Sommet CEMAC à Brazzaville : l’essentiel à retenir
Brazzaville a accueilli, jeudi 22 janvier 2026, un sommet extraordinaire des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). La rencontre a réuni les dirigeants des six pays membres autour d’un objectif central : consolider les équilibres économiques et financiers de la zone.
Le président Denis Sassou N’Guesso, président en exercice de la Conférence des chefs d’État de la CEMAC, a conduit les échanges depuis le Centre international de conférences de Kintelé. Les discussions ont porté sur la stabilité monétaire autour du franc CFA BEAC, les réserves de change et l’exécution des réformes déjà décidées.
Contexte international : prudence et recherche de stabilité
Les participants ont situé ce sommet dans un environnement extérieur jugé exigeant, marqué par la volatilité des marchés financiers, des tensions géopolitiques persistantes et une remontée des taux d’intérêt au niveau mondial. Dans ce cadre, la gestion des devises et des équilibres budgétaires reste un sujet sensible.
Pour la zone CEMAC, l’enjeu présenté est double : préserver la stabilité monétaire et sécuriser une trajectoire de croissance durable. L’objectif affiché est de renforcer la résilience collective, sans ignorer les incertitudes mondiales qui pèsent sur les économies émergentes et sur les devises.
Denis Sassou N’Guesso : cap sur l’exécution des décisions
À l’ouverture, Denis Sassou N’Guesso a insisté sur une ligne de conduite fondée sur la lucidité, la responsabilité et l’exécution rigoureuse. Le message a été posé comme une invitation à privilégier les résultats, en assurant la continuité des décisions prises lors des sessions extraordinaires antérieures.
« Le présent sommet nous offre l’opportunité de faire un point d’étape lucide et responsable sur l’application des décisions que nous avons prises lors de nos précédentes sessions extraordinaires de 2016, 2021 et 2024 », a déclaré Denis Sassou N’Guesso. L’accent est mis sur le suivi, plutôt que sur la répétition des engagements.
Croissance et inflation en zone CEMAC : signaux encourageants
Sur le plan macroéconomique, les chefs d’État ont relevé une amélioration progressive des indicateurs fondamentaux, avec une croissance régionale annoncée comme positive. Les éléments cités dans les échanges renvoient à la reprise des secteurs extractifs, à des investissements publics et à une normalisation budgétaire engagée dans plusieurs pays.
Le sommet a également noté un reflux de l’inflation après les pics liés à la période post-Covid et aux chocs externes. Denis Sassou N’Guesso a toutefois rappelé le caractère fragile de ces tendances : « Nos économies affichent une croissance positive et l’inflation recule… Cependant, ces évolutions restent fragiles ».
Réforme PREF-CEMAC : un suivi trimestriel pour accélérer
Une des décisions les plus structurantes annoncées concerne la mise en place d’un mécanisme trimestriel de suivi du Programme de Réformes Économiques et Financières de la CEMAC (PREF-CEMAC). L’idée est de renforcer la gouvernance communautaire en rapprochant l’évaluation des résultats du calendrier politique.
Selon les éléments présentés, le Secrétariat technique voit son mandat élargi pour réaliser un audit trimestriel des avancées nationales, identifier les blocages administratifs, formuler des alertes précoces et produire des rapports directement transmis aux chefs d’État. Le dispositif est décrit comme un levier de crédibilisation et de performance.
Rapatriement des recettes d’exportation : priorité aux réserves
Autre orientation majeure actée : une obligation plus stricte de rapatriement des recettes d’exportation, notamment issues des hydrocarbures, du secteur minier et des matières premières. Le sommet a présenté cette mesure comme un outil de stabilisation financière, au service de la zone et de ses institutions.
L’objectif affiché est triple : renforcer les réserves de change de la BEAC, injecter des liquidités dans le système bancaire régional et consolider la souveraineté financière de l’espace communautaire. Dans le discours, la démarche vise aussi à conforter la stabilité du franc CFA BEAC.
Plan d’action CEMAC : discipline, transparence, souveraineté
Les dirigeants ont validé un plan structurant organisé autour de quatre axes : une discipline budgétaire renforcée, une transparence financière accrue, la mobilisation des recettes internes et une souveraineté économique et alimentaire plus affirmée. L’ensemble est présenté comme une feuille de route communautaire opérationnelle.
Parmi les chantiers cités figurent l’alignement sur les critères de convergence, la généralisation du Compte Unique du Trésor et la digitalisation des administrations fiscales et douanières. Le sommet évoque aussi la lutte contre l’évasion fiscale et la substitution aux importations via le développement de filières agricoles.
Appel aux partenaires internationaux : un soutien plus efficace
Dans son intervention, Denis Sassou N’Guesso a directement sollicité un accompagnement renforcé des institutions financières internationales et des partenaires bilatéraux, en lien avec les efforts de développement de la sous-région. Le message est formulé dans une logique de coopération et de co-construction des trajectoires de croissance.
« J’en appelle à un engagement et un accompagnement plus efficaces des institutions financières internationales et de nos partenaires bilatéraux, en soutien à nos efforts de développement », a-t-il déclaré. L’appel est présenté comme destiné notamment au FMI, à la Banque mondiale, à la BAD et aux investisseurs privés.
Brazzaville et la CEMAC : une séquence politique et économique
Le sommet est aussi décrit comme un moment de diplomatie économique, où la capitale congolaise se positionne comme un lieu de coordination régionale. Le rôle du Congo, dans ce cadre, est présenté comme celui d’un acteur fédérateur autour d’objectifs communs de stabilité et d’intégration économique.
Le texte source souligne que les environnements « stables » et « prévisibles » sont recherchés par les investisseurs. Dans cette lecture, le pilotage communautaire mis en avant à Brazzaville vise à projeter une image de continuité institutionnelle et de rigueur, au service de la crédibilité régionale.
Échéance présidentielle au Congo : stabilité et continuité évoquées
La séquence de Brazzaville intervient à moins de deux mois de l’élection présidentielle congolaise annoncée pour le 15 mars 2026. Le texte évoque, dans certains cercles financiers et diplomatiques, l’idée que la stabilité politique constitue un paramètre important pour soutenir la croissance durable.
Dans cette perception rapportée, Denis Sassou N’Guesso est présenté par des partenaires internationaux comme un garant de la continuité institutionnelle et de la discipline budgétaire, dans un contexte où la CEMAC engage un tournant de gouvernance économique. Le sommet est décrit comme un jalon de ce mouvement.
CEMAC : Brazzaville 2026, du discours à l’action
Au terme de la rencontre, l’accent est mis sur un passage à un pilotage plus régulier des réformes, avec des mécanismes de contrôle et des mesures financières destinées à renforcer les réserves et la liquidité. Le sommet du 22 janvier 2026 est présenté comme un moment charnière dans la méthode de gouvernance.
Sous l’impulsion de la présidence en exercice, les décisions adoptées visent à consolider la stabilité monétaire, à sécuriser les équilibres budgétaires et à soutenir des objectifs de souveraineté économique. Brazzaville ressort, dans ce récit, comme un point d’appui stratégique de la CEMAC.
