Ferveur dominicale à Sainte Odile
Dimanche 19 octobre 2025, la cloche de la petite église Sainte Odile de Zanaga a résonné longtemps avant la messe. Fidèles, catéchistes, jeunes choristes et autorités locales ont convergé vers le parvis, déterminés à vivre l’installation canonique de l’abbé Welcom Bayonzimina, nouveau curé.
L’événement coïncidait avec le dimanche des missions, placé cette année sous la devise « Missionnaires de l’Espérance parmi tous les peuples ». Un clin d’œil providentiel qui a nourri l’enthousiasme des paroissiens, heureux d’accueillir un pasteur engagé dans la dynamique d’ouverture voulue par l’Église.
De Nkayi à Sibiti, plusieurs prêtres avaient fait la route pour accompagner le délégué épiscopal, l’abbé Cellot Primat Nkounga Mabikas. Ce dernier, représentant Mgr Daniel Mizonzo, a présidé la célébration eucharistique, scrupuleusement fidèle aux rites définis par le Code de droit canonique de 1983.
Parmi les convives, on remarquait le père Pascal Taty, des responsables militaires, des représentants de la préfecture et une délégation des conseils paroissiaux. Cette diversité illustrait l’enracinement de la communauté catholique dans la vie sociale de Zanaga, au cœur du département de la Lékoumou.
Symbolique d’une installation canonique
Avant de s’installer dans le fauteuil réservé au curé, l’abbé Welcom a professé sa foi devant l’assemblée, puis a proclamé l’Évangile. Il a ensuite touché l’autel, geste par lequel il prenait officiellement possession spirituelle du sanctuaire et du peuple confiés à sa sollicitude pastorale.
Tous ces rites répondent aux canons 519 et 527 §1, qui décrivent les obligations et droits du curé. Ils rappellent surtout qu’un pasteur n’agit jamais en son nom propre, mais comme témoin et serviteur, chargé de veiller sur la liturgie, la catéchèse et la cohésion de la paroisse.
Dans son mot de bienvenue, le président du conseil paroissial, Philippe Dimbou, a remercié l’évêque pour la diligence de la nomination. Il a assuré l’abbé Welcom du soutien des comités de quartiers, rappelant que la paroisse œuvre déjà à promouvoir la scolarisation des filles.
« Le curé n’est pas un gestionnaire, mais un serviteur de l’espérance », a martelé l’abbé Primat Nkounga. Il a insisté sur la synodalité, c’est-à-dire la nécessité de gouverner avec les fidèles et les conseils, afin que chaque baptisé participe aux décisions touchant le patrimoine commun.
Le message pastoral de l’abbé Primat Nkounga
Profitant du dimanche consacré aux Œuvres pontificales missionnaires, le célébrant a présenté l’accueil du nouveau curé comme une « grâce ». La paroisse est appelée à devenir un foyer de prière, de fraternité et de solidarité, capable de rayonner bien au-delà des frontières de Zanaga.
Il a aussi invité les jeunes à faire entendre leur voix dans les groupes liturgiques, sportifs et culturels, estimant que leur énergie peut renouveler la communauté. « Vous êtes la relève, ne vous contentez pas d’être spectateurs », a-t-il lancé, déclenchant des applaudissements nourris.
Le discours a résonné d’une tonalité civique. Plusieurs notables ont salué un appel à l’unité qui entre en résonance avec les objectifs de cohésion nationale portés par les autorités. Dans cette zone forestière, l’Église joue souvent un rôle charnière pour les initiatives sociales et éducatives.
Générosité pour les Églises fragiles
Après la bénédiction, l’abbé Welcom a pris la parole pour encourager la collecte des enveloppes missionnaires. Il a rappelé que la mission de l’Église s’étend « au-delà des collines de la Lékoumou », invitant chacun à prier, à s’engager et à donner selon ses moyens.
Les paniers ont circulé lentement entre les rangs tandis que la chorale entonnait un chant lingala. Plusieurs fidèles, sensibles à l’appel, ont glissé des billets neufs ou des sacs de manioc, traduisant une générosité adaptée aux réalités rurales. Le geste a prolongé l’élan de communion.
Au total, la paroisse a réuni une somme qui sera transmise au diocèse, lequel la redistribuera aux communautés les plus vulnérables. L’initiative s’inscrit dans la vision d’une Église solidaire, chère au pape François et soutenue localement par l’évêque de Nkayi, Mgr Mizonzo.
Ambiance fraternelle et perspectives
À la fin de la messe, les flashes des appareils photo ont crépité devant l’église fraîchement repeinte. Les autorités civiles, les chefs traditionnels et la famille de l’abbé Welcom se sont prêtés au jeu, conscients de participer à un moment appelé à compter dans l’histoire locale.
La foule a été ensuite invitée au presbytère pour un pot d’amitié. Autour du foufou et du poulet braisé, l’on a échangé des vœux, évoqué des projets d’alphabétisation et de microcrédits, autant d’idées qui pourraient trouver un relais dans la présence quotidienne du nouveau pasteur.
Dès la semaine prochaine, le nouveau curé prévoit une visite des villages périphériques, accompagnée d’une équipe médicale mobile et d’animateurs de la Caritas. L’objectif est de renouer le dialogue avec les communautés éloignées et d’identifier les urgences sanitaires ou éducatives auxquelles la paroisse pourrait répondre.
