À l’Institut français du Congo, l’Association Studio 210 pour la diversité culturelle et le dialogue interreligieux (ASDCIR) a réuni chorales, groupes et pasteurs autour d’un concert de restitution. La soirée honorait Siama Groove, lauréat du Prix de la créativité 2025 « Kolo Kolo ».
Présidée par Chevry Diazz, l’association a déroulé un programme en cinq parties, entre louange, chant choral et prise de parole. L’occasion aussi de présenter un dispositif qui veut faire du chantre d’église un artiste à part entière.
Une ouverture placée sous le signe de la prière
Le pasteur Anges Bienvenu Alouna, de l’église « La vie en Jésus Christ », a ouvert l’événement par une prière. Le groupe du Fr Chadry Ngatsongui est ensuite monté sur scène avec « Louange à la congolaise », premier titre de la soirée.
La chorale Mbembe de l’Église évangélique du Congo de Ouenzé a pris le relais. Fondée en 1995, elle compte 31 ans d’existence. Le groupe Afro Emmanuel a refermé cette courte première partie avec des sonorités africaines.
Chevry Diazz retrace l’histoire des RAMC
Place ensuite à l’allocution du président de l’ASDCIR. Chevry Diazz a rappelé que son association est née des Rencontres des arts et des musiques chrétiennes (RAMC). Selon lui, ce festival est porté depuis 2025 par l’ASDCIR, issue du label Studio 210, une émission socioculturelle diffusée sur la télévision nationale.
Il a aussi salué trois personnalités qui ont, peut-être sans le savoir, donné vie à ce festival en 2012 : André Ondélé, alors directeur de la presse présidentielle, Yves Castanou, alors directeur général de l’Arpce, et Belinda Ayessa, actuelle directrice générale du mémorial Pierre Savorgnan-de-Brazza.
Le Prix de la créativité, une formule singulière
L’originalité du festival repose, d’après son promoteur, sur un dispositif unique sur le continent : le Prix de la créativité. Dès l’inscription, chaque artiste reçoit un cantique populaire écrit en français ou en anglais.
Le candidat doit le transcrire dans la langue africaine de son choix, puis le recréer avec des instruments et des rythmes « de chez nous », selon l’expression de Chevry Diazz.
Pour le président de l’ASDCIR, le festival ne se limite pas à faire chanter : il professionnalise. Il fait évoluer le chantre d’église vers la stature d’un artiste accompli et formé, prêt à célébrer le Créateur grâce à sa maîtrise de l’art musical.
Il a insisté sur une démarche qui doit rester authentique et naturelle, « et sans jamais trahir notre identité culturelle », a-t-il souligné.
De Pointe-Noire à Siama Groove, une lignée de lauréats
Chevry Diazz a cité les précédents. En 2014, Les Bons Bergers de Pointe-Noire, lauréats du prix, ont été selon lui la première illustration vivante de cette vision. Maman Crédo a suivi en 2016.
Siama Groove, lauréat 2025, est le dernier en date. Le groupe dispose d’un certificat, d’une enveloppe d’un demi-million de francs CFA, d’une session studio et de cette restitution scénique, de quoi entamer, selon le président de l’association, un véritable plan de carrière.
Il a remercié les partenaires de l’opération : « l’Institut français du Congo, le Studio Adjaab Record de l’association l’Afrique à l’écoute, la télévision nationale et plusieurs leaders religieux. C’est une contribution remarquable qu’il convient de saluer haut et fort ».
Une formation à l’économie créative en avril 2027
En attendant la cinquième édition du festival, prévue en 2028, Chevry Diazz a officiellement annoncé la sixième édition de la formation aux métiers de l’audiovisuel et de la culture. Le Brazza Gospel Awards festival y sera associé.
Programmée du 5 au 23 avril 2027, cette formation axée sur l’économie créative s’adressera à cent personnes : artistes du gospel et du chant choral, managers, journalistes culturels, étudiants, mais aussi jeunes déscolarisés ou en réinsertion.
L’appel à candidatures doit être lancé avant la fin de cette année, selon l’annonce faite au cours de la soirée.
Chorales et louange en deuxième partie
Après le discours, la chorale Centre de l’Église évangélique de Moukondo a ouvert la deuxième partie avec « Wena moyo ». Ce titre figure sur son prochain album, prévu pour décembre 2026.
Le pasteur Ekouya a ensuite interprété « Olingi ngai motema » puis « 100% Jésus », une prestation à la gloire du Très-Haut. La chorale Saint-Esprit de l’église catholique de Kingouari, créée en 1992 et forte de 34 ans d’existence, a clos ce deuxième temps.
Siama Groove chante en bembé
La troisième partie était consacrée à la restitution du Prix de la créativité 2025 « Kolo Kolo ». Après l’intervention de son directeur artistique, Siama Groove a interprété « Que ta volonté soit faite », un titre traduit par le groupe en bembé, langue vernaculaire.
Le groupe Les Élus du Christ, créé en 2015, puis le Fr Aquilas ont animé la quatrième partie. Siama Groove est revenu sur scène pour la cinquième et dernière séquence, avec la chanson « Congo uni ».
Comme à l’ouverture, le pasteur Anges Bienvenu Alouna a clôturé la soirée par une prière.
Le Brazza Gospel Awards festival donne rendez-vous en 2028
Né en 2012 sous le nom de RAMC, le festival s’appelle désormais « Brazza Gospel Awards festival ». Présenté comme un événement musical et patrimonial biennal, il tiendra sa prochaine grande édition en septembre 2028 à Brazzaville.
D’ici là, la formation d’avril 2027 constituera le prochain rendez-vous annoncé par l’ASDCIR pour les artistes du gospel et du chant choral.
