Vœux 2026 au Palais des congrès de Brazzaville
Mercredi 7 janvier, les Corps constitués nationaux et les Forces vives de la Nation se sont réunis dans la salle des congrès du Palais des congrès, à Brazzaville. L’objectif était de présenter les vœux du nouvel an au président de la République, Denis Sassou N’Guesso, et à son épouse.
Inscrit au calendrier protocolaire officiel, ce rendez-vous est présenté comme un moment d’attachement aux valeurs du vivre-ensemble. Dans la salle, l’ambiance est restée solennelle, fidèle aux usages de début d’année et au rituel institutionnel de l’échange des vœux.
Deux discours, un même fil conducteur : cohésion et service public
Deux allocutions ont rythmé la cérémonie. Auguste Iloki, président de la Cour constitutionnelle, a formulé les vœux au nom des Corps constitués et des Forces vives. Le président Denis Sassou N’Guesso a ensuite répondu en s’adressant à la Nation.
Dans son propos, Auguste Iloki a rappelé l’historicité de la tradition des vœux. Il a adressé ses souhaits au chef de l’État, à son épouse et à sa famille, en plaçant son intervention sous le signe de la rectitude institutionnelle et du respect des symboles républicains.
Infrastructures au Congo : un maillage jugé « perceptible »
Auguste Iloki a évoqué l’attente des Congolais concernant la mise en œuvre de projets structurants, dans plusieurs domaines. Il a salué les efforts engagés dans la construction d’infrastructures de base, considérées comme des leviers de croissance et de développement.
« Aujourd’hui, le maillage du pays en infrastructures de base, loin d’être une entreprise achevée, est, en toute objectivité, perceptible, encourageante et digne d’éloges », a-t-il déclaré. Il a aussi insisté sur le lien entre route et activité économique, au cœur des échanges.
Économie : le cap du « tout économique en vue du tout social »
Sur le plan économique, Auguste Iloki a indiqué que les Corps constitués et les Forces vives réaffirment leur soutien à l’orientation du « Tout économique en vue du tout social ». Selon lui, cette vision conserve une actualité « saisissante » et porte des perspectives d’emplois.
Il a cité, parmi les expériences en cours, les Zones agricoles protégées (ZAP) et les Zones économiques spéciales (ZES). Il a également mentionné « l’opérationnalisation imminente de la Caisse d’assurance maladie universelle », présentée comme destinée à garantir l’accès aux soins.
ZAP et autosuffisance alimentaire : des chaînes de valeur attendues
En évoquant les productions issues du sol congolais, Auguste Iloki a dit percevoir une marche progressive vers l’autosuffisance alimentaire. Il a estimé que l’expérience des ZAP mérite d’être soutenue, consolidée et structurée afin d’en tirer des chaînes de valeur pour l’intérieur du pays.
Pour appuyer son propos, il a rappelé une citation attribuée au président Denis Sassou N’Guesso : « Un peuple qui ne produit pas ce qu’il consomme, n’est pas un peuple libre ». Dans la salle, cette phrase a servi de repère à l’argumentation sur l’agropastoral.
Agropastoral : un modèle à dupliquer, selon Auguste Iloki
Auguste Iloki a avancé que les initiatives dans le domaine agro-pastoral peuvent inspirer les Congolais et attirer des investisseurs étrangers. Il a plaidé pour que des modèles de réussite soient dupliqués afin de valoriser également des filières comme la caprine, l’ovine et la porcine.
Le message, exprimé de manière incitative, vise à relier production, transformation et marché. Pour les observateurs présents, l’enjeu est aussi de traduire les orientations en impacts visibles sur les revenus et l’emploi, notamment en zones rurales et périurbaines.
Environnement : le Congo met en avant la lutte climatique
Sur l’environnement, Auguste Iloki a déclaré que les Corps constitués et les Forces vives saluent le combat engagé par Denis Sassou N’Guesso depuis des décennies, pour la préservation de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques.
Il a cité, à titre d’illustration, l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies d’une résolution sur la « Décennie mondiale de l’afforestation et du reboisement ». Pour ses auteurs, cet élément reflète une dynamique internationale dans laquelle le Congo entend compter.
Crise du sport congolais : appel à l’apaisement en football et handball
Auguste Iloki a aussi sollicité l’implication du chef de l’État dans la résolution de la crise qui touche le football et le handball congolais depuis un certain temps. Il a qualifié le sport d’outil de promotion de la paix et de développement.
Il a rappelé l’attractivité historique des matchs de clubs comme Étoile du Congo, Diables noirs, CARA, Inter-Club et Patronage, qui « drainaient des foules ». Il a souligné que le handball a aussi un palmarès reconnu et appelle un climat apaisé.
Stades fermés et activité sportive ralentie : le constat posé
Selon les éléments évoqués durant la cérémonie, le football congolais traverse depuis plus d’une année une crise accentuée par la fermeture des stades. Cette situation prive des acteurs de leur principale activité et pèse sur la reprise régulière des compétitions.
Le handball est lui aussi décrit comme traversant une mauvaise passe. Auguste Iloki a plaidé pour un regard de « père de la Nation » capable, selon lui, de recréer l’harmonie. Il a évoqué un besoin de solutions, au service de l’intérêt général.
Citations et message d’espoir : « les étoiles brillent dans la nuit »
Pour illustrer l’idée d’un rebond possible, Auguste Iloki a cité James Cameron, affirmant : « Ce n’est que quand il fait nuit que les étoiles brillent ». Il a aussi repris Winston Churchill : « Ce n ‘est que lorsque la nuit est la plus noire que les étoiles brillent le plus ».
Pour le président de la Cour constitutionnelle, ces références traduisent la conviction que les défis peuvent révéler le meilleur et soutenir la paix. Il a présenté le sport comme un « vecteur de paix » et un maillon de la cohésion, au-delà de la compétition.
Hommage institutionnel à la stabilité et au fonctionnement des pouvoirs publics
Auguste Iloki a rendu hommage au président de la République pour la préservation de la paix et le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Il a également mentionné la stabilité du pays, la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national, ainsi que la cohésion nationale.
Dans la logique de l’exercice de vœux, le propos a cherché à relier les efforts de gouvernance à des attentes concrètes. La cérémonie a ainsi mis en avant l’idée d’une continuité de l’action publique, fondée sur l’ordre institutionnel et le dialogue social.
Action sociale : Fondation Congo Assistance mise en avant
Le président de la Cour constitutionnelle a aussi salué les actions d’aide et d’assistance menées par Antoinette Sassou N’Guesso à travers la Fondation Congo Assistance. Il a indiqué que ces actions se déploient depuis des décennies en faveur des couches fragiles.
Les domaines cités concernent la santé, la petite enfance, l’éducation, l’autonomisation économique des femmes et l’appui aux personnes vulnérables. Dans la salle, cet aspect a été présenté comme un complément social aux politiques publiques et une réponse à des besoins du quotidien.
Denis Sassou N’Guesso : paix, valeurs civiques et échéance de mars 2026
En réponse aux vœux, Denis Sassou N’Guesso a prononcé un long discours axé sur la paix et la concorde nationale. Il a insisté sur l’importance des valeurs morales et civiques dans la perspective de l’élection présidentielle de mars 2026.
Le chef de l’État a exhorté les composantes de la société congolaise, notamment partis politiques, organisations, confessions religieuses, femmes et jeunes, à œuvrer pour l’unité, le dialogue, le respect mutuel et la cohésion sociale. Il a rappelé la devise : « Unité – Travail – Progrès ».
Vœux à la Nation : appel à l’engagement de chaque Congolais
Le président Denis Sassou N’Guesso a formulé ses vœux de paix, de longévité et de bonheur à l’ensemble de la Nation pour l’année 2026. Il a appelé chaque Congolais à participer activement au maintien de la paix et à la construction d’une société solidaire et prospère.
Dans l’esprit de la cérémonie, le message final s’est voulu mobilisateur, centré sur la responsabilité collective. L’échange de vœux, au-delà du protocole, a servi de cadre pour réaffirmer des repères communs et la volonté de préserver l’unité nationale en 2026.
