À Pointe-Noire, les bus ne roulent plus. Les transporteurs ont cessé le travail après la mort d’un contrôleur, qui aurait été frappé lors d’une opération de vérification des tarifs officiels. Le dispositif censé protéger les usagers se retrouve au cœur de la crise.
Un contrôleur mort, des bus à l’arrêt
Les transporteurs de bus de la ville océane sont en grève. D’après les usagers, le mouvement fait suite au décès d’un contrôleur de bus, survenu la semaine dernière. L’homme aurait succombé à des coups et blessures qui auraient été portés par des agents de l’ordre.
Les faits se seraient produits lors d’une opération de contrôle des tarifs du transport en commun. Leurs circonstances exactes restent toutefois à établir, prévient le Journal de Brazza. Aucune version officielle n’est rapportée à ce stade.
Ce décès nourrit la colère des transporteurs. Il donne aussi une tournure dramatique au bras de fer déjà engagé entre l’État et une partie des exploitants de bus autour du prix du trajet.
Pourquoi l’État contrôle les tarifs des bus
La pénurie de carburant a bousculé l’équilibre du secteur. Les coûts d’exploitation des transporteurs ont grimpé, et certains ont répercuté la hausse sur les passagers. Le phénomène des « demi-terrains » s’est lui aussi développé chez les chauffeurs de bus.
Pour contenir cette flambée, les autorités ont déployé des agents des forces de l’ordre sur le terrain. Leur mission : veiller au respect des tarifs officiels du transport en commun.
Le prix du trajet reste au cœur du problème. Sur plusieurs axes, il serait passé de 200 à 500 FCFA, comme nous l’évoquions récemment. L’Agence d’information d’Afrique centrale cite notamment les liaisons Fond Tié-Tié–Thystère, Grand-marché–Thystère, centre-ville–Thystère, Patra–centre-ville et Ngoyo–Grand-marché.
Des tarifs réglementés contestés sur le terrain
La mesure ne fait pas l’unanimité. Certains chauffeurs et contrôleurs refusent les tarifs imposés. Selon eux, la hausse du coût du carburant et les difficultés d’approvisionnement rendent les prix réglementés difficiles à tenir.
C’est dans ce climat de contestation qu’intervient le décès du contrôleur, relié par les usagers à une opération de contrôle. Un désaccord sur les prix débouche ainsi sur un arrêt de travail qui pèse directement sur les habitants.
Pointe-Noire au ralenti, les taxis-motos en profitent
La ville océane tourne au ralenti. Aux principaux arrêts de bus, les files d’attente s’allongent. Pour beaucoup d’habitants, taxis et taxis-motos sont devenus la seule solution pour rejoindre leur lieu de travail, leur commerce ou leur domicile.
Ces derniers font de bonnes affaires. Les taxis-motos, surtout, voient leur clientèle grossir à la faveur de la grève.
Les usagers, eux, paient le prix de l’impasse. « Je suis coincé ici à Nvon-Nvon depuis 6 heures, alors que je devais ouvrir mon étalage depuis 7 heures, les autorités doivent trouver une solution le plus tôt possible à ce problème de transport », a lancé une commerçante rencontrée à cet arrêt.
Une sortie de crise suspendue à deux questions
Aucune date de reprise du travail n’est connue pour l’instant. Deux points restent ouverts : l’éclaircissement des circonstances du décès du contrôleur, et l’avenir du contrôle des tarifs, contesté par une partie des transporteurs.
Entre des usagers qui réclament une solution rapide, des transporteurs en colère et un État décidé à faire respecter ses prix, l’équation reste entière tant que la pénurie de carburant pèse sur le secteur.
