La première manche s’est soldée sans accord. Réunis le 15 octobre au Palais des Congrès de Brazzaville, le gouvernement et le Collège intersyndical de l’Université Marien-Ngouabi (UMNG) se sont séparés sans trouver de compromis. Ils ont toutefois fixé un nouveau rendez-vous au lundi 19 octobre.
La grève, déclenchée le 8 octobre, paralyse depuis les activités de la principale institution publique d’enseignement supérieur du pays. L’enjeu de ces discussions reste inchangé : permettre la reprise normale des activités académiques et administratives.
Une table de négociation au plus haut niveau
Les échanges ont été conduits par Pierre Mabiala, ministre d’État, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social. À ses côtés siégeait la ministre de tutelle, Delphine Édith Emmanuel née Adouki, en charge de l’Enseignement supérieur.
Face à eux, le Collège intersyndical réunit trois organisations : le SYNALU, le SYNESUP et le SYNEPES. Les responsables de l’université et des représentants des partenaires sociaux étaient également présents, selon l’Agence congolaise d’information (ACI).
Le précédent du 7 septembre en toile de fond
D’entrée, Pierre Mabiala a inscrit la rencontre dans la continuité de la concertation du 7 septembre 2026. Cette réunion, présidée par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, avait invité les parties à privilégier les mécanismes internes de dialogue pour prévenir l’aggravation des tensions à l’université.
Le ministre d’État a ensuite dressé un constat sans détour. Selon lui, « les précédentes tentatives de négociation n’avaient pas permis de satisfaire les attentes de toutes les parties, contribuant ainsi à la montée des tensions au sein de cette université » (Les Échos du Congo-Brazzaville).
L’ACI précise que ces négociations antérieures avaient été engagées par le ministère de l’Enseignement supérieur. Cette fois, c’est le ministère chargé du Dialogue social qui mène les échanges, en présence de la tutelle.
Droit de grève : le gouvernement rappelle le cadre
Autre volet de son intervention, le ministre d’État a insisté sur le respect du cadre légal du droit de grève. Il a rappelé qu’un mouvement de grève intervient, selon la législation, après l’épuisement des procédures de négociation et de concertation prévues, lorsque celles-ci n’aboutissent pas.
Le message adressé aux syndicats est sans ambiguïté : privilégier le dialogue pour dégager des pistes pouvant conduire à la suspension ou à la levée du mouvement. Pierre Mabiala a appelé les participants à la courtoisie, à la franchise et à l’esprit de concession.
Il a également exprimé l’espoir que les échanges « puissent déboucher sur un compromis bénéfique pour les deux parties prenantes ». L’objectif affiché demeure le rétablissement du fonctionnement normal du service public de l’enseignement supérieur.
Des revendications encore peu détaillées
Sur le fond, les comptes rendus publiés après la séance restent discrets. Ni le contenu précis des revendications du Collège intersyndical ni les points qui ont empêché un accord n’y sont détaillés. L’ACI évoque seulement les revendications des travailleurs comme objet des prochaines discussions.
La position exprimée par les syndicats pendant la séance n’apparaît pas non plus dans ces comptes rendus. Difficile, dans ces conditions, de mesurer l’écart qui sépare encore les deux camps.
19 octobre : un rendez-vous jugé déterminant
Les deux parties se retrouveront donc le lundi 19 octobre. Le Journal de Brazza qualifie cette séance de « déterminante » pour évaluer les chances d’un accord. Les prochains échanges devront, selon le média, clarifier les positions du gouvernement et des représentants syndicaux.
Les Échos du Congo-Brazzaville se montrent plus optimistes et estiment que cette première journée « augure des lendemains meilleurs ». Le média y voit une étape pour rapprocher les positions des uns et des autres, dans l’intérêt du gouvernement, des enseignants et des travailleurs, et surtout des étudiants.
Les étudiants dans l’attente
D’ici lundi, la crise sociale continue de peser sur le fonctionnement de l’université. Pour les étudiants comme pour le personnel, l’issue de ce deuxième round dira si le dialogue permet de suspendre le mouvement ou si l’établissement reste à l’arrêt.
