Arrestation en flagrant délit
Le 28 octobre 2025, les gendarmes de Nkayi et Madingou, épaulés par des agents de l’Économie forestière et le Projet d’Appui à l’Application de la Loi sur la Faune sauvage, ont intercepté un homme transportant un bébé chimpanzé vivant, espèce intégralement protégée par la législation congolaise.
Itinéraire du suspect jusqu’au tribunal
Âgé d’un peu plus de quarante ans, le ressortissant congolais tentait, selon les enquêteurs, de faire circuler puis de vendre l’animal. Son arrestation, relayée dans toute la Bouenza, a rapidement conduit au transfert de la procédure devant le Tribunal de Grande Instance de Madingou.
Audience au Tribunal de Madingou
Lors de l’audience du 6 novembre 2025, le prévenu a reconnu la détention, la circulation et la tentative de commercialisation du primate. Les magistrats ont écouté ses explications, ainsi que celles des officiers et des techniciens ayant participé à l’opération de saisie.
Peines prévues par la loi congolaise
Pour les infractions relatives aux espèces intégralement protégées, la loi 37/2008 prévoit jusqu’à cinq ans de prison ferme et cinq millions de francs CFA d’amende. Le procureur a rappelé ces dispositions, soulignant la volonté des pouvoirs publics de dissuader tout trafic de faune sauvage.
Sauvetage au sanctuaire de Tchimpounga
Le bébé chimpanzé confisqué a été confié à l’Institut Jane Goodall, qui gère le sanctuaire de Tchimpounga dans le Kouilou. L’équipe vétérinaire rapporte que l’animal, âgé d’environ six mois, reçoit une alimentation adaptée et des soins pour soigner les séquelles liées à deux mois de captivité.
Un primate aux capacités fascinantes
Selon les spécialistes, le chimpanzé dispose d’un répertoire de plus de trente vocalisations et d’une palette de mimiques proche de l’humain. Cette intelligence accentue la responsabilité des communautés à préserver l’espèce, gravement menacée par la perte d’habitat et le commerce illégal.
Conservation des grands primates au Congo
Le Congo-Brazzaville abrite encore d’importantes populations de chimpanzés et de gorilles. Les autorités collaborent avec des ONG pour protéger les forêts, limiter la viande de brousse et sensibiliser les riverains des zones reculées, comme les villages de Kindamba où l’animal aurait été capturé.
Cadre juridique renforcé
L’arrêté 6075/MDDEFE/CAB du 9 avril 2011 classe le chimpanzé parmi les espèces intégralement protégées. L’article 27 de la loi 37/2008 interdit toute exportation, importation, détention ou transit sans dérogation scientifique. Ces textes offrent aux juges une base solide pour réprimer les délits fauniques.
Appui des organisations partenaires
PALF apporte un soutien technique à la gendarmerie et à l’Économie forestière, tandis que le Jane Goodall Institute prend en charge les animaux saisis. « Notre rôle est de garantir une seconde chance à ces primates », explique un responsable vétérinaire présent à Tchimpounga.
Témoignage de la communauté locale
À Nkayi, des riverains saluent l’intervention rapide. « Voir un chimpanzé dans un carton nous a choqués », confie un commerçant du marché central. « La réaction des autorités prouve que la loi n’est pas théorique », ajoute-t-il, espérant que l’exemple dissuadera d’autres tentatives.
Impact socio-économique
Le commerce illégal de faune représente des pertes pour la biodiversité et l’écotourisme. Des guides de la Bouenza rappellent que l’observation responsable des primates attire des visiteurs et génère des emplois durables, à l’inverse du trafic, souvent limité à un gain immédiat pour quelques individus.
Verdict très attendu le 20 novembre
Le tribunal rendra sa décision le 20 novembre 2025. Les défenseurs de l’environnement espèrent une peine exemplaire, signal fort pour protéger le patrimoine naturel. « La jurisprudence congolaise s’enrichit progressivement », note un juriste local, confiant dans la cohérence du processus.
