Une feuille de route sécuritaire jusqu’en 2026
Invité des troupes au traditionnel réveillon d’armes du 31 décembre à Brazzaville, le chef suprême des armées, Denis Sassou Nguesso, a placé la sécurisation de la présidentielle de mars 2026 au sommet des priorités, appelant la Force publique à une mobilisation « totale ».
Le président a souligné que la paix, la transparence et l’unité nationale constituent le socle d’un scrutin réussi, promettant l’appui direct du gouvernement pour garantir, du premier au dernier bureau de vote, une atmosphère sereine, sans intimidation ni entrave aux droits de chaque électeur.
Le réveillon d’armes comme cadre symbolique
Célébré dans les casernes depuis plusieurs décennies, le réveillon d’armes marque la cohésion entre pouvoir civil et hiérarchie militaire. Cette année, la rencontre s’est déroulée sous des airs de répétition générale : consignes précises, calendrier serré et rappel des valeurs républicaines ont rythmé la soirée.
Les soldats, vêtus de treillis impeccables, ont entonné l’hymne national avant de partager le traditionnel repas du nouvel an avec les autorités civiles. Ce moment, fortement médiatisé, vise à montrer l’unité du commandement et à rappeler que la défense de la nation reste une mission collective.
Bilan d’une année de lutte contre le grand banditisme
Revenant sur les directives émises un an plus tôt, Denis Sassou Nguesso a salué la « fin du grand banditisme » relevée par les populations, notamment à Pointe-Noire et à Brazzaville. Selon lui, la baisse des agressions nocturnes a redonné « le plaisir de vivre » aux familles.
Les témoignages entendus par la rédaction confirment ce ressenti. « Les patrouilles sont visibles, on se sent enfin en sécurité », rapporte Mireille, commerçante du quartier Tié-Tié. À Bacongo, Patrice, chauffeur de taxi, évoque quant à lui une fréquentation nocturne en hausse dans les maquis.
Renforcement des effectifs et des capacités
Pour préparer l’échéance électorale, le commandement prévoit le renforcement des unités de combat, la modernisation de l’équipement individuel et le recrutement de jeunes volontaires. Ces mesures, a précisé le chef de l’État, doivent accroître la mobilité et la réactivité sur l’ensemble des douze départements.
Dans les écoles militaires, le programme 2025 intègre des modules dédiés à la sécurisation des scrutins : gestion de foule, neutralité politique et communication avec la société civile. Le général de division Guy-Blanchard Okoï estime que « la discipline électorale » deviendra un savoir-faire congolais reconnu.
Parallèlement, un programme de cyber-sécurité doit protéger les systèmes informatiques électoraux contre toute tentative d’intrusion. Les spécialistes du Service des transmissions travailleront avec l’Agence nationale des TIC pour sauvegarder les bases de données et sécuriser la transmission des résultats, une première à cette échelle dans le pays.
Résilience financière et mobilisation nationale
Sur fond de contraintes budgétaires liées aux chocs extérieurs récents, le président a vanté la résilience de l’armée, capable de défendre le territoire, honorer ses engagements internationaux et soutenir la population en cas de catastrophe, sans jamais remettre en cause le calendrier démocratique.
Le ministre délégué à la Défense, Charles Richard Mondjo, précise que les crédits seront prioritairement affectés à la logistique électorale : carburant, moyens de transmission et renforts sanitaires. « Nous voulons que chaque agent déployé dispose du nécessaire pour travailler, même dans les zones les plus enclavées », a-t-il déclaré.
Dans la société civile, plusieurs associations de jeunesse préparent déjà des séances de sensibilisation au vote pacifique, en partenariat avec les unités territoriales. Les organisateurs expliquent que la présence d’officiers lors des ateliers renforce la confiance et rappelle que la sécurité est l’affaire de tous.
Perspective d’un scrutin calme et transparent
À vingt-six mois du vote, les partis politiques peaufinent leurs stratégies. L’orientation sécuritaire donnée par le chef de l’État est perçue comme un gage de sérénité par plusieurs formations, qui disent compter sur la Force publique pour prévenir les rumeurs et désamorcer toute tension locale.
La Commission électorale indépendante, attendue sur la mise à jour des listes et le déploiement du matériel, salue l’annonce présidentielle. Son porte-parole affirme que la coordination sécuritaire permettra d’acheminer les urnes à temps et de protéger les centres de compilation, clés d’une proclamation rapide des résultats.
Dimension régionale et engagements extérieurs
Outre ses missions internes, la Force publique poursuit sa participation aux opérations de paix en Afrique centrale. « Nos troupes projettent une image positive du Congo », souligne un officier en retour du Gabon. Ce rayonnement, ajoute-t-il, renforce la crédibilité de l’institution auprès des partenaires.
Brazzaville rappelle ainsi sa philosophie d’« amitié avec tous les peuples ». Dans l’optique de 2026, cette ouverture pourrait faciliter l’observation internationale du scrutin et conforter, selon les autorités, l’adhésion populaire à des résultats qui devront être acceptés par tous.
Des experts de l’Union africaine devraient être conviés à des exercices conjoints avec les forces congolaises dès l’année prochaine. Ces manœuvres, orientées sur la protection des sites sensibles et la gestion des incidents, offriront l’occasion de partager des bonnes pratiques et de tester les procédures avant le jour J.
Cap sur 2026
À mesure que l’échéance approche, les signaux se multiplient : autorités, armée et citoyens affichent la même ambition d’un vote apaisé, reflet d’une démocratie confiante.
