Un programme gratuit de huit semaines pour 500 jeunes
À Brazzaville, l’intelligence artificielle entre dans le parcours d’insertion de 500 jeunes Congolais. Le Fonds national d’appui à l’employabilité et à l’apprentissage (Fonea) et la Fondation BantuHub ont donné, le 19 octobre, le coup d’envoi d’une formation gratuite consacrée à ces outils.
Le public visé est large, puisqu’il concerne des Congolais âgés de 18 à 40 ans. L’objectif affiché tient en deux mots, employabilité et entrepreneuriat, rapporte l’Agence congolaise d’information (ACI).
Le calendrier est resserré. Les cours doivent s’étaler du 20 octobre au 4 décembre 2026, soit huit semaines, au terme desquelles les participants recevront une certification. Le contenu porte sur la prise en main et l’usage des outils d’intelligence artificielle.
924 candidatures pour 500 places disponibles
L’engouement s’est mesuré dès les inscriptions. Selon le directeur de cabinet Corneille Moukala Moukoko, qui a procédé au lancement, 924 candidatures ont été enregistrées. La demande a donc nettement dépassé l’offre de cette première promotion.
Ce chiffre témoigne, selon Corneille Moukala Moukoko, de l’intérêt des jeunes pour ces nouvelles compétences. Il a aussi évoqué la perspective d’étendre le programme à Pointe-Noire, avant une deuxième session à Brazzaville, sans que le calendrier de ces étapes ait été détaillé.
Chômage des jeunes : le constat derrière l’initiative
Le directeur de cabinet a replacé la formation dans un contexte d’insertion professionnelle difficile. Il a rappelé qu’une enquête réalisée en 2022 établissait que plus d’un jeune Congolais sur quatre, parmi les 15-35 ans, était au chômage.
Pour lui, l’enjeu est d’abord de préparer la jeunesse aux mutations technologiques et aux nouvelles exigences du marché du travail. Il a résumé cette urgence d’une formule.
« La question n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle transformera notre économie. La question est de savoir si nous en serons les acteurs ou les spectateurs », a déclaré Corneille Moukala Moukoko.
Ce que l’IA peut apporter aux jeunes en quête d’emploi
Le directeur général du Fonea, Patrick Robert Tsiba, a précisé les attentes. La maîtrise de ces outils doit, selon lui, faciliter l’insertion professionnelle des bénéficiaires, les aider à développer leurs activités entrepreneuriales et ouvrir de nouvelles opportunités économiques.
Il a cité plusieurs usages concrets de ces technologies : la recherche d’emploi, l’analyse des données, la création de contenus et l’amélioration de la gestion des entreprises.
Une bonne couverture 4G, un usage encore faible
Pour appuyer son propos, Patrick Robert Tsiba s’est référé à un rapport de la GSMA publié en juin 2026. Le document souligne un décalage : la couverture 4G du pays est estimée à 89 %, mais seuls 19 % des Congolais utilisent l’Internet mobile.
Toujours selon ce rapport, le renforcement des compétences numériques pourrait générer 870 milliards de francs CFA de valeur ajoutée économique supplémentaire d’ici à 2030. C’est ce potentiel que le programme entend commencer à mobiliser.
Une ambition étendue à tout le territoire
L’initiative s’inscrit dans la dynamique du Plan national de développement (PND) 2022-2026. Elle participe aux efforts de diversification économique et de transformation numérique engagés par le Congo-Brazzaville.
Lors de la cérémonie, Patrick Robert Tsiba a exhorté les bénéficiaires à devenir des créateurs de solutions. Il a réaffirmé l’ambition du Fonea et de la Fondation BantuHub d’étendre progressivement ce programme à l’ensemble du territoire national.
Pour les 500 jeunes retenus, les huit semaines qui s’ouvrent diront dans quelle mesure cette formation certifiante se traduira en compétences reconnues, puis en débouchés professionnels.
