À cinq semaines de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026, les deux têtes du Parlement congolais montent au créneau. Pierre Ngolo et Isidore Mvouba ont lancé, le 1er février, un même mot d’ordre : la paix avant toute chose.
Un double signal venu des deux chambres
Les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale se sont exprimés le même jour, à l’ouverture des sessions ordinaires de leurs institutions respectives. Tous deux ont placé la maturité et l’apaisement au centre de leurs interventions, dans la perspective immédiate du scrutin de mars.
Le calendrier n’est pas anodin. Dans quelques semaines s’ouvrira la campagne électorale, période de confrontation des programmes. Les deux responsables ont voulu fixer le cadre avant que la tension monte, en rappelant les engagements pris de longue date par la classe politique congolaise.
Pierre Ngolo : sécurité, transparence et responsabilité
Le président de la chambre haute a souhaité un scrutin déroulé « dans un climat de paix, de sécurité, d’ordre et de quiétude » pour confirmer l’avancée de la jeune démocratie congolaise. Il a demandé au gouvernement de garantir la sécurité des institutions et de la population.
Aux acteurs politiques, Pierre Ngolo a réclamé du fair-play et l’abandon de tout acte susceptible de mettre des vies en péril ou de troubler l’ordre public. Aux citoyens, il a demandé d’agir en conscience, responsables de leur avenir et investis dans l’essor de la nation.
Le président du Sénat a inscrit son propos dans la mémoire institutionnelle du pays. Il a rappelé l’engagement pris dès la Conférence nationale souveraine : bâtir la démocratie dans la paix, sans que des ambitions individuelles ne se réalisent au prix du sacrifice des Congolais.
Pour lui, la présidentielle reste « une épreuve d’évaluation de la taille des leaders ainsi que de leurs capacités à convaincre le plus grand nombre ». Chacun, à son niveau, est appelé à veiller à des conditions de sécurité et de transparence, condition d’un débat apaisé.
Pierre Ngolo a aussi posé une limite claire à la liberté d’expression de la campagne à venir. « Le bon sens commande que la liberté de l’un s’arrête là où commence celle d’autrui », a-t-il rappelé, en évoquant un Congo qu’il décrit comme « uni et indivisible ».
Le souvenir des violences de Mindouli
Le président du Sénat n’a pas éludé l’actualité sécuritaire. Il a condamné les événements meurtriers survenus à Mindouli, dans le Pool, les 11 et 12 janvier. Selon lui, ce type d’incident ravive le souvenir d’épisodes douloureux de l’histoire récente du pays.
De tels faits, a-t-il estimé, affectent dangereusement une paix « difficilement reconquise ces dernières années ». À l’heure où institutions et citoyens préparent l’élection, il a jugé qu’ils ne sauraient être tolérés sur le territoire national.
Isidore Mvouba : un rendez-vous démocratique, pas une date
Du côté de l’Assemblée nationale, le ton se veut tout aussi grave. Isidore Mvouba a rappelé que la présidentielle de mars est « un rendez-vous démocratique fondamental », et non une simple date sur un calendrier électoral. Il y voit un rendez-vous constitutionnel exigeant.
Ce moment, a-t-il précisé, est une expression souveraine du peuple qui ne saurait servir de prétexte à la division ou à la remise en cause de la paix. La compétition doit demeurer, selon lui, une confrontation d’idées, jamais un affrontement de personnes ni un appel à la haine tribale.
L’image qu’il retient est celle du miroir. « C’est un miroir de notre maturité démocratique. Un miroir de notre capacité collective d’organiser cette compétition politique dans la paix », a déclaré Isidore Mvouba. Il s’agit, a-t-il ajouté, de choisir un homme, une direction, mais surtout un cap.
Le président de l’Assemblée nationale espère un scrutin « sans violence, sans tumulte, mais avec la force tranquille de la souveraineté assumée ». À l’approche de l’échéance, il juge immense la responsabilité de son institution dans l’apaisement des tensions et la cohésion nationale.
Le Pool et le Djoué-Léfini sous surveillance
Isidore Mvouba a, lui aussi, condamné des « récentes secousses sécuritaires » observées dans le Pool et le Djoué-Léfini, tout en saluant la paix retrouvée dans ces deux départements. La République, a-t-il rappelé, ouvre ses portes à tous, mais ne négocie pas ses lois.
Il a plaidé pour la disparition de toute zone de non-droit sur le territoire. Son message final tient en quelques mots : être à la hauteur de la confiance du peuple, par le travail, le dialogue apaisé et la consolidation de la démocratie congolaise.
