Attirés au Tchad par de fausses offres d’emploi, quatre Congolais ont retrouvé Brazzaville le 23 septembre, après neuf mois d’épreuves. Onze autres victimes du même réseau doivent bénéficier d’un second rapatriement.
Retour à Maya-Maya après neuf mois au Tchad
Ils sont rentrés au pays le mercredi 23 septembre. Michel Konala Kala, Marcel Mouaya Koukabo, Steve Ulrich Bayakissa et Dom Marvelin Niauda ont posé le pied à l’aéroport international Maya-Maya de Brazzaville, au terme de neuf mois passés au Tchad.
Neuf mois que la source officielle citée par l’Agence congolaise d’information (ACI) décrit comme marqués par la xénophobie, la torture et diverses maltraitances. On est très loin du travail qui leur avait été promis au moment du départ.
À leur arrivée, les quatre rapatriés ont été accueillis par Albert Massoueme, directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères. Le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade du Congo au Tchad était également présent, signe que le dossier a mobilisé la diplomatie congolaise à Brazzaville comme sur place.
Des offres d’emploi fictives comme appât
Tout est parti d’une promesse. Selon la source officielle, les quatre compatriotes ont été séduits par des offres d’emploi qui n’existaient pas. Ces propositions les ont conduits de Brazzaville jusqu’à Ndjamena, au Tchad, par des itinéraires qualifiés de risqués.
Le récit officiel ne détaille ni l’identité des recruteurs, ni la manière dont les annonces ont circulé, ni le trajet exact. Il en ressort toutefois un schéma limpide : l’appât d’un poste à l’étranger, puis un voyage dans des conditions précaires, loin de toute protection.
Séquestrés, puis rançonnés à travers leurs familles
Une fois sur place, aucun emploi ne les attendait. Ils ont été séquestrés par ceux-là mêmes qui les avaient recrutés, puis escroqués. Le piège s’est alors refermé sur eux, mais aussi sur leurs proches.
Sous la pression de menaces répétées, les familles ont dû débourser, selon les cas, entre 2 et 5 millions de francs CFA. L’argent devait financer une formation professionnelle. Cette formation n’a jamais existé.
Le mécanisme décrit est redoutable. La personne retenue loin de chez elle devient un moyen de pression sur son entourage. Les sommes réclamées sont présentées sous un habillage respectable, celui d’une formation, pour donner une apparence de légitimité à ce qui s’apparente à une extorsion.
L’ambassade, porte de sortie du réseau
Confrontés à cette situation, Michel Konala Kala et ses compagnons d’infortune se sont tournés vers l’ambassade du Congo au Tchad pour dénoncer les faits. C’est ce signalement qui a enclenché la suite des événements.
Les autorités tchadiennes ont été saisies du dossier. De son côté, le gouvernement congolais a décidé d’organiser le rapatriement volontaire d’une partie des victimes, afin de les soustraire à l’emprise de ce que la source officielle qualifie de réseau mafieux.
Quinze Congolais concernés, onze encore en attente
Les quatre rapatriés du 23 septembre ne représentent qu’une partie des victimes. L’affaire concerne au total quinze Congolais. Onze d’entre eux n’ont pas fait partie de ce premier retour.
Selon Albert Massoueme, ces onze compatriotes bénéficieront des mêmes mesures dans le cadre d’un second rapatriement volontaire. La source officielle n’en précise pas le calendrier.
Le directeur de cabinet a présenté l’opération comme la traduction de l’engagement du gouvernement congolais à accompagner ses compatriotes en situation de vulnérabilité à l’étranger.
Hébergement et enquête : ce qui a été prévu
Un accompagnement de courte durée était prévu au retour. Les quatre rapatriés devaient être pris en charge par le gouvernement pendant 48 heures, dans un hôtel de Brazzaville, avant d’être remis à leurs familles.
Côté tchadien, une enquête a été ouverte par les autorités compétentes. Son objectif affiché est de démanteler ce réseau criminel qui opère sous couvert de fausses promesses d’emploi. La source ne donne pas d’indication sur son avancement.
Offres d’emploi à l’étranger : les signaux d’alerte
Au-delà du cas de ces quatre rapatriés, l’affaire rappelle qu’une offre d’emploi à l’étranger peut servir de façade. Les faits rapportés dessinent un enchaînement type : un poste promis qui s’avère fictif, un trajet par des voies risquées, puis de l’argent exigé pour une prétendue formation.
L’autre enseignement tient au recours. C’est en alertant leur ambassade que ces Congolais ont pu sortir de l’engrenage. Onze de leurs compatriotes attendent désormais la seconde phase annoncée par les autorités.
