Le data center national de Bacongo doit entrer en service d’ici la fin de l’année 2026. Le vice-Premier ministre Jean-Jacques Bouya a inspecté le chantier le 22 septembre, avant la ferme solaire de Kintélé, appelée à sécuriser son alimentation électrique.
Un chantier exécuté à 82 % au cœur de Bacongo
Le 22 septembre à Brazzaville, Jean-Jacques Bouya, vice-Premier ministre chargé de la Coordination des infrastructures, du développement et de l’aménagement du territoire, a conduit une visite de terrain sur deux sites d’intérêt public. Le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Frédéric Nzé, l’accompagnait.
Premier arrêt : le data center national installé à Bacongo, dans le deuxième arrondissement de Brazzaville. L’Agence congolaise d’information a chiffré le taux d’exécution des travaux à 82 %. Le bâtiment sera opérationnel d’ici la fin de l’année, a annoncé le vice-Premier ministre au terme de sa visite.
Un data center est un bâtiment qui regroupe des milliers d’ordinateurs et de serveurs destinés au stockage, au traitement et à la protection de données numériques. Celui de Bacongo a été conçu pour assurer la protection stratégique des données nationales de la République du Congo.
Un projet porté avec la Banque africaine de développement
Le centre de données a été réalisé avec le groupe de la Banque africaine de développement. « Dès l’élaboration du projet, la question de l’approvisionnement en énergie s’était posée. L’objectif était, tout en construisant, de disposer d’une énergie pérenne, fiable et stable », a rappelé Jean-Jacques Bouya.
Le vice-Premier ministre a insisté sur la nature des informations concernées. « Il s’agit de données multiples, de données stratégiques, de données de souveraineté importante. C’est un ouvrage réalisé dans un environnement où la sous-région en a besoin », a-t-il ajouté à l’issue de l’inspection.
L’infrastructure est présentée comme attendue par l’ensemble de l’Afrique centrale. Pour Jean-Jacques Bouya, l’accélération de la transformation numérique passe par la mise en place de ce centre de données, décrit comme le socle de tout le processus engagé.
Kintélé, la plus grande ferme solaire du Congo
La délégation s’est ensuite rendue à Kintélé, où se trouve la plus grande installation de ferme solaire du pays. Le site compte 19 354 panneaux pour une capacité de 12 MWc et huit convertisseurs, selon le décompte communiqué à l’occasion de cette visite d’inspection.
L’Agence congolaise d’information fait également état d’une production de l’ordre de 40 MWh. L’installation vise à fournir une énergie stable au data center et à rendre cette production pérenne, en complément du réseau de la société Énergie Électrique du Congo (E2C).
Le pari d’une alimentation qui ne dépend pas du seul réseau
Le risque d’un raccordement exclusif au réseau public a été posé sans détour. La fiabilisation du réseau de Brazzaville reste en cours, et l’attractivité du futur centre de données en dépend directement, selon les responsables présents sur les deux sites.
« Si nous prenons le risque de voir s’alimenter uniquement sur le réseau électrique de la société E2C, le temps que le réseau soit fiabilisé sur Brazzaville, nous avons le risque de ne pas attirer les investisseurs qui seront inquiets de sa résilience », a souligné Jean-Jacques Bouya.
Un modèle énergétique pensé pour la rentabilité du site
Frédéric Nzé a justifié le rapprochement des deux visites. Le data center, dont la livraison est annoncée dans un mois environ, reste selon lui exposé à un risque d’approvisionnement en énergie, que le modèle solaire expérimenté à Kintélé doit contribuer à réduire.
« Nous avons combiné la visite du Data center avec celle de ce site, la plus grande installation de ferme solaire au Congo, pour voir comment nous pouvons prendre ce modèle et l’appliquer au niveau du Data center, afin de le rendre plus résilient et plus économique », a-t-il expliqué.
Le ministre a écarté deux scénarios. Le raccordement au seul réseau d’Énergie Électrique du Congo ferait fuir les clients tant que sa fiabilisation ne sera pas achevée à Brazzaville. Le recours aux seuls groupes électrogènes rendrait, lui, les tarifs d’exploitation non compétitifs.
« C’est le seul modèle qui va nous permettre d’exploiter ce Data center de manière rentable. Donc, cette solution arrive au bon moment, car c’était notre plus grande inquiétude », a conclu le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique.
Des tests énergétiques avant la mise en service
Le calendrier annoncé reste resserré. Les premiers tests énergétiques devraient commencer dans un mois, puis ceux du data center lui-même dans deux ou trois mois. L’installation est présentée comme prête à devenir opérationnelle d’ici la fin de l’année ou au début de l’année prochaine.
Il s’agissait d’éviter d’inaugurer un équipement qui ne serait pas autonome sur le plan énergétique. La ferme solaire de Kintélé servira d’exemple pour renforcer la résilience énergétique du pays, a indiqué Frédéric Nzé au sortir de cette double inspection.
Combiner le centre de données à une alimentation solaire résiliente apparaît ainsi nécessaire pour rassurer les investisseurs sur la fiabilité énergétique du site. C’est aussi, dans ce discours, la condition pour qu’une clientèle accepte d’y confier ses données stratégiques.
« Il faut que nous soyons prêts et que nous nous assurions que, s’il y a une clientèle qui arrive, elle soit rassurée que ses données seront préservées dans des conditions véritablement fiables », avait résumé Jean-Jacques Bouya devant le bâtiment de Bacongo.
