Les projets d’assainissement menés avec la France entrent dans une phase décisive à Brazzaville. Le 14 octobre, le ministre Juste Désiré Mondelé a reçu l’ambassadrice de France au Congo, Claire Bodonyi, pour faire le point sur ces chantiers et sur la suite de la coopération entre les deux pays.
Un entretien de travail à Brazzaville
Juste Désiré Mondelé est à la tête du ministère de l’Assainissement urbain, du Développement local et de l’Entretien routier. C’est à ce titre qu’il a échangé avec la diplomate française sur les projets d’intérêt commun, en particulier l’apport de l’Agence française de développement (AFD) dans l’assainissement.
L’entretien a couvert trois domaines : l’assainissement urbain, la santé publique et le numérique. Les deux interlocuteurs ont aussi évoqué les perspectives de partenariat avec l’AFD et d’autres acteurs, afin d’accompagner les priorités du ministère au cours des cinq prochaines années.
L’ambassadrice a expliqué le choix de cet interlocuteur par la nature même de son portefeuille. « Nous avons parlé de l’ensemble de ces projets d’assainissement urbain parce que son portefeuille correspond aux projets que nous menons ensemble au Congo », a-t-elle indiqué à l’Agence congolaise d’information.
Le C2D, socle des ouvrages réalisés ensemble
L’essentiel de l’engagement français dans ce secteur passe par le Contrat de désendettement et de développement (C2D). C’est dans ce cadre que Paris et Brazzaville ont choisi de réaliser conjointement plusieurs infrastructures, comme l’a rappelé Claire Bodonyi au cours de l’échange.
Le bilan reste cependant incomplet. Selon la diplomate, tous les projets ne sont pas encore achevés et plusieurs réalisations sont toujours en cours d’exécution. Leur aboutissement et leur mise en application demeurent, à ses yeux, la priorité du moment.
Ce que ces projets changent pour les quartiers
Pour les habitants, l’enjeu n’a rien d’abstrait. D’après l’ambassadrice, ces initiatives d’assainissement ont des retombées directes sur la santé publique et sur la vie quotidienne des populations de Brazzaville, de Pointe-Noire et d’autres villes du pays.
L’Agence d’information d’Afrique centrale souligne de son côté que la rencontre a porté sur plusieurs sujets complexes touchant le quotidien des Congolais. Autrement dit, derrière les sigles de la coopération, ce sont les conditions de vie dans les quartiers urbains qui sont en jeu.
Le numérique pour attirer la jeunesse
Les échanges ont également porté sur le développement des villes numériques, notamment à travers la coopération décentralisée entre la ville française de Nevers et la commune congolaise de Kintélé, liées par un jumelage.
Claire Bodonyi y voit une manière de renouveler les approches du secteur. « L’assainissement est important, mais l’assainissement peut aussi se faire de façon différente, avec des méthodes différentes, avec des projets qui amènent la jeunesse parce que la jeunesse est aussi numérique », a-t-elle affirmé.
Le numérique est ainsi présenté comme un levier d’avenir, susceptible de favoriser l’implication des jeunes dans les projets d’assainissement.
Entretenir les ouvrages, le défi de l’après-chantier
Une fois les travaux terminés, une autre question se pose : celle du maintien et de la maintenance des infrastructures. Pour la diplomate, cet enjeu relève davantage des autorités congolaises que de l’ambassade de France.
« Comment est-ce qu’on garde des infrastructures que nous avons choisi de réaliser ensemble ? C’est un enjeu majeur, financier, de gouvernance et de responsabilité individuelle et collective », a-t-elle déclaré.
Selon elle, préserver ces acquis suppose de mobiliser l’ensemble de la société, au-delà des seuls pouvoirs publics, afin que les ouvrages restent utiles aux populations sur la durée.
Cinq ans pour consolider les acquis
La rencontre ouvre une nouvelle séquence pour la coopération entre le Congo et la France. Achèvement des projets du C2D, partenariat avec l’AFD, piste numérique : les deux pays ont esquissé leurs priorités pour les cinq prochaines années.
Pour les habitants de Brazzaville et des autres villes concernées, la vraie mesure du succès sera la durée de vie de ces ouvrages. Et sur ce terrain, la responsabilité est désormais présentée comme largement congolaise, et collective.
