Il a promis un « contrat moral ». Élu samedi 26 septembre à la présidence de la Fédération congolaise de football (Fécofoot), Éric Alain Mantot a aussitôt décliné une feuille de route en six axes, du football féminin aux sélections nationales, en passant par des championnats qu’il veut crédibles.
Un plébiscite dans une ambiance électrique
À l’hôtel Pefaco de Brazzaville, le président du Cara a recueilli 35 voix contre 5, soit 87,5% des suffrages exprimés, face à la liste de Carle Boniface Malalou, absent du vote. La séance a été perturbée par une coupure d’électricité et l’interpellation d’un membre de la liste adverse (L’Horizon africain).
La transparence financière en premier chantier
Premier axe mis en avant : la bonne gouvernance. « Les comptes de la Fécofoot seront audités et rendus publics. Chaque franc qui nous sera confié ne servira qu’aux intérêts de notre football », a déclaré le nouveau président, cité par l’ACI.
L’engagement prend un relief particulier au regard du passé récent de l’instance. En mars dernier, l’ancien président Jean-Guy Blaise Mayolas a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité pour détournement de fonds et blanchiment de capitaux, rappelle le Journal de Brazza.
Éric Alain Mantot lui succède et referme l’intérim conduit par Henri Endzanga. Ce dernier, premier vice-président du bureau sortant, a souhaité bonne chance au vainqueur et s’est dit ouvert à toute consultation future, au nom du fair-play.
Des championnats crédibles, des arbitres formés
Deuxième axe, le cœur du jeu national : les compétitions. Le nouveau patron de la fédération promet des championnats crédibles, avec un calendrier respecté, un arbitrage protégé et mieux formé, et une justice sportive indépendante (Les Échos du Congo-Brazzaville).
Pour les clubs, ces promesses touchent au quotidien. Le Journal de Brazza résume l’ambition : améliorer l’organisation des compétitions nationales et renforcer la formation des arbitres. Reste à voir comment ces engagements se traduiront sur les terrains.
Football féminin : la fin de la « note en bas de page »
Sur le football féminin, la formule a le mérite de la clarté. Il « ne sera plus une note en bas de page, mais une priorité, avec des moyens réels », selon le programme détaillé par Les Échos du Congo-Brazzaville.
L’ACI rapporte la même volonté d’en faire une priorité, et le Journal de Brazza a retenu cet engagement pour titrer son compte rendu. Les propos rapportés ne précisent toutefois ni le montant ni la nature des moyens envisagés.
Jeunesse et formation, le pari de la relève
Le programme mise aussi sur la relève. Éric Alain Mantot annonce des centres de formation, des compétitions de jeunes structurées et un accompagnement pour les éducateurs. Un volet cohérent avec le renouveau sous le signe duquel il a placé sa victoire.
Diables Rouges : l’ambition de retrouver la fierté
Les sélections nationales, dont les Diables Rouges, occupent une place à part dans la feuille de route. Elles doivent redevenir la fierté de tout un peuple, préparées dans la sérénité et soutenues par l’unité de la nation, selon Les Échos du Congo-Brazzaville.
Le mot « redevenir » n’est pas anodin : il suppose un recul. Les Échos décrivent d’ailleurs un football congolais qui « croupit depuis des années dans les abysses ». L’ACI évoque, elle, la promesse d’une préparation sereine pour que les équipes nationales retrouvent leur statut de fierté nationale.
État, CAF, FIFA : des partenaires « loyaux et exigeants »
Dernier axe, les infrastructures. Sur ce terrain, le président élu ne compte pas avancer seul : « Nous travaillerons en harmonie avec l’État pour offrir des infrastructures dignes à nos joueurs », a-t-il assuré (ACI). Les Échos évoquent aussi le concours des partenaires.
Aux autorités, à la CAF et à la FIFA, il a adressé une promesse : « nous serons des partenaires loyaux et exigeants ». La phrase fait écho à un épisode de la journée : selon L’Horizon africain, les délégations de la CAF et de la FIFA se sont retirées avant la clôture.
Ce départ anticipé a suscité des interrogations parmi les autorités présentes, précise le média, sans en détailler les raisons.
« Président de tous » : l’appel à l’unité
Dans son discours, le président élu a joué l’apaisement. « Aujourd’hui, il n’y a ni vainqueurs ni vaincus, il y a une famille, celle du football congolais. Je les invite à travailler avec nous », a-t-il lancé à l’adresse de ses adversaires (ADIAC).
« Je veux être le président de tous : celui des grands clubs comme des petits, des ligues de la capitale comme de celles de l’intérieur du pays », a-t-il insisté, promettant qu’« aucun département ne sera oublié, aucun club ne sera laissé de côté » (Les Échos du Congo-Brazzaville).
Pour l’épauler, il pourra s’appuyer sur un comité exécutif de quinze membres, dont quatre vice-présidents : Emma Clesh Atipo Ngapi, Rodrique Paul Mbongo, Ghislain Ngapela Lendouma et Olangué Elongo (ADIAC).
« Le ballon ne connaît ni ethnie, ni région, ni camp politique. Sur le terrain, onze joueurs gagnent ou perdent ensemble. Il en sera de même pour nous », a-t-il conclu, cité par Les Échos du Congo-Brazzaville.
Reste à transformer les mots en actes. « Votre vote n’est pas un chèque en blanc. C’est un contrat moral que je m’engage à honorer chaque jour de ce mandat », avait prévenu Éric Alain Mantot (ADIAC). Il dispose désormais de quatre ans pour le démontrer.
