Dans le département du Niari, les habitants de Moungoundou-Sud parcourent de longues distances pour puiser l’eau d’une rivière. Une eau dont la pollution présumée est attribuée à l’exploitation aurifère menée par des opérateurs chinois.
Moungoundou-Sud : chaque jour, la corvée d’eau
À Moungoundou-Sud, remplir un bidon est devenu une véritable expédition. Chaque jour, bassines et récipients à la main, les habitants prennent le chemin de la rivière. Pas pour pêcher, ni pour se promener, mais pour répondre aux besoins les plus élémentaires du quotidien.
Boire, cuisiner, se laver : tout dépend de cette eau qu’il faut aller chercher loin. Selon la presse locale qui a relayé la situation, il faut parfois parcourir des kilomètres pour atteindre le cours d’eau, puis revenir chargé.
Une rivière soupçonnée d’être polluée par l’orpaillage
Le problème ne tient pas seulement à la distance. La rivière qui alimente les ménages est aujourd’hui pointée du doigt pour une pollution présumée, liée aux activités d’exploitation de l’or conduites par des opérateurs chinois, selon les informations rapportées.
À ce stade, il s’agit d’une suspicion et non d’un constat établi. C’est d’ailleurs pour lever le doute que les autorités compétentes sont appelées à faire vérifier la qualité de cette eau, dont l’état suscite des inquiétudes.
Or du sous-sol, eau du quotidien : le paradoxe
Le contraste résume la situation de cette localité du Niari. D’un côté, l’or, qui brillerait pour certains. De l’autre, l’eau propre, qui se ferait désirer pour tous les autres. Une équation que la presse locale formule sans détour.
« L’or ne se boit pas, ne se cuisine pas et ne remplace certainement pas l’eau potable », souligne l’article consacré à Moungoundou-Sud. La formule interroge l’utilité de la richesse du sous-sol pour des habitants contraints de risquer leur santé.
Santé et dignité des habitants en jeu
Derrière les récipients portés sur de longues distances, c’est un double fardeau qui pèse sur les populations. Physique, d’abord, avec la corvée quotidienne. Sanitaire, ensuite, puisque l’eau consommée pourrait être polluée. La situation menace à la fois leur santé et leur dignité.
Le ton parfois ironique adopté pour décrire ce quotidien trouve vite sa limite. Là où commence le danger sanitaire, l’humour s’arrête, rappelle la même source. Car c’est bien l’eau destinée à la boisson et à la cuisine qui est en cause.
Ce que réclament les habitants de Moungoundou-Sud
Les attentes sont formulées clairement. Les autorités compétentes sont interpellées sur trois points : faire vérifier la qualité de l’eau, établir les responsabilités si une pollution était avérée, et garantir aux habitants l’accès à une eau saine.
La demande de la population reste modeste. Elle ne réclame ni pépites d’or ni bijoux en diamant, mais simplement de l’eau potable, sans devoir parcourir des distances considérables pour remplir un bidon. Un besoin élémentaire, devenu une revendication vitale.
Une attente de réponse des pouvoirs publics
Reste désormais à savoir quelle suite sera donnée à cet appel. À Moungoundou-Sud, l’enjeu dépasse la seule question des ressources minières : il s’agit de faire peser la santé des populations plus lourd que les pépites d’or.
Comme le résume la source qui a mis en lumière cette situation, l’or peut enrichir les poches, mais l’eau potable doit préserver les vies.
