Réunie le 3 octobre à Paris, la Fédération France-Europe du Club 2002 PUR a reconnu un manque de moyens et d’adhésions. Dans la foulée, elle a porté à sa présidence Marie-Cécile Mackouily Voumbo, première femme à occuper ce poste.
Un bilan sans fard à Paris
C’est dans le 15e arrondissement de Paris que cadres, militants et sympathisants du Club 2002 Parti pour l’unité et la République (PUR) se sont retrouvés. Au programme : l’examen du bilan de la mandature 2023-2026, le renouvellement des instances et l’adoption d’une nouvelle feuille de route.
Le président par intérim de la Fédération, Yollas Sosthène Dinghat Loubacky, a d’abord défendu l’activité de la structure. Il a cité la poursuite des activités militantes, la régularité des réunions et la participation aux travaux préparatoires des premières universités d’été du parti.
Le tableau comportait toutefois des zones d’ombre. Le responsable sortant a fait état de difficultés liées notamment à l’insuffisance des moyens financiers et au faible niveau des adhésions. Ce sont ces deux fragilités qui ont orienté ses propositions pour la suite.
Restructurer pour toucher la diaspora congolaise
Face à cette situation, Yollas Sosthène Dinghat Loubacky a préconisé une restructuration de la Fédération. L’objectif affiché : renforcer son implantation auprès de la diaspora congolaise installée en France et ailleurs en Europe.
Plusieurs leviers ont été avancés : l’élargissement de la base militante, une meilleure répartition des responsabilités et la valorisation des compétences disponibles au sein de la diaspora.
Une première femme à la présidence
À l’issue des travaux, supervisés par une délégation du comité national préparatoire conduite par Louis Gabriel Missatou, Marie-Cécile Mackouily Voumbo a été élue présidente. Elle succède à Yollas Sosthène Dinghat Loubacky et devient la première femme à diriger cette fédération.
Elle a fondé Afrique Terre Origine, une association qui œuvre à l’épanouissement culturel et éducatif des enfants issus de l’immigration. Elle y défend la biculturalité comme une richesse, entre transmission des valeurs et cultures africaines et intégration à la société française.
« Je la reçois comme une mission collective », a-t-elle déclaré à propos de la confiance qui lui a été accordée. La nouvelle présidente a placé son mandat sous le signe du rassemblement, du dialogue et de l’engagement au service du parti, de ses militants et des Congolais vivant en Europe.
La diaspora, un potentiel à mieux organiser
Pour Marie-Cécile Mackouily Voumbo, la diaspora congolaise représente un atout. Elle la décrit comme composée de femmes et d’hommes qui travaillent, entreprennent, étudient et participent au rayonnement de la République du Congo.
Encore faut-il que cette communauté soit structurée. La nouvelle présidente a appelé à une meilleure organisation des Congolais d’Europe et au renforcement de leurs liens avec le pays. Elle a aussi insisté sur la mobilisation de leurs compétences au service du développement national.
Ce message rejoint celui de Louis Gabriel Missatou, porte-parole de la majorité présidentielle et cadre du Club 2002 PUR. Il a invité les Congolais de l’étranger à préserver la paix, l’unité et la cohésion nationale, et encouragé le dialogue et le rapprochement entre les différentes composantes de cette communauté.
Femmes et jeunes au cœur du discours
La nouvelle responsable a plaidé pour une participation accrue des femmes et des jeunes à la vie politique. Elle a encouragé les femmes à s’engager davantage, estimant que son accession à la tête de la Fédération pourrait susciter d’autres vocations.
S’adressant aux hommes du parti, elle a présenté la progression des femmes comme une complémentarité et non comme une compétition, au service d’un objectif commun. Elle a promis une direction à l’écoute, proche du terrain et ouverte au dialogue, appelant à préserver l’unité malgré d’éventuelles divergences.
Mylène Gloria Gassongo, secrétaire nationale chargée du genre et de la parité, et Bernard Boueno, ancien président de la Fédération France-Europe, tous deux venus de Brazzaville, ont salué cette élection. Ils l’ont présentée comme une concrétisation de la politique du genre de la formation.
Un parti ancré dans la majorité présidentielle
Les travaux, modérés par Charles Matoumoueni, se sont tenus en présence d’Armand Rémy Balloud-Tabawé, ministre conseiller près l’ambassade de la République du Congo en France. Des représentants du Parti congolais du travail (PCT) et de formations alliées de la majorité présidentielle étaient également présents.
S’exprimant au nom du président-fondateur, Wilfrid Guy César N’Guesso, son représentant a réaffirmé l’ancrage du Club 2002 PUR dans la majorité présidentielle, aux côtés du PCT.
Une feuille de route à l’épreuve des moyens
En clôture, Louis Gabriel Missatou a rappelé le rôle attendu de la Fédération France-Europe : renforcer l’implantation du parti en France et en Europe, et servir de relais auprès des Congolais de l’extérieur. L’assemblée visait aussi à remobiliser les militants et à préparer les prochaines échéances internes, dont le congrès.
La nouvelle équipe hérite d’une feuille de route centrée sur la mobilisation des militants, l’élargissement de la base, la participation des femmes et des jeunes et le renforcement de la cohésion interne. Reste à savoir comment elle surmontera les difficultés financières et d’adhésion relevées dans le bilan.
