison d’accueil.
Les éducateurs constatent aussi une amélioration de la confiance en soi. « Les enfants se surprennent à rêver grand », note Sœur Monique Nzaba du Foyer Père Anton. Les retombées se font sentir jusque dans les résultats scolaires, dopés par la discipline artistique inculquée pendant la préparation.
Un Noël prolongé, une communauté renforcée
Avec « Chantons Noël », Pointe-Noire démontre qu’une initiative culturelle peut devenir un vecteur de cohésion sociale. Les rires qui ont résonné dans la salle de Tié-Tié ont scellé un pacte tacite : continuer de cultiver l’espoir chez les enfants en situation de vulnérabilité.
En attendant la prochaine édition, le CCE multiplie les séances de répétition et de dessin dans les centres. Chaque mercredi, une équipe de bénévoles y anime des ateliers gratuits, preuve que l’esprit de Noël peut s’entretenir toute l’année lorsque le talent rencontre la solidarité.
