Au Congo-Brazzaville, la rentrée scolaire s’est déroulée dans le calme le 1er octobre, la quasi-totalité des enseignants étant à leur poste. Les syndicats, eux, attendent toujours que leurs dossiers d’intégration et de statut avancent.
Une rencontre avec deux ministres à la veille des cours
Le 30 septembre 2026, les structures syndicales des enseignants ont été reçues par les deux ministres chargés de l’enseignement : Jean-Luc Mouthou pour l’enseignement général et Gustave Réné F. Adicolle Goum pour l’enseignement technique.
Deux sujets anciens ont dominé les échanges, qualifiés de « lancinantes questions » par La Semaine Africaine : l’intégration des enseignants et leur statut particulier. Des dossiers qui touchent directement à la situation professionnelle de ceux qui font la classe.
Ce que réclament les enseignants
Les revendications évoquées lors de la rencontre sont précises. Elles portent sur le paiement de la bourse des enseignants volontaires, leur intégration à la Fonction publique, l’examen du cas des enseignants ayant dépassé l’âge de 45 ans et le relèvement indiciaire.
Côté syndical, la Coordination des diplômés des écoles professionnelles de l’enseignement (CEDEP) et la Plateforme des forces unies des syndicats de l’enseignement du Congo (Fusynec) figuraient parmi les organisations représentées. Leur position est nette : la balle est désormais dans le camp du Gouvernement.
Leur argument tient au calendrier. Les commissions de sélection mises en place ont bouclé leurs opérations depuis plus d’une année. Pour les syndicats, cette étape est donc franchie.
Ce qu’ils dénoncent, c’est la lenteur dans le traitement des dossiers déjà introduits dans les circuits d’approbation. Autrement dit, le blocage se situerait moins dans la sélection que dans la validation administrative qui doit suivre.
La réponse prudente du Gouvernement
Face aux représentants syndicaux, Jean-Luc Mouthou et Gustave Réné F. Adicolle Goum ont réaffirmé la volonté de l’exécutif de respecter les différents cahiers des charges signés au fil des années.
L’engagement reste toutefois encadré. Les revendications « pourraient être prises en compte globalement », ont indiqué les deux ministres, en fonction des ressources disponibles et dans le strict respect des textes et procédures en vigueur.
Le choix du conditionnel n’est pas anodin. Il ouvre la porte à une prise en charge d’ensemble des demandes, tout en liant chaque avancée aux moyens de l’État et au respect des procédures.
Pour les familles, des enseignants présents dès le premier jour
L’autre issue de la rencontre concerne directement les élèves et leurs parents. Au-delà des discussions de fond, les deux parties se sont surtout accordées sur un objectif commun : une rentrée scolaire apaisée.
Le constat dressé le 1er octobre 2026 va dans ce sens. Ce jour-là, la quasi-totalité des enseignants, vacataires et enseignants communautaires compris, étaient à leur poste. Pour les familles, la reprise s’est donc faite avec des enseignants devant les élèves.
Un point d’étape attendu dans la deuxième quinzaine d’octobre
Les discussions ne s’arrêtent pas là. Rendez-vous a été pris pour la deuxième quinzaine d’octobre afin d’évaluer l’avancement du cahier des charges, a indiqué Jean Jacques Sembé, co-président de la Fusynec.
Cette nouvelle rencontre permettra de mesurer si la volonté affichée par les ministres se traduit dans le traitement des dossiers. Enseignants comme parents d’élèves sauront alors si le calme de la rentrée s’accompagne d’avancées concrètes.
