Dans la Likouala, les crues reviennent chaque année. Catholic Relief Services, Caritas Impfondo et le ministère des Affaires sociales et de l’Action humanitaire y déploient un projet pilote de préparation aux urgences. Ateliers, outils de suivi et mission de terrain en forment les premières étapes.
La Likouala, un département au rythme des crues
Dans la Likouala, la saison des pluies n’a rien d’un aléa exceptionnel. Les inondations y rythment chaque année le quotidien de milliers de personnes, au point d’être devenues une composante ordinaire de la vie locale.
Villages isolés par la montée des eaux, moyens d’existence perturbés, populations vulnérables exposées sans filet : le tableau rappelle l’urgence d’agir en amont des crises plutôt que de courir derrière elles une fois l’eau installée.
C’est précisément le pari de Catholic Relief Services. L’organisation met en œuvre, avec Caritas Impfondo et le ministère des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, un projet pilote de préparation aux urgences et de réponse précoce aux inondations.
Un projet pilote fondé sur la réponse communautaire
Le projet vise à renforcer la résilience des communautés face à des catastrophes récurrentes. Il repose sur une conviction simple, presque évidente sur le papier mais exigeante dans les faits : les premières réponses aux crises se construisent au sein même des communautés.
Entre août et septembre 2026, plusieurs étapes structurantes ont marqué le démarrage de l’initiative dans le département. Chacune répond à une question distincte : comment lire le risque, comment mesurer l’action, comment entrer en relation avec les populations concernées.
Le caractère pilote de la démarche n’est pas anodin. Il suppose une phase d’expérimentation dont les enseignements devront être tirés au fil de la mise en œuvre, ce que les outils de suivi adoptés doivent précisément permettre.
Atelier de Brazzaville : trois jours pour caler la méthode
Du 25 au 27 août 2026, CRS a réuni à Brazzaville des représentants de ses équipes et de Caritas Impfondo. L’atelier était consacré à la gestion communautaire des risques de catastrophes.
Trois jours durant, les participants ont approfondi les méthodes permettant d’identifier les risques, d’analyser les vulnérabilités locales et de mobiliser les ressources déjà présentes sur place pour mieux anticiper les crises.
L’approche mérite d’être soulignée. Elle part de l’existant plutôt que d’un dispositif importé : ce sont les ressources locales, humaines et matérielles, qui forment le socle des mécanismes à construire.
Cartographie et simulation, des exercices très concrets
Les travaux ne sont pas restés théoriques. Des exercices pratiques, notamment de cartographie et de simulation, ont permis d’harmoniser les approches qui seront ensuite déployées sur le terrain auprès des communautés.
La cartographie, en particulier, oblige à formaliser ce que chacun sait de manière diffuse sur son territoire. L’exercice transforme une connaissance empirique du terrain en information partagée entre les équipes appelées à intervenir.
Objectif affiché : accompagner les communautés dans l’élaboration de leurs propres mécanismes de préparation et d’alerte. Autrement dit, doter chaque village d’un dispositif qui lui appartienne, plutôt que d’un protocole conçu ailleurs.
Ces exercices ont également renforcé les capacités des futurs facilitateurs en matière de dialogue, d’écoute et de mobilisation communautaire. Des compétences relationnelles qui pèsent autant que la technique dans ce type d’intervention.
Des indicateurs pour piloter le projet par la donnée
La dynamique s’est consolidée quelques semaines plus tard. Du 7 au 9 septembre, un second atelier a porté sur le système de suivi, d’évaluation, de redevabilité et d’apprentissage du projet.
Il s’agissait de mettre en place les principaux outils de pilotage et de suivi des activités. Les équipes ont défini les indicateurs de performance, les mécanismes de retour d’information des communautés et les outils de collecte de données.
Ces instruments doivent mesurer les progrès accomplis tout au long de la mise en œuvre. Au-delà de la technique, ils traduisent une exigence : que les décisions prises et les actions engagées reposent sur des données fiables.
S’y ajoute un second impératif, celui d’un dialogue permanent avec les populations concernées et les autorités locales. La redevabilité n’est pas ici une formalité administrative, mais un mécanisme de correction en cours de route.
Mission de terrain : confirmer les villages d’intervention
Fortes de ces premières avancées, les équipes du projet poursuivent désormais le travail au plus près des communautés. Une mission de terrain est actuellement menée dans la Likouala.
Elle doit présenter l’initiative aux autorités locales, confirmer les villages d’intervention et engager les premiers échanges avec les populations concernées. Trois objectifs qui conditionnent la suite du calendrier.
Cette étape préparatoire permettra aussi d’affiner la compréhension des réalités locales et de poser les bases des futures activités communautaires. Un travail d’écoute qui précède le déploiement proprement dit.
Anticiper plutôt que réparer, le pari de la Likouala
À travers ce projet, Catholic Relief Services, Caritas Impfondo et leurs partenaires assument une approche fondée sur l’anticipation, la coordination et l’appropriation locale. Un triptyque qui déplace le curseur de la réponse d’urgence vers la préparation.
Les bases posées aujourd’hui ouvriront la voie aux prochaines étapes de mise en œuvre. L’ambition affichée est de renforcer durablement la capacité des acteurs locaux à faire face aux situations d’urgence dans ce département régulièrement touché.
