Au lendemain de la Journée internationale des personnes âgées, le gouvernement congolais fixe un cap : faire vivre la loi sur la protection des aînés. Écoute, accompagnement, « maisons d’aînés » : voici ce qui a été annoncé et ce qui reste à concrétiser.
Une journée pour changer de regard sur les seniors
Chaque 1er octobre, la Journée internationale des personnes âgées offre l’occasion de faire le point. Cette année, le gouvernement congolais s’est exprimé par la voix de Lydie Pongault, ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, dans une déclaration rendue publique.
Le thème retenu, « Changeons notre regard sur les personnes âgées », invite à poser sur les seniors un regard neuf, fondé sur le respect, la solidarité et la reconnaissance envers ces femmes et ces hommes dont le travail, l’engagement et le dévouement ont contribué au développement du pays.
Pour la ministre, le constat est sans ambiguïté : « Elles sont une richesse pour notre société et sont dépositaires de notre histoire, de notre savoir, de nos valeurs et de notre expérience. Elles ont beaucoup à transmettre aux générations futures. »
L’exécutif dit vouloir placer au cœur de son action trois exigences : la protection des aînés, leur bien-être et leur participation à la vie de la société.
Revenus, soins, isolement : les difficultés reconnues
La déclaration ne se limite pas à l’hommage. Elle dresse aussi la liste des obstacles qui fragilisent le quotidien de nombreuses personnes âgées au Congo, à commencer par la faiblesse, voire la perte, de leurs revenus.
S’y ajoutent l’isolement, la désolidarisation de certaines familles et les difficultés d’accès aux soins comme aux médicaments.
Le texte évoque également des situations plus graves : maltraitance, violence, discrimination ou encore dépossession. Selon le gouvernement, ces situations peuvent accroître la vulnérabilité des aînés.
Face à ces défis, l’exécutif affirme vouloir bâtir une société plus solidaire, dans laquelle l’âge ne doit jamais devenir un facteur d’exclusion ou de marginalisation.
Une loi promulguée, désormais à appliquer
Le principal point d’appui de cette politique est juridique. Le gouvernement met en avant la promulgation d’une loi consacrée à la protection et à la promotion des aînés, présentée comme une avancée de sa politique sociale destinée à améliorer, « tant soit peu », leur quotidien.
Reste l’essentiel : l’application. « Il nous appartient désormais de faire vivre cette loi. Cela signifie transformer les principes qu’elle consacre en actions concrètes, visibles et accessibles à nos aînés », rappelle la déclaration.
Écoute, accompagnement et « maisons d’aînés »
Concrètement, plusieurs priorités ont été annoncées. La première consiste à renforcer les dispositifs institutionnels et sociaux de protection, avec des mécanismes d’accueil, d’écoute, d’orientation, d’information et d’accompagnement social adaptés aux besoins des personnes âgées.
Le gouvernement prévoit aussi la création d’établissements d’accueil et d’hébergement, baptisés « maisons d’aînés ». La déclaration ne précise ni leur nombre, ni leur localisation, ni le calendrier de leur ouverture.
Autre axe : la consolidation de la protection sociale en faveur des seniors. Selon la ministre, l’objectif est de mieux préserver leurs conditions de vie et de réduire les effets de la vulnérabilité économique.
L’exécutif entend enfin promouvoir un environnement favorable au vieillissement, fondé sur le respect des droits et sur une image positive de la personne âgée.
Le maintien en famille reste privilégié
Les maisons d’aînés ne sont pas présentées comme la seule réponse. La représentante du gouvernement a insisté sur la nécessité de favoriser, chaque fois que cela est possible et souhaitable, le maintien des seniors dans leur milieu familial et communautaire.
Ce choix renvoie à la solidarité entre les générations, que Lydie Pongault veut voir rester « une valeur vivante » de la société congolaise.
« Nos aînés ont besoin de protection certes car ils représentent une richesse humaine, culturelle et sociale, porteuse de mémoire, d’expérience, de savoirs et de valeurs indispensables à la transmission entre les générations », a précisé la ministre.
Djambala, vitrine de l’action sociale à l’intérieur du pays
La cérémonie officielle de la Journée internationale des personnes âgées au Congo était annoncée à Djambala, dans le département des Plateaux.
Selon la déclaration, ce choix traduit la volonté de rapprocher l’action sociale des populations et de mieux prendre en compte les réalités vécues par les personnes âgées dans les localités de l’intérieur du pays.
Jeunes, société civile, partenaires : chacun sollicité
L’effort demandé ne repose pas sur le seul État. Le gouvernement a adressé un appel particulier à la jeunesse, invitée à voir dans les personnes âgées des dépositaires d’une expérience et d’une mémoire dont la société a besoin, et non une charge.
Les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers sont, eux aussi, appelés à accompagner les efforts nationaux en faveur d’une meilleure protection et d’une plus grande inclusion des aînés.
Vieillir dans la dignité, un objectif affiché
Le gouvernement assure qu’il poursuivra ses efforts pour faire progresser une politique sociale plus inclusive, plus protectrice et plus attentive aux réalités du vieillissement.
La déclaration le formule ainsi : « Nous devons ensemble changer notre regard sur les personnes âgées, faire de la solidarité entre les générations une valeur vivante de la société et construire un Congo où chaque citoyenne et chaque citoyen peuvent avancer en âge dans la dignité, la sécurité et le respect. »
Pour les aînés et leurs proches, la suite se jouera sur le terrain : dans la mise en place effective des services d’écoute, des maisons d’aînés et des mesures de protection sociale annoncées.
