À la veille du déplacement à Gaborone, Claude Le Roy a posé le cadre. Le sélectionneur des Diables rouges veut un résultat face à la Namibie, assume un effectif réduit et fixe un objectif clair : figurer parmi les qualifiés pour la CAN 2027.
Namibie-Congo à Gaborone : le sélectionneur pose le décor
Le rendez-vous est fixé à ce jeudi. Les Diables rouges seront reçus par la Namibie à Gaborone, pour la première journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations qui se jouera au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda.
Avant le départ de la sélection pour le Botswana, le technicien a tenu conférence de presse. Le ton est resté mesuré, sans emphase ni promesse excessive. « On doit tout faire pour aller chercher le résultat à Gaborone contre la Namibie », a-t-il déclaré.
Il n’a pas cherché à masquer la difficulté de l’exercice. « On sait que ça va être compliqué mais on a beaucoup travaillé sur cette équipe », a poursuivi le sélectionneur, mettant en avant le travail accompli plutôt que les certitudes affichées.
Un groupe d’environ 25 joueurs, et des présences à convaincre
Le premier chantier n’est pas tactique, il est humain. Certains joueurs demeurent dans l’incertitude quant à leur engagement en sélection. La mission du staff, telle que décrite en conférence de presse, consiste d’abord à les convaincre de porter le maillot national.
« Il y avait la possibilité d’avoir une équipe encore consistante mais il faudra qu’on fasse avec le groupe d’environ 25 joueurs qu’on va avoir », a expliqué Claude Le Roy, sans détourner le regard de cette réalité d’effectif.
Ces vingt-cinq-là, il les décrit sans détour comme « des guerriers ». Une manière de saluer ceux qui répondent présent, au moment où la sélection traverse une période longue et ingrate.
Le sélectionneur le reconnaît lui-même : ce groupe ne correspond pas complètement à celui qu’il avait rêvé d’avoir. L’aveu est rare dans la bouche d’un entraîneur à la veille d’un match. Il a le mérite de la franchise.
Dix ans sans résultats : le constat qui pèse sur le vestiaire
Le diagnostic posé devant la presse est sévère. Les joueurs présents « ont connu des épisodes terribles avec l’équipe nationale parce qu’il n’y a pas eu quasiment de résultats depuis plus de dix ans », a rappelé Claude Le Roy.
Cette phrase dit l’ampleur de la tâche. Avant même de parler de qualification, il s’agit de restaurer une habitude de la performance et de redonner aux joueurs des raisons de croire au projet congolais.
Le sélectionneur garde pourtant espoir. Si tous les éléments sont convaincus de jouer pour le Congo, estime-t-il, les Diables rouges auront un bon coup à jouer dans ces éliminatoires. La condition est posée, clairement.
Victoire réclamée, nul accepté : le double message de Claude Le Roy
Sur l’objectif du match, le message est double, presque contradictoire en apparence. « La seule chose qui m’intéresse c’est de gagner à Gaborone au Botswana », a martelé le sélectionneur des Diables rouges.
Il mesure aussitôt la portée d’un tel scénario : « Ce serait un exploit de prendre les trois points. » Le mot est lâché. Une victoire d’entrée relèverait de la performance, pas de la simple formalité.
Mais il ouvre une seconde porte. « Un bon résultat commence par un match nul. Par contre, on va tout faire pour gagner ce match », a-t-il précisé, refusant de transformer la prudence en résignation avant même le coup d’envoi.
Dix-huit points à distribuer et une arithmétique élargie
Le calcul, il l’a lui-même détaillé. « J’ai le sentiment que sur les 18 points à distribuer si on commence par un nul ce ne serait pas le résultat dont on rêve mais ce sera le début d’un résultat correct. »
Dix-huit points à distribuer : c’est le total évoqué par le sélectionneur pour l’ensemble de la campagne. Chaque unité compte donc, y compris celles arrachées loin de Brazzaville, dans des rencontres annoncées comme difficiles.
La cible, elle, est nommée sans ambiguïté. « Il y a des points à prendre parce qu’on veut être parmi les deux qualifiés », a insisté Claude Le Roy, plaçant d’emblée la barre au niveau des deux premières places.
Le format de la compétition offre toutefois une seconde chance. « Il faut prendre un maximum de points parce que les quatre meilleurs troisièmes des douze groupes seront aussi qualifiés », a rappelé le sélectionneur devant la presse.
Cette précision change la lecture de la campagne. Une troisième place peut suffire, à condition d’avoir engrangé assez de points pour se comparer favorablement aux onze autres groupes. Rien ne se jouera donc sur une seule sortie.
Au staff de trancher avant l’entrée en lice
Reste la responsabilité du banc. Claude Le Roy a assuré que c’est à lui et à son staff de mettre la meilleure équipe possible face à la Namibie. La composition de départ devient, de fait, le premier acte de cette campagne.
Dans cette mission de qualification, a-t-il résumé, toutes les options sont bonnes à prendre. Traduction : ni calcul fermé, ni plan unique, mais une lecture pragmatique du match et de ce que l’adversaire laissera passer.
Le discours, au fond, tient en trois lignes de force. Convaincre les joueurs disponibles, ne pas repartir bredouille de Gaborone et installer le Congo dans la course longue vers le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda.
Le sélectionneur n’a promis ni exploit garanti ni révolution immédiate. Il a fixé un cap, assumé les limites de son effectif et rappelé que tout commence par un résultat. Ce jeudi, les Diables rouges auront la parole sur le terrain.
