À Brazzaville, cinq jeunes filles de 15 à 24 ans s’apprêtent à concrétiser leurs projets de quartier. Sélectionnées par l’ONG Kaani Assistance, elles reçoivent chacune 100 000 FCFA et un accompagnement pour agir sur l’éducation, l’hygiène menstruelle, l’insalubrité ou les violences de genre.
Un programme adossé à la Journée internationale de la jeune fille
La Journée internationale de la jeune fille, célébrée chaque 11 octobre, a servi de point d’ancrage à l’initiative. L’ONG Kaani Assistance a mené à Brazzaville, d’août à octobre 2026, un projet intitulé « Investir dans les jeunes filles et mettre en lumière leur potentiel ».
Le programme bénéficie du soutien de l’ambassade de France au Congo. Il cherche à renforcer le leadership, la participation citoyenne et le pouvoir d’agir des jeunes filles, en les poussant à proposer elles-mêmes des réponses aux difficultés rencontrées dans leurs quartiers.
Le public visé est précis : les jeunes filles âgées de 15 à 24 ans. L’idée est de les impliquer directement dans la gestion et l’amélioration de leur cadre de vie.
Appel à candidatures et camp de formation
Le recrutement s’est fait par appel à candidatures. Cinq jeunes filles ont été retenues pour la qualité et la pertinence de leurs propositions, selon Les Dépêches de Brazzaville. Le nombre total de candidatures n’est pas précisé.
Du 23 au 26 septembre 2026, les lauréates ont participé au « Camp des jeunes filles ». Ce temps d’apprentissage, d’échanges et de co-construction a aussi servi à structurer leurs projets avant le passage à l’action.
Au programme figuraient le leadership féminin, la confiance en soi, la prise de parole en public, les droits humains, la citoyenneté et l’engagement communautaire. L’Agence congolaise d’information parle d’un cadre de « renforcement des capacités ».
Bacongo, vitrine des cinq initiatives
Le 10 octobre, une conférence de presse s’est tenue à Bacongo pour présenter les lauréates et leurs initiatives. L’Agence congolaise d’information la situe « en prélude » à la Journée internationale de la jeune fille, célébrée le lendemain.
Les Dépêches de Brazzaville évoquent également une cérémonie officielle au cours de laquelle les jeunes filles ont dévoilé publiquement leurs plans d’action, devant des parents, des acteurs de la société civile et des citoyens.
Cinq porteuses de projets, cinq causes
Les cinq projets touchent à des sujets du quotidien. Dans la lutte contre les violences basées sur le genre, Emmanuela Ugwu Amara porte le projet « Fille en or ». Ruth Noelo Neville Onganda propose « Ma voix, mes rêves, mes choix », consacré à la valorisation des modèles de réussite féminins.
Cédrica Ruth Nzakimuena Kipa s’engage sur l’accès à l’éducation, en encourageant les jeunes filles vulnérables à poursuivre leurs études. Frédys-Joselvine Kibamba s’attaque à l’hygiène menstruelle et veut donner la parole aux jeunes filles pour aborder ouvertement le sujet.
Michelle Emmuelle Bakouma Loukabou, enfin, agit contre l’insalubrité avec son projet « Mon quartier, mon avenir ».
Ce que prévoient concrètement les actions
L’Agence congolaise d’information détaille, sans nommer leurs porteuses, le contenu des actions. Le projet consacré à l’insalubrité veut sensibiliser les jeunes filles aux conséquences du phénomène dans les quartiers, notamment par la bande dessinée.
Celui dédié à l’éducation prévoit de soutenir la scolarité de deux jeunes filles inscrites en classe de terminale scientifique. Le volet hygiène menstruelle cible les 12-20 ans, à qui il doit transmettre les bonnes pratiques.
Le projet contre les violences basées sur le genre doit informer collégiennes et lycéennes sur les différentes formes que prennent ces violences. Le dernier entend valoriser des parcours de réussite féminine pour inspirer les jeunes filles et stimuler leurs ambitions.
100 000 FCFA et un suivi jusqu’à fin octobre
Chaque initiative recevra une dotation de 100 000 FCFA, précisent Les Dépêches de Brazzaville. S’y ajoute un accompagnement technique et organisationnel assuré par Kaani Assistance, que l’Agence congolaise d’information associe également au soutien de l’ambassade de France.
La mise en œuvre est programmée du 13 au 31 octobre 2026, selon Les Dépêches de Brazzaville. L’Agence congolaise d’information évoque plus largement le mois d’octobre. Les projets disposent donc de moins de trois semaines pour prendre forme.
Changer les mentalités avant de mesurer l’impact
Chez Kaani Assistance, on assume de ne pas attendre de résultats immédiats. « Nous voulons vraiment un changement de mentalité. L’idée n’est pas de constater l’impact maintenant », explique Franche Malanda, responsable des programmes de l’ONG.
Franche Malanda insiste sur la prise de conscience : « Nous voulons que les jeunes filles prennent conscience des situations de leurs quartiers et s’engagent pleinement dans la résolution de ces problèmes. »
L’ONG entend poursuivre le travail avec ces porteuses de projets, mais reconnaît avoir besoin de renfort. « Il nous faut, à cet effet, d’autres partenaires pour bien aboutir et continuer », ajoute Franche Malanda.
Des actrices du changement dans leurs quartiers
Kaani Assistance présente sa démarche comme pérenne. L’organisation veut mettre en valeur le potentiel des jeunes filles et encourager leur participation active au développement local.
Son ambition affichée : faire de ces jeunes Brazzavilloises de véritables actrices du changement au sein de leurs communautés. Les prochaines semaines diront comment les cinq projets se traduisent sur le terrain.
