Une remise de diplômes chargée d’émotion
Le grand auditorium du mémorial Pierre Savorgnan de Brazza, saturé de toges bleues et de visages fiers, a accueilli samedi la cérémonie de sortie de la promotion 2024-2025 de l’Institut des sciences et techniques professionnelles, mieux connu sous l’acronyme ISTP.
Dirigé par le Dr Charles Mambouana, l’établissement a voulu marquer l’instant : « Vous emportez un héritage de savoirs et de valeurs, allez transformer le monde », a lancé le directeur général devant les familles, les partenaires académiques et plusieurs officiels congolais invités pour l’occasion.
Les applaudissements ont duré de longues minutes, signe d’un soulagement collectif après deux années de cours intensifs, de stages obligatoires et d’évaluations pratiques qui faisaient office de rite de passage pour ces désormais ex-étudiants tournés vers leur première expérience professionnelle.
Le mémorial Pierre Savorgnan de Brazza, scène d’avenir
Choisir ce monument historique, dédié au fondateur de Brazzaville, n’a rien d’anodin ; l’endroit rappelle la rencontre permanente entre mémoire et progrès, une idée chère à l’ISTP qui veut former une génération capable d’honorer le passé tout en créant l’innovation locale.
« En accueillant ces jeunes, le mémorial s’ouvre à la connaissance vivante », a souligné Bélinda Ayessa, directrice des lieux, avant d’insister sur la capacité du site à servir de trait d’union entre culture, recherche et citoyenneté active pour la capitale.
Ce rapprochement entre art, histoire et enseignement supérieur illustre une volonté institutionnelle de faire des espaces publics des plateformes de diffusion scientifique, renforçant ainsi l’attractivité de Brazzaville pour les congrès, forums et autres rendez-vous académiques africains.
Des partenariats universitaires à portée internationale
Dans son allocution, le Dr Mambouana a cité l’Université Marien Ngouabi, l’Institut Sorbonne International et l’Agence universitaire de la Francophonie comme partenaires clefs, rappelant que la coopération reste le socle d’une formation compétitive à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Ces conventions favorisent l’échange d’enseignants, l’accès à des bibliothèques numériques, mais surtout la mobilité des étudiants congolais vers des laboratoires de pointe, un atout majeur pour des jeunes qui rêvent d’agrandir leur horizon professionnel sans perdre le lien avec leur territoire.
Selon l’ISTP, plus de 30 % des cours techniques s’appuient déjà sur des contenus co-construits avec ces institutions partenaires, proportion appelée à progresser dès la prochaine rentrée grâce à de nouveaux modules orientés vers l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et la gestion de projet.
Un accord récemment signé avec la plate-forme française FUN-MOOC permettra, dès mars, d’accéder à une trentaine de cours en ligne certifiants, une innovation qui offrira aux étudiants de l’ISTP la flexibilité nécessaire pour concilier apprentissage présentiel, projets personnels et engagements associatifs.
Compétences techniques pour l’économie nationale
Alors que le gouvernement encourage la professionnalisation de l’enseignement supérieur, l’ISTP se positionne comme passerelle directe vers le tissu productif, en particulier les secteurs du BTP, des télécoms, de l’agroindustrie et des transports où la demande en techniciens qualifiés reste forte.
D’après un sondage interne, 68 % des diplômés de la précédente cohorte ont trouvé un emploi dans les six mois, souvent grâce aux stages de fin d’études rendus obligatoires par le programme et supervisés en étroite collaboration avec les entreprises locales partenaires.
Cette insertion rapide conforte l’institut dans l’idée qu’une pédagogie axée sur la résolution de problèmes concrets, assortie d’ateliers pratiques et de projets tutorés, constitue l’un des meilleurs alliés pour soutenir la diversification économique prônée dans le Plan national de développement.
Le volet genre n’est pas négligé : 46 % des nouveaux diplômés sont des femmes, un chiffre en augmentation constante que l’administration attribue aux campagnes de sensibilisation dans les lycées et à la mise en place de bourses spécifiques pour les filières dites à dominance masculine.
Témoignages et ambitions des nouveaux lauréats
« Nous voulons être acteurs de la transformation numérique du pays », affirme Yolande Moukassa, major de la filière informatique, qui prévoit de lancer une start-up de services cloud à Brazzaville dès 2026, en partenariat avec deux camarades rencontrés pendant ses travaux pratiques.
Pour Jean-Fred Ngakala, option maintenance industrielle, l’heure est à l’action : il rejoindra une société pétrolière de Pointe-Noire où il avait effectué son stage, preuve selon lui que « la compétence ouvre toujours les portes, même en période d’ajustement budgétaire pour les entreprises ».
Leur optimisme reflète l’atmosphère générale : parents, enseignants et officiels ont tour à tour rappelé que ces talents jeunes devront conjuguer curiosité, discipline et patriotisme économique pour faire émerger un tissu industriel congolais plus fort et mieux intégré aux chaînes de valeur régionales.
Avant la remise des parchemins, la chorale de l’institut a entonné l’hymne « Espoir et savoir », une création originale qui a remporté les suffrages du public et symbolise la promesse d’une communauté académique soudée autour de la recherche du bien-être collectif.
Le Dr Mambouana a conclu en réaffirmant l’engagement constant de l’ISTP pour l’excellence ; il a annoncé l’ouverture d’un incubateur technologique dès janvier prochain, afin d’accompagner les projets des anciens étudiants et de renforcer l’écosystème de l’innovation au Congo-Brazzaville.
