L’auteur franco-congolais Deve Maboungou a présenté son ouvrage « Décolonisons ! » le samedi 10 octobre, à l’ambassade de la République du Congo en France. Préface, maison d’édition, échanges avec le public : retour sur une rencontre littéraire consacrée à l’autonomie du continent africain.
Un livre présenté à l’ambassade du Congo en France
C’est à l’ambassade de la République du Congo en France que « Décolonisons ! » a été présenté au public, le samedi 10 octobre. La rencontre a pris la forme d’une conférence, au cours de laquelle l’auteur a également répondu aux questions de l’assistance.
Le ministre conseiller Armand Rémy Balloud-Tabawé y représentait l’ambassadeur Rodolphe Adada. Les débats étaient modérés par la journaliste Karine Oriot.
Deve Maboungou, auteur entre France et Congo
Deve Maboungou se revendique à la fois Français et Congolais. Il défend cette double appartenance comme un facteur de dialogue, de rapprochement et de coopération entre la France et les pays africains.
Depuis quelques jours, il exerce par ailleurs les fonctions de conseiller chargé de la diaspora auprès du ministre Constant-Serge Bounda.
Les Éditions du Lynx derrière le projet
Présent à la cérémonie, Serge Lauret a exposé la ligne éditoriale des Éditions du Lynx. Cette maison indépendante est spécialisée dans les sciences humaines, la littérature et l’art.
C’est de la rencontre entre l’éditeur et Deve Maboungou qu’est né ce projet éditorial. Il est destiné à contribuer au débat sur les perspectives de développement du continent africain.
Une préface signée Firmin Édouard Matoko
L’ouvrage est préfacé par Firmin Édouard Matoko, ancien sous-directeur général de l’Unesco chargé de la priorité Afrique et des relations extérieures. Le préfacier partage avec l’auteur plusieurs convictions sur les enjeux et les perspectives d’avenir du continent.
Autre voix entendue lors de la rencontre, celle du Dr Ousmane Sané, président de l’Institut Thales Afrique. Il a salué la conviction et l’engagement dont Deve Maboungou a fait preuve dans la réalisation de cet ouvrage.
Souveraineté et intelligence économique au cœur du livre
Le livre fait de l’intelligence économique, de la protection des intérêts stratégiques et de la souveraineté numérique des leviers de l’autonomie africaine. L’auteur y invite à repenser les moyens dont dispose le continent pour défendre ses intérêts, face à une concurrence accrue entre puissances économiques et politiques.
Pour Deve Maboungou, la souveraineté ne se réduit pas à une revendication politique. Elle suppose aussi de maîtriser l’information stratégique, de protéger les données sensibles et de permettre aux États, aux entreprises et aux populations de fixer leurs propres orientations.
Sa réflexion insiste aussi sur la nécessité, pour l’Afrique, de mieux maîtriser ses ressources, d’anticiper les mutations économiques et de renforcer ses capacités d’influence.
Changer le regard porté sur l’Afrique
Les échanges ont notamment fait ressortir la nécessité de dépasser les représentations réductrices du continent, souvent associé à la pauvreté et à la dépendance. L’auteur plaide pour une approche davantage tournée vers l’innovation, la valorisation des ressources et la défense des intérêts économiques africains.
Pour renforcer les capacités stratégiques du continent, il préconise trois orientations : recenser les ressources et les enjeux stratégiques, assurer une veille permanente, puis traduire cette démarche en actions concrètes, dans une logique de souveraineté.
Les questions du public, de 1956 au numérique
Face au public, Deve Maboungou a évoqué la place de la diaspora dans les relations entre la France et les pays africains, ainsi que les efforts de sensibilisation des populations africaines engagés depuis plusieurs décennies, notamment dans le prolongement du premier congrès des écrivains et artistes noirs de 1956.
Selon lui, cette dynamique doit se poursuivre. S’il devait retenir trois pays africains en marche vers la souveraineté économique, ce seraient le Maroc, le Rwanda et la Côte d’Ivoire.
L’auteur a illustré la question de la souveraineté numérique par un exemple concret : l’usage de messageries électroniques grand public pour des communications ministérielles sensibles. Une pratique révélatrice, à ses yeux, des défis des États africains en matière de sécurité de l’information et de maîtrise de leurs infrastructures numériques.
Il a enfin plaidé pour une diplomatie française renouvelée, plus ouverte aux ressortissants et aux diasporas africaines, afin de favoriser des relations qui tiennent mieux compte des intérêts et des contributions de chacun.
Un plaidoyer salué à l’ambassade
En clôture, le ministre conseiller Armand Rémy Balloud-Tabawé a salué l’initiative du jeune auteur congolais, dont la réflexion lui paraît importante pour l’avenir du continent.
Deve Maboungou a, de son côté, remercié les contributeurs, les partenaires et les participants, et salué l’accueil de l’ambassade. Il a aussi exprimé sa reconnaissance au président de la République, Denis Sassou N’Guesso, ainsi qu’au ministre Constant-Serge Bounda.
Avec « Décolonisons ! », l’auteur entend apporter sa pierre à la réflexion sur les conditions d’une plus grande autonomie africaine. Son plaidoyer met l’accent sur la nécessité de mieux identifier les intérêts africains, de renforcer les capacités stratégiques et de construire un développement durable fondé sur la maîtrise des choix.
